Production en hausse et ruée vers l’or en Côte-d’Ivoire, 35 tonnes en 2020

La ruée vers l’or

Site d’orpaillage au nord du pays. Dans la région, les mines représentent une importante manne financière.

Dans les régions frontalières du Mali et du Burkina Faso, la fièvre de l’or a atteint des proportions sans précédent, bouleversant des équilibres économiques et environnementaux déjà fragiles.

Benjamin a les yeux qui brillent, un vieux maillot de l’Atletico Madrid et les chicots tachetés de noir. Quelques flacons de gin trainent à ses pieds. La terre est ocre, le paysage lunaire. La savane a disparu, remplacée par une immensité de crevasses autour desquelles des silhouettes s’affairent le dos vouté, dans un vrombissement de marteaux-piqueurs. De longs tuyaux s’entremêlent, des tentes ont été dépliées, des souterrains ont été creusés. Combien sont-ils ? Des centaines, peut-être des milliers. Hommes, femmes, enfants. Ils sont maliens, burkinabè, ghanéens, guinéens ou libériens. Ce n’est plus une mine, c’est une ville, avec son économie et ses propres règles.

Une trentaine de chasseurs traditionnels dozos en assurent la sécurité. Leur chef trône à l’ombre d’une grande bâche, engoncé dans un imperméable rouge, une longue dague attachée autour du cou. Plus loin, des femmes préparent du poisson séché. Un homme charge des dizaines de téléphones portables sur une batterie, un autre vend des cigarettes, tandis qu’un forgeron aiguise des pioches. On creuse à plusieurs mètres de profondeur, on passe la terre au détecteur de métaux, on la lave et puis on pèse, les yeux rivés sur la balance, avec l’espoir d’avoir touché le gros lot. C’est la ruée vers l’or. Une course effrénée contre la pauvreté, avec tout ce que le capitalisme dérégulé offre d’opportunités et d’injustices.

La mine de Papara se trouve à une trentaine de kilomètres au nord-est de Tengrela. On est encore en Côte d’Ivoire, mais le réseau Orange vous souhaite déjà la bienvenue au Mali. La frontière est toute proche, à quelques centaines de mètres, épousant les rives de la rivière Bagoé.

Cannabis et tramadol

Dans cette région, la fin de l’année coïncide traditionnellement avec les derniers instants de la récolte du coton. Routes et pistes sont prises d’assaut par de grands camions surchargés. C’est aussi la saison de la transhumance des bovins, qui partent à la recherche de verts pâturages – ils errent par milliers le long des routes. Mais en cette matinée de décembre, des dizaines de motos ont envahi le bitume. Des femmes les ont enfourchées, portant à bout de bras ou sur leur tête de grands bacs et des pelles. Des hommes les suivent avec les détecteurs de métaux.

Par Vincent Duhem
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Côte d’Ivoire/Or: La production s’affichait à 34.437,4 Kg en 2020 contre 29.019,3 kg en 2019, soit une hausse de 18,7%

Jocelyne LIADE

La production d’or en Côte d’Ivoire s’est hissée à 34.437,4 Kg à fin novembre 2020 contre 29.019,3 kg à fin novembre 2019, soit 5.418,1 kg de plus, équivaut à une hausse de 18,7%, selon un document du ministère ivoirien de l’Economie et des finances.

Tout comme l’or, les productions du nickel et du manganèse ont connu respectivement des hausses de 142,1% et 12,4%, indique ce document.

Par contre, la production de diamant s’affiche en retrait (-2,1%) en raison de « l’impact de la situation sanitaire de la covid-19 sur les activités minières », selon le document.

A en croire le Groupement professionnel des miniers de Côte d’Ivoire (GPMCI), le secteur minier ivoirien a franchi la barre de plus de 850 milliards de FCFA de chiffres d’affaires et créé plus de 17.000 emplois directs.

Alerte info/Connectionivoirienne.net

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