Législatives Cocody Côte-d’Ivoire: Serge Amissah le candidat de la « rupture » qui défie Yasmina Ouégnin

« Je suis candidat pour interroger l’État sur l’état de délabrement de notre système éducatif »

Interview

Alors vous êtes candidat à Cocody, le quartier de l’élite ivoirienne pour les législatives du 6 mars. D’abord qu’est-ce qui motive cette candidature et ensuite pourquoi le choix de Cocody?

Je suis Serge Amissah, Président du Mouvement citoyen Croyons-en Nous et candidat aux élections législatives du 6 Mars prochain au titre du groupement citoyen « 1000 Volontaires pour changer la Côte d’Ivoire ». Je suis candidat à Cocody parce que j’y suis né, j’y ai passé mon enfance, une grande partie de ma vie et j’y habite encore. J’y ai mes repères. Petite correction, il est vrai que l’élite politique ivoirienne vit à Cocody mais Cocody ne se résume pas à cette élite. La commune est surtout un condensé du tissu socio-économique ivoirien. Cocody, c’est d’abord le vaillant peuple Atchan, dont nous avons tendance à oublier l’hospitalité, et qui se réduit aujourd’hui aux villages de Cocody village, Blokauss, Anono, M’pouto, M’Badon, Akouédo. Cocody, c’est également cette classe moyenne qui chaque jour se bat avec abnégation pour trouver son pain quotidien. Cocody, c’est enfin toutes ces personnes condamnées aux emplois précaires et qui vivent dans ce qu’on appelle pudiquement des sous-quartiers comme Colombie ou Gobélé.
Je suis candidat avec Serge Djibré, Anémone Djro et Jean-Noel Fotto pour interroger le gouvernement sur l’état de délabrement de notre système éducatif, sur les conditions de la prise en charge médicale de nos concitoyens, sur l’incapacité des ivoiriens à acquérir un logement décent… bref, sur toutes ces questions que les ivoiriens se posent et qui nourrissent leurs peurs, leurs doutes en l’avenir. Nous voulons aussi porter une autre perspective sur des sujets tels que la Réconciliation nationale, la Justice, la Corruption, le Développement local. Finalement, nous voulons engager les Ivoiriens sur des questions nationales telles la Stabilité institutionnelle, la Sécurité, l’Économie et l’Immigration. Nous allons à l’Assemblée Nationale pour être au service de Cocody et des Ivoiriens pour débattre des questions d’intérêt public.

Pour le commun des mortels et pour l’électorat de Cocody, nous savons que vous êtes un ancien élève du lycée scientifique de Yamoussoukro et un expert financier. Au-delà de cette présentation comment vous vous définissez vous-même ? Qui est Serge Patrick Gnoan Amissah?

Je me suis déjà présenté brièvement et je pense que le sujet au cœur de notre entretien n’est certainement pas moi mais les Ivoiriens et l’Assemblée Nationale, un outil important pour apporter des réponses à leurs problèmes.
Ce que je peux néanmoins préciser, c’est que je suis un citoyen ivoirien qui estime que les partis politiques, toutes tendances confondues, ont vécu. Ils sont aujourd’hui à bout de souffle et incapables de proposer autre chose que de la compromission, de la violence et des déclarations de bonnes intentions.
Comme de nombreux ivoiriens, je veux résolument aller de l’avant et tourner la page des 30 années tumultueuses que nous avons vécues.
Je souhaite, avec l’ensemble des 1000 volontaires, apporter ma contribution à l’avènement d’une classe politique porteuse d’espérance pour la Côte d’Ivoire.

3. Vous briguez au côté de Serge Djibré un siège à Cocody où postule également la sortante Yasmina Ouégnin accréditée d’un bon mandat. Croyez-vous que votre projet a des chances de l’emporter devant ces professionnels de la politique?


C’est justement parce que nous ne sommes pas des professionnels de la politique que nous avons toutes nos chances !
Servir la nation ne saurait être un métier qui par définition donne droit à rémunération, c’est plutôt un privilège et un sacerdoce qui requièrent que toute l’attention soit portée sur l’intérêt général des populations.
Après le spectacle qui nous a été offert au cours des 30 dernières années, Il est temps pour les Ivoiriens d’avancer.
Pour ce faire, nous avons besoin de nous dire la vérité sur les défis et les enjeux qui sont aujourd’hui les nôtres. Si nous ne faisons pas le bon diagnostic, en profondeur et sans complaisance, il est illusoire de penser pouvoir trouver juste remède à ces maux.
Peut-on le faire au sein des partis établis en Côte d’Ivoire, avec ces fameux professionnels de la politique que nous connaissons, et pour qui toute remise en question qui ne va pas dans le sens de la ligne officielle du parti est proscrite ? Pour qui faire la politique ne se résume qu’à insulter l’autre ou dénoncer les maux qui minent notre société sans toutefois faire des propositions de solutions? La réponse est bien évidemment non !
Les ivoiriens le comprennent et Cocody le revendique depuis 2016.
Il arrive que des personnalités empreintes d’une forte conviction de servir et mues par l’intérêt général apparaissent dans ces partis, mais que peuvent-elles seules face au rouleau compresseur auquel elles font face? Rien ! Tout simplement parce qu’une hirondelle esseulée n’a malheureusement jamais fait le printemps et ne le fera jamais.
Notre groupement 1000 volontaires se veut justement être le véhicule capable de fédérer toutes ces personnes-là, tous ces ivoiriens en capacité d’apporter des réponses aux problématiques nationales de première importance.
Les 1000 Volontaires veulent apporter à Cocody et à la Côte d’Ivoire la liberté de parole et d’action. Nous souhaitons être une force de proposition à l’Assemblée Nationale et non simplement une opposition. L’Assemblée Nationale est et détient un pouvoir du peuple souverain de Côte d’Ivoire. Nous voulons donner tout son sens à ce pouvoir, si les Ivoiriens nous font l’honneur de nous mettre en mission. Nous voulons travailler à la transparence et l’exemplarité de cette institution de sorte à restaurer sa crédibilité, et à renforcer la séparation, l’équilibre et l’indépendance des pouvoirs et la démocratie en Côte d’Ivoire. C’est une approche de la rupture que nous prônons.

Dans votre approche vous prônez la rupture. Que revêt cette quête de rupture? Vous voulez rompre avec quoi?

Nous partons du constat que nous sommes, depuis 30 ans, dans une démarche schizophrène à faire sans cesse les mêmes choses et en attendre des résultats différents. Cela fait 30 ans qu’on nous augmentons constamment notre production de cacao à la grande satisfaction de notre classe politique et pourtant cela n’a pas encore permis de metre nos producteurs financièrement à l’abri, bien au contraire. Depuis 30 ans, nous semons les graines de la violence avant chaque élection et nous espérons des élections apaisées. Depuis 30 ans, nous éloignons notre attention de la qualité de nos enseignants et nous somme surpris de l’état actuel de notre système éducatif. Depuis 30 ans, nous laissons des personnes, qui n’y ont aucun intérêt direct, penser notre développement et nous nous lamentons que nous n’avonçons point. Je peux citer de nombreux exemples pour montrer l’incohérence et l’inconsistance de beaucoup de choses que nous faisons et d’avec lesquelles il nous faut rompre si nous voulons améliorer durablement le bien-être des ivoiriens
Pour ce faire, nous prônons une triple rupture par les Valeurs, l’État d’esprit et par la gouvernance citoyenne.
Nos valeurs sont simples et connues. Ce sont l’Union, la Discipline et le Travail. Ce sont des valeurs de développement. Il n’y a pas de pays développé qui ne travaille pas, qui ne soit pas rigoureux donc discipliné et dont l’énergie de son peuple n’ait été mobilisée, unie par une communauté de destin. Prenons les dragons d’Asie du Sud-Est, la force de la discipline seulement leur permet de croître malgré l’épidémie mortelle de Covid.
Ensuite, la colonisation n’a pas promu une force de caractère qui nous aurait permis de lui résister et nous en portons des séquelles inconscientes. Nous n’avons pas confiance en nous-mêmes. Comment pouvons-nous nous développer? Ne dit-on pas que le développement est un état d’esprit ? Alors, changeons d’état d’esprit ! Croyons en notre génie, en nos capacités, en notre intelligence, en nos cultures, en nos jeunes et j’en passe. Faisons preuve d’audace, d’innovation.
Finalement, la gouvernance citoyenne pour nous n’est rien d’autre que de mettre le citoyen au cœur de l’action publique. Elle se décline en 3 choses essentielles : le consensus national avec la recherche permanente du et de la Concertation. La recherche de solution endogènes c’est à adapter les réponses aux problèmes à nos réalités. Finalement la Transparence, l’Exemplarité et la Responsabilité qui se traduisent par la bonne moralité dans la gestion publique et la reddition des comptes. Voici le sens de la rupture que nous portons.

Quelle est l’assemblée nationale et le député ivoiriens de vos rêves?

Nous voulons pour la Côte d’Ivoire une Assemblée Nationale exemplaire et qui tire toute sa substance de nos valeurs d’Union et de Travail au service des Ivoiriens et de notre pays.

Nous voulons, non plus une caisse de résonance, mais une assemblée nationale capable de véritablement contrôler et réguler l’action gouvernementale, une assemblée nationale susceptible de contraindre le gouvernement à s’expliquer, le cas échéant, pour chacune de ses actions et/ou résultat, une assemblée nationale qui interagit quotidiennement avec le peuple, son mandant, bref une Assemblée Nationale moderne, démocratique et qui joue pleinement son rôle de contre-pouvoir institutionnel.
Je crois que c’est également un rêve partagé par de nombreux ivoiriens.

Serge Amissah
1000 Volontaires – Abidjan
M: +225 0747350094

Author: La Rédaction

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