Présidence de l’UAO Côte-d’Ivoire: L’intégralité de l’allocution du Prof. Poamé à l’occasion de la passation de charges

29 Janvier 2021 UAO – Bouaké – Allocution du président de l’université, le Pr Lazare Poamé, à l’occasion de la cérémonie de passation de charges

– Monsieur le Maire,

– Monsieur le Directeur des Ressources Humaines du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique,
– Monsieur le nouveau Président de l’Université Alassane Ouattara,
– Madame et Monsieur les Vice-présidents,
– Madame la Directrice du CROU-B,
– Monsieur le Secrétaire général,
– Madame et Messieurs les Doyens d’UFR,
– Mesdames et Messieurs les Directeurs et Chefs de service,
– Messieurs les dirigeants syndicaux,
– Mesdames et Messieurs les Enseignants-Chercheurs et Chercheurs,
– Chères étudiantes, chers étudiants,
– Chers amis de la Presse,

– Mesdames et Messieurs,
– Illustres invités,

Nous voici rassemblés dans le mythique amphithéâtre où j’avais donné, en 1995, en qualité de tout nouveau Chef du département de philosophie, la conférence inaugurale du Cycle annuel des conférences de l’Université de Bouaké, avec pour sujet «La question de la fondation ultime pragmatico-transcendantale : Apel et Habermas».
Aujourd’hui, ce même amphithéâtre, l’Amphi C, qui était au début d’un cycle, nous accueille pour une passation de charges entre le nouveau Président de l’Université Alassane Ouattara, ex-Université de Bouaké, et le Président sortant que je suis, consacrant ainsi la fin d’un autre cycle.

Mesdames et Messieurs,

Dans l’après-midi du mercredi 20 janvier 2021, au moment où j’étais occupé à m’assurer du bon déroulement des examens, conformément aux programmes établis, j’ai appris, de auditu, qu’un changement avait été opéré à la tête de notre Institution, suite à un Conseil des Ministres.
L’information ayant été confirmée, nous recevons ce matin, 29 janvier 2021, le DRH du MESRS, Monsieur Diakité Djimbala, venu officier la passation de charges.
Eh bien, nous y sommes et c’est le moment de vous adresser mes derniers mots à la tête de cette Institution qui m’a vu grandir et qu’ensemble, nous avons fait grandir.
L’histoire, affirmait Jean Jaurès, « enseigne aux hommes la difficulté des grandes tâches et la lenteur des accomplissements, mais elle justifie l’invincible espoir ». Et c’est pourquoi, vous permettrez, aujourd’hui où je cède les rênes de l’Université Alassane Ouattara à un autre Président, qu’un pan de mon histoire pleine d’espoir avec cette Institution vous soit conté coram populo.

J’ai été recruté en tant que jeune Assistant en 1992, après mes études doctorales à l’Université de Francfort avec une bourse de l’Office allemand d’échanges universitaires, le DAAD.
Je faisais donc partie du premier contingent d’enseignants du tout nouveau Centre universitaire de Bouaké, qui accueillait ainsi ses pionniers.

En 1993, ma conscience de pionnier m’amena à chercher des donateurs et mécènes pour équiper la bibliothèque centrale de l’Université naissante, quasiment vide. C’est ainsi que je dus m’adresser au DAAD et à la Deutsche Forschungsgemeinschaft, qui ont gracieusement offert à notre Institution ses premiers ouvrages universitaires. Ces ouvrages furent acheminés à Bouaké par les bons soins de l’Ambassade d’Allemagne en Côte d’Ivoire.

En 1994, soit une année plus tard, je conduisis, à Paris, le Recteur Kouakou N’guessan, pour lui faire découvrir les livres que l’Université de Paris 8 avait collectés à travers toute le France pour les offrir, à ma demande, à notre jeune Centre universitaire.

En 1995, en prélude à ce qui allait être connu sous le nom de PACVT (Projet d’Appui aux Conditions de Vie et de Travail), je fis valoriser, avec le concours des premiers Chefs de département de l’École des Lettres et Sciences humaines, les décharges horaires des responsables de département. Au-delà des décharges horaires, le PACVT que j’ai créé plaidait en faveur des traitements liés aux corrections des copies d’examen, de l’amélioration du cadre de vie et de travail des enseignants-chercheurs.
Convaincu de ce que les responsabilités d’un Chef ne doivent pas se limiter à la sphère circonscrite par la nature de ses fonctions, j’ai organisé, pendant la crise militaro-politique, précisément le 12 octobre 2002, la sortie, en convoi, de certains enseignants et des membres de leurs familles de la ville de Bouaké assiégée. J’étais alors le Chef du Département de Philosophie et le Vice-doyen chargé de la pédagogie à l’École des Lettres et Sciences humaines.
Le 14 octobre 2002, je fis convoquer, au siège de l’UNESCO à Abidjan, la première réunion destinée à assurer la continuité pédagogique en faisant fonctionner l’Université de Bouaké à Abidjan.

Pour cette fin, sous ma houlette, un Comité de crise avait été créé avec les Professeurs Jean-Michel Latte, Koléa Zigui et Célestin Dadié. Ce Comité, avec l’appui du Président Landry Aka Koménan, en plus des préoccupations d’ordre pédagogique, menait des actions sociales fortes au point de devenir une caisse d’assurance maladie pour les personnes traumatisées par les effets de la guerre.

En 2003, en raison de la vision que j’avais pour l’Université de Bouaké, j’ai été élu Doyen de l’UFR Communication, Milieu et Société. J’ai essayé, selon les moyens mis à ma disposition et bien souvent, sur fonds propres, de créer les conditions de développement d’une recherche compétitive, d’une formation de qualité et d’une solidarité agissante entre enseignants, personnels administratifs et techniques et étudiants. Au nombre de ces conditions, figure en bonne place la reconnaissance du mérite, qui m’a poussé à organiser, à l’hôtel Ivoire, la plus grande célébration des promus du CAMES, au cours de l’année universitaire 2007 – 2008 et à prendre le risque de défendre le dossier de reconnaissance de tous les diplômes de l’UFR devant les experts du CAMES ; ce à quoi il convient d’ajouter l’organisation de journées sportives hebdomadaires, la prise en charge de la communication des délégués d’étudiants aux fins d’assurer le flux de l’information et j’en passe.

Il me plaît de croire que cette vision de l’Université, déployée au niveau du microcosme que constitue l’UFR CMS, a milité en faveur de mon élection, en 2009, à la tête de l’Université de Bouaké, en qualité de Président. Un nouveau cycle venait ainsi de commencer pour moi avec d’autres défis, dont le premier était le positionnement de l’Université sur la scène internationale en lui donnant une visibilité digne des Universités occidentales. C’est ainsi qu’est né le grand projet de l’Université de Bouaké-la-neuve, matérialisé à travers un pagne, que nous affichons fièrement lors de nos cérémonies et notre revue scientifique électronique, Les Lignes de Bouaké-La-neuve, un nom trouvé par Madame le Professeur N’Goran-Poamé qui nous a également suggéré le nom de la nouvelle Radio-école de l’Université, Les ondes de Bouaké-La-Neuve.

Bouaké-La-Neuve ne doit pas être seulement perçue comme un amas de matériaux physiques, une bâtisse, mais d’abord et avant tout comme une idée au sens platonicien de Idos, un modèle archétypal propre à structurer nos actions en faveur des acteurs de l’Université. Portée sur les fonts baptismaux par toute une équipe, cette idée a permis de nourrir l’Université de Bouaké à la sève de l’excellence multipolaire.

C’est ainsi qu’en 2010, j’ai décroché la prestigieuse Chaire UNESCO de Bioéthique. Depuis le 26 juillet 2010, cette Chaire, la première du monde francophone, est logée à l’Université de Bouaké devenue, avec le décret N°2012-984 du 10 octobre 2012, Université Alassane Ouattara.

En 2011, l’Université ayant été sommée de retourner à Bouaké, à un moment où les crédits budgétaires faisaient défaut, j’ai organisé, avec les moyens du bord trouvés en dehors de l’Institution, le transport du matériel de travail de tous les services (ordinateurs, meubles de bureaux, matériel pédagogique), marquant ainsi le retour de l’Université de Bouaké sur son site originel.

En 2012, grâce à un travail acharné, déployé en qualité d’expert international dans le domaine de la bioéthique et de la philosophie des technosciences, j’ai été élu à l’Académie royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-arts de Belgique. Cette élection, qui m’a valu l’honneur d’être reçu par le Président de la République, SEM Alassane Ouattara, a donné à notre Institution une visibilité internationale particulière qui s’est traduite par une manifestation d’intérêt inédite de partenaires académiques et financiers venus frapper aux portes de la République.

Toujours en 2012, conscient de la nécessité de prémunir l’Université contre la violence, qui se conjugue mal avec le système LMD et rompt avec les principes de l’excellence éthicologique et de l’irénologie appliquée, je dus instituer le Prix de la pacification de l’espace universitaire et créer par la suite, au cours de l’année universitaire 2017 – 2018, le Comité de prévention et de gestion des conflits en milieu universitaire.

En 2013, j’ai initié des subventions en faveur des clubs scientifiques, des associations d’étudiants, des syndicats, participant « activement » à l’accomplissement des missions assignées à l’Université.

À partir de 2013, toujours fidèle à ma vision, j’ai institué divers Prix, destinés à stimuler les acteurs de l’Université, notamment le prix du meilleur Agent administratif, de la meilleure Secrétaire, du meilleur Directeur de l’administration centrale, du meilleur Directeur d’UFR et le prix Miss Intellect récompensant la meilleure étudiante de chaque UFR et de toute l’Université.
Afin d’éviter la désinformation ou le vide informationnel et donner à l’Institution la visibilité qu’elle mérite, j’ai institué, plus tard, le prix de la meilleure visibilité de l’UAO dans la presse.
Spes prœmii laboris est solatium (l’espoir de la récompense adoucit la fatigue du travail).
Cette approche inclusive, participative de la gouvernance universitaire est, à mon sens, le moyen le plus sûr de relever les défis de l’Universitas en ses dimensions ontiques et ontologiques.

Mesdames et Messieurs,
Illustres invités,

Le philosophe grec Héraclite d’Éphèse, magnifiant le Pânta rhei souvent confondu avec le flux perpétuel, nous disait et je cite : « Il n’y a rien de permanent, sauf le changement ». En bon héraclitéen, je m’étais résolument inscrit dans la logique du changement à la tête de l’Institution en organisant, déjà en 2017, avec le Préfet Sam Etiassé, un Séminaire de gestion d’un EPN à l’intention des Professeurs titulaires, futurs dirigeants de l’Université.
Je voudrais donc vous assurer qu’il faut voir dans l’événement qui nous réunit, la fin d’un cycle dont les qualificatifs se dévoileront au fil du temps. Ce cycle, qu’il faut se garder de qualifier, devait nous conduire dans l’habitation extatique de l’Universitas à travers notre grand projet de Bouaké-La-Neuve.

Je voudrais, à présent, me tourner vers mon successeur, le Pr Kouakou Koffi.
Mon cher collègue, je suis heureux d’abandonner entre vos mains une Institution avec les atouts suivants :
– des femmes et des hommes capables de relever le défi de la qualité des ressources humaines ;
– des étudiants travailleurs et épris de paix, ce qui leur a valu d’être lauréats du Prix de la pacification de l’espace universitaire et du Prix national du meilleur Club de Paix des Universités et Grandes Écoles (concours organisé par le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique en 2017) ;

– une équipe CDP (Contrat de Performance), créée pour relever le défi de la compétitivité et de l’insertion professionnelle de nos diplômés ;

– le 1er Master International d’Entomologie (MIE) médicale et vétérinaire avec double diplomation, un diplôme français et un diplôme ivoirien ;

– un cadre de concertation sans feinte avec les syndicats, rationnellement mis en place pour la prévention et la gestion des conflits en milieu universitaire ;
– des Brigades ad hoc anti-COVID et une Cellule scientifique, constituées pour lutter efficacement contre la propagation du coronavirus sur les campus ;
– un Manuel de procédures produit pour éviter les lourdeurs administratives ;
– une Cellule Interne d’Assurance Qualité qui joue pleinement son rôle.

Je pars en vous laissant deux nouveaux Départements dont le fonctionnement vous incombe désormais, le Département des Sciences et Techniques et celui des Sciences de l’éducation, créés en collaboration avec l’Université de Pau et des Pays de l’Adour et sanctionnés par les arrêtés ministériels N°1079/MESRS/CAB du 25 février 2020 pour le premier et le N°1080/MESRS/CAB du 25 février 2020 pour le second.
– Un autre point de satisfaction est la toute nouvelle Radio-école, créée au forceps, dont l’inauguration est prévue pour février 2021.

Concernant les dossiers en cours que nous examinerons pendant la séance de travail prévue à cet effet, je voudrais évoquer brièvement quatre points :
– la validation des dossiers du CAMES que nous étions en train d’examiner ;
– l’aseptisation générale des deux Campus de l’Université après les opérations ciblées de désinfection qui ont déjà débuté au Campus1 ;
– le traitement des états d’Heures complémentaires et de soutenance de Mémoires et Thèses;
– le suivi du projet de création de la Chaire UNESCO dénommée «Anticipation, Prospective et Territoires durables » et enfin,
– l’équipement des laboratoires.

Relativement aux activités programmées, on peut retenir, entre autres :
– la célébration des enseignants-chercheurs et chercheurs, inscrits sur les différentes listes d’Aptitude du CAMES et
– la remise de prix aux meilleurs étudiants.

Ces activités étaient prévues pour la mi-février 2021. Je précise que quatre-vingt-dix (90) ordinateurs sont disponibles pour récompenser à la fois les promus du CAMES inscrits avec brio et les meilleurs étudiants de chaque filière.


L’évocation des prix aux étudiants me sert ici de viatique pour aborder le point relatif au bilan académique, en privilégiant ce qui peut être considéré comme performances de l’UAO.
Retenons, pour l’essentiel, que le taux de réussite en Sciences médicales, une UFR qui a débuté l’année universitaire 2020 – 2021 depuis le 23 novembre 2020, est de 88%. Pour les autres UFR, CMS (Lettres et Sciences humaines), Sciences économiques et Sciences juridiques, qui parachèvent l’année universitaire 2019 – 2020, ce taux oscille entre 60 et 75 %.
Je rappelle, pour ceux qui le savent déjà, que nos étudiants ont été les Lauréats du Concours des Olympiades universitaires du CAMES en 2018, avec le premier prix continental, en Géographie, en Gestion, en Economie, en Biologie appliquée et le 2ème prix en Histoire.
C’est le lieu de remercier le Responsable local des Olympiades, le Professeur Emile Brou.

Quant aux Enseignants-chercheurs, ils se sont brillamment illustrés par ce qui suit :
100% d’admis au concours d’Agrégation de Médecine de 2010 à 2016;
-100% en Sciences juridiques en 2015 ;
-100% à la titularisation en Lettres et Sciences humaines en 2015 ;
-100% pour la titularisation au CTS CAMES Médecine, Lettres et Sciences humaines, sessions de juillet 2017 et 2019.
-100% au concours d’Agrégation CAMES de Science politique en 2019 avec le Dr Ousmane Zina, Major du Concours ;
– 90% au concours d’Agrégation de Médecine en 2020 ;
-100% pour la LAFMA dans toutes les disciplines scientifiques, philosophiques et littéraires de l’UAO en 2020.
Je saisis l’occasion pour remercier sincèrement tous les délégués CAMES de l’UAO : le Pr Ouattara Bourhaima de l’UFR des Sciences Médicales, le Dr Pélagie Théoua, de l’UFR des Sciences juridiques et le Pr N’goran Poamé, de l’UFR CMS. Je n’oublie pas le grand Délégué, le Pr Augustin Anassé Anassé de l’UFR Sciences économiques et Développement.
Grâce à l’ardeur au travail qui qualifie et transcende l’être au monde de nos enseignants, l’UAO a été 3 fois lauréate du Prix d’Excellence du Président de la République décerné au meilleur Enseignant-chercheur de Côte d’Ivoire de 2016 à 2019, lauréate du 2ème Prix d’Excellence de la femme Chercheur de Côte d’Ivoire, en 2016 et lauréate des appels à projets de l’AUF pour le renforcement des capacités des Cellules Internes d’Assurance Qualité et la lutte contre la pandémie de COVID-19 en 2020.

Que dire du bilan financier ?
Le substrat gratifiant de ce bilan tient en ceci :
L’UAO n’a jamais constitué de passifs. Elle a régulièrement honoré ses engagements face aux prestataires et à l’ensemble de la communauté universitaire locale pour ce qui est des salaires, primes, heures complémentaires et heures supplémentaires. Qui plus est, l’UAO réalise chaque année des excédents de trésorerie qu’elle réussit à intégrer règlementairement à son budget afin de faire face à certains de ses besoins que l’État ne pouvait prendre en compte.

Mesdames et Messieurs,

« Tous les changements, même les plus souhaités ont leur mélancolie », nous enseigne Anatole France, surtout lorsque ces changements s’imposent à la conscience humaine comme brutalité.
Mais la mélancolie qui est la mienne est surtout tributaire des difficultés quasi-rédhibitoires liées au hiatus entre les infrastructures académiques et la qualité des ressources humaines, en dépit des efforts fournis par l’État.

Cependant, je me réjouis de constater que cette aventure, qui a effectivement débuté le 13 janvier 2010, s’achève ce jour, 29 janvier 2021, sans claudication déconcertante, imputable à ma personne.
Je me réjouis également d’avoir été épaulé, dans cette aventure, par des hommes et des femmes, qui ont accepté d’être contaminés par le virus du travailleur infatigable, toujours prêt à produire les résultats attendus de jour comme de nuit. J’en suis parfaitement conscient et c’est pourquoi je tiens à remercier tous ceux qui m’ont permis de tenir les rênes de cette Institution d’abord en tant qu’Université de Bouaké, ensuite en tant qu’Université Alassane Ouattara.

Mais, permettez-moi de remercier, en premier lieu, le Président de la République, SEM Alassane Ouattara, pour m’avoir maintenu, une (01) année durant, à la tête de l’Université de Bouaké, après la crise post-électorale et reconduit neuf (09) ans à la tête de l’Université Alassane Ouattara.

Je pense aussi aux différents Ministres qui se sont succédé à la tête de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, notamment Messieurs Cissé Bacongo, Gnamien Konan, Madame le Professeur Bakayoko Ly Ramata, le Dr Albert Mabri Touakeusse et le Dr Adama Diawara. Je les remercie de m’avoir fait confiance tout en espérant qu’ils ont tous pris réellement plaisir à travailler avec moi.

Comment ne pas remercier les autorités administratives et politiques de la ville de Bouaké, parmi lesquelles le Maire Nicolas Djibo pour son appui constant à l’Université ?

Je tiens à exprimer ma profonde gratitude au Directeur général du Budget, M. Seydou Traoré ainsi qu’au Directeur général du Trésor et de la Comptabilité publique, M. Jacques Konan Assahoré, qui ont toujours su répondre aux sollicitations rationnelles de l’Université en esquissant les mots et les gestes propres à garantir la pacification de l’espace universitaire.

À Monsieur Djimbala Diakité, DRH du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et au Professeur Mohammadou Merawa, Conseiller technique du Ministre et Chef de Projet C2D Enseignement supérieur que j’appelle affectueusement le Pape du LMD, je dis un grand merci pour la franchise, l’efficacité et la fraternité qui ont structuré notre collaboration sur les dossiers administratifs de l’UAO pour le premier et sur les projets académiques pour le second. Des remerciements bien appuyés à Monsieur Doumbia Abraham, DAF du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, qui a permis le transfert, à l’UAO, de M. Sylla Mahamadou, notre jeune DAF, aujourd’hui Lauréat du prix du meilleur DAF des Universités publiques de Côte d’Ivoire.
Je n’oublie pas la Directrice du CROU de Bouaké, celle qu’on appelle affectueusement la mère des étudiants et moi, leur père.

Mes remerciements vont également aux vaillants acteurs de l’UAO que sont les enseignants-chercheurs, les membres du personnel administratif et technique, les syndicats d’enseignants et du Personnel administratif et technique, la Mutuelle du personnel de l’UAO, les Délégués d’étudiants et surtout les Responsables d’Association d’étudiants.

Particulièrement, pour l’équipe gouvernante de l’UAO, je pense à mes deux Vice-Présidents, le Professeur Michel Kodo, Médecin, Spécialiste de Traumatologie orthopédie avec qui j’ai commencé cette aventure et qui a été rejoint par notre jeune Vice-présidente, le Dr Pélagie Théoua, Agrégée de droit public, au Secrétaire général Lambert Yao Konan, Professeur titulaire avec à ses côtés, son très dynamique assistant, Monsieur David N’Guessan Kouadio, Lauréat du Prix du meilleur Agent de l’administration centrale de l’UAO.

Je tiens à remercier chaleureusement mon Directeur de cabinet, le Professeur Henri Bah, Lauréat du prix d’excellence du Président de République récompensant le meilleur enseignant-chercheur de Côte d’Ivoire en 2018, pour le travail abattu et avec lui, les Doyens : le Pr Azoumana Ouattara, Doyen de l‘UFR CMS, la plus grande de l’UAO avec plus de quinze mille (15 000) étudiants, le Doyen Augustin Anassé Anassé de l’UFR SED qui est par ailleurs Président du jury du concours d’Agrégation de Science de gestion et Président du CTS CAMES Sciences économiques et de Gestion, Madame le Doyen de l’UFR Sciences Médicales, Chantal Akoua Koffi, Virologue chevronnée et le jeune et dynamique Doyen de l’UFR des Sciences juridiques, le Dr Silué Nanga, Agrégé de droit privé.

Je pense également aux Directeurs de notre administration centrale, notamment au DAF Sylla Mahamadou, au Directeur de la Scolarité, le Dr Koné Ouamourou et ses proches collaborateurs, M. Joseph BOA et le Dr Manhlé Soumahoro, au DRH, le Dr Diané Ambemou, Maître de conférences, expert en ressources humaines et avec lui, son adjointe, Mme Ursule Kla, sans oublier notre expert financier, Monsieur Jean Attobla, Agent comptable ainsi que notre nouveau contrôleur budgétaire, Monsieur Bi Tra Namboué.

Je remercie les Directeurs de Centre, le Professeur Jean-Michel Latte, un autre pionnier qui a su révolutionner le Centre de Formation Continue (CFC), le Pr Kadjo Alphonse, du Centre d’Entomologie médicale et vétérinaire, un des géniteurs admirables du Master international d’Entomologie médicale et vétérinaire, le Pr N’dri Kouadio du CRD, Médecin assurant honorablement la colligation des Sciences sociales et des Sciences médicales, le Dr Any Désiré, Maître de Conférences, Directeur de L’IMERFI.

Remercier au sens noble étant un art qui se gausse de l’écoulement temporel, permettez que je vous détache de vos horloges pour dire solennellement merci aux chevilles ouvrières de l’Institution que sont les Vice-doyens, les Professeurs Roger Tro Dého, Arsène Djako, Houphouet Kra, Daho K. Adoubryn, les Docteurs Ousmane Zina, Diabaté Nabongo, Adépoh Adépoh et Karim Dosso, les Chefs de département, les Professeurs Francis Akindès, Léa Marie Laurence N’Goran Epse Poamé, Ludovic Fié Doh, Arsène Djako, Alphonse Sekré, Célestin Dadié, Roger Lebeau, Kouadio Ndri, Yacouba Doumbia, Félix J.-C. Daboiko, les Docteurs Vamara Koné, Denis Souanga, Victor Kouadio Eboua, Karim Dosso et Hervé Sakoume, les Secrétaires principaux, Messieurs Richard Zouzou, Vassiriki Coulibaly, Koffi Kouassi et Madame Fatoumata Coulibaly, le Chef du service de communication, le Dr Niamkey Aka, Maître de Conférences, le Chef du service informatique, Issa Traoré, le Responsable de la gouvernance électronique, Ricky Akanza, le Chef du patrimoine, M. Konan N’zébou.

Je m’en voudrais d’oublier les valeureux pionniers de l’Université de Bouaké encore en activité, notamment les Professeurs F. Akindès, Lauréat du prix d’excellence du Président de la République récompensant le meilleur enseignant-chercheur de Côte d’Ivoire en 2017 et Responsable des programmes de la Chaire Unesco de Bioéthique, Ignace Yapi Ayénon, premier chef du Département de philosophie, Abé N’Doumi Noël, grand spécialiste de sociologie de la santé, François Aka Bédia, Lauréat du prix d’excellence du Président de la République récompensant le meilleur enseignant-chercheur de Côte d’Ivoire en 2019, les Dr Joachim Agbroffi et Touré Irafiala, Maître de conférences, pour ne citer que ceux-là.

Je pense aussi à mes conseillers, aux membres de mon Cabinet, Messieurs Stéphane Sétoué et Anderson Tah, à mes secrétaires, Adèle Touré, Mireille Yapo, aux membres de la dynamique équipe « Contrat de performance », aux animateurs de la Cellule scientifique, au Président de la Mutuelle du Personnel de l’UAO, le Professeur Vincent Adiaba Kablan, à la Responsable de la Cellule Interne d’Assurance Qualité (CIAQ), Dr Laeticia Gnéré Dagnogo, aux jeunes animateurs scientifiques de la Chaire UNESCO de bioéthique avec à leur tête le Pr Marcel Kouassi N’Dri, aux Délégués du personnel, aux dirigeants locaux et nationaux des Syndicats des enseignants-chercheurs (SYNARES, CNEC, POSEC-CI / SYRRES-C, UNAREF), aux Syndicats du personnel (SYNAPATES, SYNIOCI, SYNAGES, SYNAPECI, SYNAPESCI, SYNAPOCI, IPAT), aux Moniteurs, aux Réseau des Doctorants, au leader du Comité des élèves et étudiants de Côte d’Ivoire, au Président du Club UNESCO, aux Leaders des étudiants en Médecine (SYNES, ASEMB), aux différents Présidents qui se sont succédé à la tête du Conseil étudiant, aux Délégués d’amphithéâtre et aux autres Associations d’étudiants, émargeant sur nos listes d’aptitude à la mobilisation éthico-culturelle.

Je remercie enfin toute la presse ivoirienne qui a su partager avec notre équipe dirigeante la représentation objective et gratifiante de l’UAO.

Chaque acteur de l’UAO, chaque autorité ou responsable de structure ayant posé des actes en faveur de l’Institution que je n’ai pas nommé, doit se sentir concerné par ces remerciements.

Mais je m’en voudrais, une fois de plus, de ne pas remercier spécialement parmi les vaillants acteurs de l’UAO, mon épouse, le Professeur Léa Marie Laurence N’goran-Poamé, recrutée en 1994 à l’Université de Bouaké, actuel Chef du Département des Sciences du Langage et de la Communication, Experte et déléguée nationale CAMES. Elle m’a soutenu à tous les niveaux de la Gouvernance universitaire en alliant magistralement expertise, conseil et affection. Merci Madame moi-même.

Mesdames et Messieurs,
Cette cérémonie est la troisième du genre après les passations de charges en 2001, entre le Président François N’Guessan Kouakou, Pionnier des pionniers, premier Président de l’Université de Bouaké et le Président Landry Aka Koménan, grand humaniste, puis en 2010, entre le Président Koménan et moi-même, troisième Président de l’Université de Bouaké et premier Président de l’Université Alassane Ouattara. Pour ce que furent mes prédécesseurs, des Conseillers éminemment spéciaux, cette passation est aussi pour moi l’occasion de leur rendre un hommage chaleureux.
C’est aussi l’occasion de remercier les nouveaux Conseillers spéciaux que sont le Professeur Francis Akindès, le Dr Aline Aka Lamarche, Agrégée d’Histoire du droit et Me Salé Thiéreaud.
Aujourd’hui, chers collaborateurs, chères collaboratrices, chers collègues enseignants-chercheurs, chers étudiants, je vous invite à partager ma joie, une joie rationnellement, transcendantalement et téléologiquement fondée.

En effet, mon ambition, en arrivant à la tête de cette Institution, était de la positionner honorablement au niveau national et sur la scène internationale. Ai-je réussi ma mission ? Il me plaît de le croire. Mais, c’est à vous d’en juger. Pour ma part, mon souhait est que cette ambition se poursuive avec mon successeur institutionnel, le Pr Kouakou Koffi, issu de l’Université Félix Houphouet-Boigny d’Abidjan-Cocody, que je félicite pour sa nomination.

Une chose est de connaître ce que nous quittons, l’UAO, notre maison commune, notre oikos, une autre est de savoir ce qui nous attend. Connaître et savoir se conjuguent discursivement dans la forge de l’épistèmè, viscéralement attachée à l’Université. Ils sont à l’Université ce que l’Universalité est à la Transcendance, le sempiternel «re-Père» hors pair.

Monsieur le Président entrant,

L’UAO, par son histoire, sa position géographique et ses ambitions, est l’une des Institutions universitaires ivoiriennes les plus complexes. En y entrant, vous vous inscrivez nolens volens à l’école de la complexité.

Mes vœux de succès vous accompagnent dans vos nouvelles fonctions.

J’espère, au plus profond de mon être, que le slogan de l’UAO, sorti de mes entrailles, résistera au temps et aux hommes : « L’universalité destinale comme principe, l’excellence comme praxis ».

Je vous remercie.
Pr Lazare Poamé
Ex-Président de l’Université Alassane Ouattara

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Publié par La Rédaction

2 commentaires sur “Présidence de l’UAO Côte-d’Ivoire: L’intégralité de l’allocution du Prof. Poamé à l’occasion de la passation de charges

  1. ==== AUTRES TEMPS, AUTRES MŒURS =====

    Lazare s’en va, Jésus où es tu ?

    Merci Professeur pour cet élogieux tableau du Maître par lui même.

    Un sage a dit :  » Celui qui sait que le temps est le meilleur juge, ne souffre pas d’être HUMBLE ! ».

    Un texte qui aurait pu être un testament pour la jeunesse mais qui risque malheureusement de rester un plaidoyer pro domo !

    40 ans en arrière, Charles Valy Tuho (Diarrassouba antérieurement) Premier Africain et Ivoirien à diriger une université dans notre pays, présentait sa demande de libération de ses fonctions au Président Houphouet Boigny.

    Nous étions réunis à l’amphi Léon Robert pour ses adieux à l’université !

    Je n’ai pas souvenance d’avoir entendu beaucoup de « JE » ce jour là. Et pourtant…

    Valy est parti sur la pointe des pieds en offrant à la jeunesse que nous étions, un poème de Bernard B. DADIÉ et des contes de Soufis.

    O tempora, O Mores….
    Autres temps, autres moeurs !

    J’oubliais l’université Félix Houphouët-Boigny a pour emblème un masque Wembele…Qui peut dire que le Wanyugo est sa création ? Personne ! Le grand initié ne peut se hasarder à s’approprier ce qui appartient au temps….

    Le temps ? Time will tell.

    Le temps, l’autre nom de Dieu disent-ils. Dieu, le Père du Fils qui ressuscite Lazare ! Professeur Lazare ayez foi dans le Fils de l’homme et dans le temps.

    Valy était rempli de Dieu. Il est parti de l’université en joie . VALY DIARRASSOUBA était libéré. Il a été ressuscité en VALY TUHO le fervent chrétien. C’est pourquoi certainement son testament n’était pas une constellation de JE.

  2. Lorsque le moi s’accapare d’une once d’humilité, ce moi là sait que nul n’est irremplaçable. Vérité implacable, lorsqu’on sait où se trouvent FHB, Mandela, Sankara….
    La vie doit continuer. Hélas.

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