Au Burkina « la CENI a reconnu des irrégularités mais sans en déduire des conséquences sur les résultats »

Donald NGORAN

Le Directeur national de campagne du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP, opposition), Sanné Mohamed Topan, réagissant suite aux résultats du double scrutin du 22 novembre, proclamés par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), a déploré le fait que l’institution ait « reconnu des irrégularités dans les votes mais sans en déduire des conséquences sur les résultats », lors d’une conférence de presse lundi à Ouaga.

« La CENI par la voix de son Président a reconnu que des irrégularités ont émaillé le scrutin mais sans en déduire de conséquences sur les résultats », s’est indigné le directeur national de campagne, face à la presse cet après-midi au siège du parti entourés des ténors du CDP dont Achile Tapsoba.

« Le CDP en conclut que la sincérité du scrutin du 22 novembre 2020 est sérieusement entamée et jette un discrédit sur les résultats proclamés », a poursuivi Sanné Mohamed, selon qui pour ce qui concerne l’élection présidentielle la direction politique nationale a « décidé d’abandonner la poursuite de recours et avisera après la proclamation définitive par le Conseil Constitutionnel ».


Le directeur national de campagne a signifié cependant que pour les législatives, le parti est dans le temps, suivant la voie légale interjettera des recours auprès des juridictions pour que celles-ci se prononcent sur les irrégularités qui ont entamées les votes dans les circonscriptions, déplorant « une absence d’unanimité des candidats signataires de l’accord politique de l’opposition pour la mise en œuvre des recours ».

Selon la CENI, le candidat Roch Kaboré arrive en tête des votes du 22 novembre à la présidentielle avec 1.654.982 des voix (57,87%) sur 2.993.248 votants, contre 442.742 voix (15,48%) pour ses adversaires Eddie Komboigo, suivi en troisième position du candidat Zéphirin Diabré qui a obtenu 356.388 voix correspondant à 12,46%., dans sa proclamation provisoire.

Lundi, les candidats de l’opposition, signataires de l’accord politique de soutien en cas de second tour qui évoquaient « des irrégularités massives » dans le déroulement des votes, avaient affirmé ne pas « accepter » les résultats dont la CENI avait commencé à proclamer. Ils ont dit saisir le procureur du Faso pour une suite face à ces insuffisances constatées.

Au niveau des législatives, à l’issue des dépouillements, l’Union pour le progrès et le changement (UPC) de Zéphirin Diabre, le Chef de file de l’opposition (CFOP) a obtenu 12 députés qui vont siéger à l’Assemblée nationale les 5 ans à venir contre 20 pour le CDP de Eddie Komboigo, devenant ainsi le nouveau CFOP.

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Author: La Rédaction

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