Sous haute surveillance sécuritaire la population accueille froidement la dépouille de Hamed Bakayoko (REPORTAGE)

Donald NGORAN

« Nous sommes bloqués, les agents de la sécurité nous disent de rester derrière les barricades. Ça me fait mal mais on est obligé de se soumettre parce que ce sont les forces de l’ordre », regrette Sidibé Mamadou, un jeune Abobolais (Abidjan Nord) vertu de tee-shirt et d’une casquette estampillés Hamed Bakayoko, venu accueillir la dépouille du Premier ministre à l’Aéroport international felix Houphouet Boigny.

Tout corps de l’Armée confondu, attroupés par endroit, certains dans des cargos, surveillent minutieusement le long de la voie menant à l’entrée principale de l’aéroport où des populations venues massivement attendent l’arrivée de la dépouille de Hamed Bakoyoko, appelé affectueusement Hambak, décédé le 10 mars en Allemagne des suites d’un cancer.

Opposées à ce dispositif sécuritaire assez impressionnant mis en place pour la circonstance, au regard de la grande affection, qu’avait le Premier ministre de son vivant pour ces concitoyens, les populations partagées entre douleur et consternation suivent les deux écrans géants installés dehors, à l’entrée du Pavillon présidentiel où la cérémonie doit avoir lieu.

« Hambak était le père de tous les Abobolais, vraiment sa mort est une grande perte pour la Côte d’Ivoire toute entière mais particulièrement pour la commune d’Abobo » dont il est le maire, renchérie Dame Traoré, contrainte d’être arrêtée derrière les barricades sécuritaires en fer dressées à une centaine de mètres de l’entrée du Pavillon présidentiel.

« Nous avons reçu l’ordre de ne plus permettre les entrées et les sorties, nous répond l’un des agents de la sécurité commis à l’entrée principale, avant de nous laisser avoir accès à l’esplanade du pavillon présidentiel.


A l’intérieure sur l’esplanade du Pavillon présidentiel le comité d’organisation est à pied d’œuvre dans l’installation. Les officiels dont le président de la République burkinabè Roch Kaboré et des membres du gouvernement ivoirien prennent place sous l’œil averti des forces de l’ordre.

Il est 15 h 45 (GMT et locale) quand l’avion présidentiel affrété, contenant la dépouille du Premier ministre fait son atterrissage. La main dans la main, le président ivoirien Alassane Ouattara, son épouse Dominique Ouattara et la femme du défunt Yolande Bakayoko accompagnée de sa fille, tous plongés dans l’émotion partent à l’accueil du corps.

« La mort à encore frappé. Hambak, le Golden Boy pour tous est parti d’Abidjan vivant et il nous revient dans un cercueil en moins de trois semaines. Oui, le cercueil que vous voyez contient notre frère Hamed Bakayoko, le Premier ministre, ministre de la Défense », relate avec un air battu le parolier musulman avant la prière de bénédiction.

Sous une parade permanente d’hélicoptère des forces de l’ordre, la cérémonie suit son cours avant que la dépouille ne soit mise dans le corbillat pour son transfèrement à l’Ivosep de Treichville (Abidjan Sud).

« C’est avec beaucoup d’émotion que nous perdons aussi jeune Hamed Bakayoko, notre Premier ministre qui disparaît huit mois après le décès de son prédécesseur Amadou Gon Coulibaly », lance tout triste M. Edou, un Agent de la société NAS ivoire à l’aéroport, interdit d’avoir accès à son lieu de travail.

Alerte info/Connectionivoirienne.net

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Author: La Rédaction

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