Côte-d’Ivoire: À quand la fin des effondrements des immeubles ?

Lu pour vous

Souvenez-vous, le 8 janvier 2014, il y’a plus de 7 ans aujourd’hui, M. Nabagné Bruno Koné, alors porte-parole du gouvernement nous annonçait ceci dans un point de presse :

« Il s’agit pour le ministère de tirer les leçons des insuffisances qui ont amené ces drames et de faire en sorte que notre pays n’en connaisse pas d’autres. Donc, un travail sera fait par le ministère en effectuant des contrôles. Des contrôles des chantiers en cours mais également des immeubles qui ont été bâtis et qui n’arrivent pas à donner la preuve que tout a été fait pour que les personnes qui vont les habiter soient rassurées. C’est un travail qui va se faire dans toute la ville d’Abidjan. Et c’est un travail qui va être renforcé pour les nouvelles constructions de façon à éviter de nouveaux drames ».

Après cette annonce 12 effondrements d’immeuble vont suivre, comme pour confirmer que ce gouvernement se moque de sa population.

▪︎20.03.21
Riviera Bonoumin
Effondrement de la façade d’un immeuble R+3

▪︎12.03.21
Anono, immeuble R+3
10 morts et 12 blessés
Pas de permis de construire selon le ministre Un arrêt des travaux ordonné depuis le 05.01.21

▪︎28.02.21
Abobo
3 blessés graves


▪︎11.20
Abobo Baoulé, immeuble R+3
3 morts et plusieurs blessés

▪︎10.20
Effondrement d’un R+4 à Yopougon cité verte. 3 décès dont un bébé.

▪︎06.20
Abatta village. 1 mort et plusieurs blessés

▪︎04.20
Abatta. Effondrement d’un immeuble en construction

▪︎04.03.20
Plateau
1 mort dans l’effondrement d’un immeuble en démolition

▪︎12.19
Effondrement d’un R+4 au Plateau Dokui

▪︎06.18
Effondrement d’immeuble en construction R+4 à Yakro : 10 morts, 19 blessés
La propriétaire et le technicien en bâtiment ont été condamnés à 3 ans de prison ferme.

▪︎11.14
effondrement d’immeuble en destruction à Attécoubé district Yoh
8 morts et une dizaine de blessés.

▪︎06.14
Effondrement d’un R+4 à Djibi
Aucune victime

Il apparaît donc clairement, que le travail n’a pas été fait. Monsieur le Ministre de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme, les Ivoiriens veulent savoir pourquoi 7 ans plus tard, le job n’a pas été fait ? Et combien de temps faut-il attendre avant que ce contrôle commence à porter ses fruits ?

Yao Landry Kiélé.

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Publié par La Rédaction

1 commentaire sur “Côte-d’Ivoire: À quand la fin des effondrements des immeubles ?

  1. ===== QUESTIONS ! ====

    Le citoyen lambda peut en effet légitimement se poser ces deux questions avec Monsieur Yao Landry KIELE.

    Il s’agit de questions adressées à L’Etat. Elles ne sont pas donc personnalisées car nous savons tous que M. Nabagné Bruno Koné n’est Ministre en charge de la Construction que depuis Juillet 2018 ! Trois ministres se sont donc succédés dans ce fauteuil depuis les 7 ans de référence…

    Le Ministère de la Construction, du Logement, de l’Assainissement et de l’Urbanisme lui même a vu son organisation évoluer pour s’adapter aux besoins cruciaux de logements des Ivoiriens avec un secrétariat d’Etat dédié aux logements sociaux.

    Le décompte de Landry est un travail qui fait froid dans le dos. Il s’agit de vies humaines. Toute vie humaine vaut qu’on la respecte et tout ce qui peut et doit être fait pour sauver des vies humaines,mérite qu’on s’y intéresse. Pendant que la Côte d’Ivoire était en deuil national pour la perte de son premier ministre, on retirait des corps sans vie sous un immeuble effondré.

    Le Ministre a apporté plusieurs explications. Il a communiqué sur la question. Nous sommes en Côte d’Ivoire au pays des titrologues. Des extraits savamment (à dessein ?) de sa communication ont fait la une de la presse donnant à croire que l’Etat déclarait son impuissance à exercer la mission de contrôle qui fait partie des attributions du Ministère de la Construction. Des précisions claires ont été apportées suite à ce malentendu véhiculé sur la toile.

    A t on réellement compris ? Veut on comprendre ?

    J’ai apprécié par ailleurs sur ce site la contribution de Monsieur Fadiga Amadou (Dubasstanou), qui a bien cadré la question du contrôle.

    Notre propos n’est pas de dédouaner l’Etat. Mais….

    D’abord les statistiques de Monsieur Landry. On y trouve un peu de tout. Pour faire du chiffre, les additions ont été multipliées ! Les situations bien différentes ont été mises dans le même panier. Qu’à cela ne tienne.

    Ensuite en 7 ans, combien de maisons ont été construites sur l’étendue du territoire ? Et quel ratio de contrôles aurait pu être appliqué avec l’effectif humain de l’administration dont les ressources ne sont pas extensibles ! On peut recruter pour suivre le rythme me dira t on ! Jusqu’à quelle concurrence ?

    La construction d’un immeuble R+5 pour se limiter à cet exemple peut durer un an voire 10 ! Quels contrôles seront faits pour ce même chantier ?

    Les contrôleurs de manière programmée ou inopinée viennent une première fois pour la vérification d’usage. Supposons qu’on soit au niveau des terrassements de la fondation. On ne pourra contrôler que les documents administratifs. Titre de propriété, permis de construire etc.

    Supposons que tout est OK. Il faudra revenir pour vérifier la conformité des travaux aux spécifications techniques du permis de construire. Et encore selon l’avancement du chantier. L’équipe de contrôle composée parfois de deux ou trois personnes, ne peut souvent que se limiter aux écarts manifestes… Comme l’absence du fameux permis de construire !

    On imagine les difficultés pratiques du travail avec le nombre de chantiers à visiter même de manière inopinée avec toutes les penibilités que comporte la mission.

    Ce qui est indéniable dans la déclaration du ministre, il est très difficile voire impossible de disposer de moyens pour FAIRE LE CONTRÔLE DE TOUTES LES DISPOSITIONS CONSTRUCTIVES DU BAEL ET DES DTU sur un chantier.

    Vous et moi, imaginons qu’on ne donnerait pas un chantier R+5 à un tâcheron qui ne sait pas lire un plan architectural.

    On imagine aussi qu’un entrepreneur a la formation du métier qu’il prétend exercer !

    On suppose qu’il recrute du personnel qualifié et formé effectivement pour le type de chantier !

    On croit de bonne foi que les ouvriers sont payés et contrôlés quotidiennement !

    Enfin on pense de bonne foi que celui qui veut construire un immeuble R+5 eu égard à son investissement, a posé les bonnes questions autour de lui à des spécialistes avant de lancer son opération. Et qu’il a entendu dire que sa responsabilité de Maître d’ouvrage est engagée et que ce faisant, il a intérêt à se doter d’un contrôle indépendant de son maître d’œuvre, qui est l’entreprise à qui il a confié la réalisation technique des plans architecturaux et de béton armé conformes au permis qui lui a été délivré !

    On se dit enfin que, eu égard à l’importance de son investissement, sa propre mission de contrôle ne sera pas présente tous les jours pour tout vérifier au niveau des armatures, des dosages, de la conformité des matériaux et que l’entreprise n’a pas été choisie au hasard !

    Ces questions interpellent donc la responsabilité du Maître d’ouvrage qui est donc PLEINE ET ENTIÈRE ! Et c’est pourquoi je soutiens le Ministre quand il dit qu’elle précède celle de l’Etat.

    Je suis en phase avec Le Ministère de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme quand « il en appele au civisme des populations, et aux respects des règles en vigueur, en matière de construction. »

    ====== L’ETAT FAIT IL CE QUIL DIT ETRE SON ROLE ? =====

    Revenons sur le dernier ou l’avant dernier cad de Cocody Anono :

    « …Il ressort du résultat des constats effectués sur le terrain, par les agents de la Brigade d’investigation et de contrôle du Ministère de la Construction, que l’immeuble effondré, propriété de Monsieur Anoh Alfred S/C et de Monsieur TOPE Jean Fortuné, ne disposait pas d’un PERMIS DE CONSTRUIRE ; et avait déjà fait l’objet d’une mise en demeure pour ARRÊT IMMÉDIAT, des travaux depuis, le 5 janvier 2021… »

    Ici donc un contrôle minimal a été fait mais certainement un « arrangement » a été fait et on a fermé les yeux sur l’absence du précieux document !

    L’arrangement ou l’accord provisoire de continuer les travaux en cours n’est pas toujours une mauvaise option si le chantier n’est qu’au début et que la preuve du dépôt de dossier du permis est apportée.

    Or ici on imagine que les travaux étaient déjà avancés en Janvier…

    Il y a donc « bon arrangement » et  » mauvais arrangement » !

    Entendons nous.

    Un émigré ivoirien vivant en Australie vient au pays pendant ses vacances très limitées lancées lui même sa demeure de rêve.

    Il vient avec des plans architecturaux réalisés par des cabinets de Melbourne qu’il introduit au Ministère. L’agent qui le reçoit, et qui a flairé le gombo du mois, lui parle avec sérénité des normes ivoiriennes de la Construction de CODINORM etc.

    L’emigré n’a pas compris  » le français ». Il attend une semaine. Aucune information du dossier la commission interministérielle ou quelque chose comme ça ne s’est pas encore réunie.

    Enervé après 15 jours d’attente, qui lui ont semblé une éternité (il vient d’arriver !), notre émigré lance donc sans autorisation ses travaux. Choisissant la courte échelle des arrangements sur le terrain avec les équipes du Ministère et …de La Mairie ! A chaque corps de contrôle son tarif ! Grâce à un cousin il a eu une bonne entreprise pour les travaux et un ami ingénieur de BTP sera en charge de contrôles périodiques !

    Voici comment notre ami a construit le gros œuvre de sa villa. D’arrangement en arrangement !

    Encouragé par l’expérience et croyant maîtriser le terrain, il a décidé de lancer à distance un chantier R+3. Tout avait bien commencé. Puis un jour il apprend que le bâtiment s’est effondré ! Faute de contrôle EFFECTIF tout a été falsifié, les devis gonflés, du matérielde seconde main choisi, les ouvriers sous payés, les quantitatifs réduits à la portion congrue ! Les photos étaient belles ! Les vidéos de qualité. Mais rien que du faux. Heureusement il n’eut pas de mort d’homme !

    ===== LA CORRUPTION, NOTRE RESPONSABILITÉ COLLECTIVE =====

    L’Etat ne peut tout faire, personne n’en doute. Cependant il faut combattre le mal de la CORRUPTION DANS LES ADMINISTRATIONS.

    Ici comme ailleurs elle décourage le citoyen de suivre LA VOIE NORMALE ! Il serait long d’en citer les exemples et l’étendue.

    Construire est parfois un parcours de combattant ! L’administration et en Afrique en générale, je parle en connaissance de cause, est un obstacle. De Douala à Dakar en passant par Ouaga, Niamey, Conakry et..Abidjan, le porteur d’un projet immobilier est vu comme une opportunité de se faire les poches facilement. Quand il aura fini avec l’administration il devra se battre avec toute la mafia des chantiers !

    Alors pourquoi et comment voulez vous que le déficit de logements soit résorbé..avec des maisons de qualité ?

    Mon cher Landry, naturellement il faut savoir apprécier les grandes avancéesdu Ministère !

    On est heureux d’entendre aujourd’hui qu’en matière de déclaration d’utilité publique, RIEN NE SERA PLUS FAIT SANS LE DÉDOMMAGEMENT DES AYANT DROITS.

    Tout n’est pas encore parfait. Mais chiffres à l’appui, Landry les chiffres c’est bien, il faut reconnaître la célérité du traitement de certains dossiers comme les ACD et autres.

    Si chacun faisait ce qu’il a à faire, c’est certain qu’en 7 ans on aurait eu moins de catastrophes. Surtout pas pour des raisons parfois idiotes.

    Si chacun fait ce qu’il a à faire, on aura une nation de rêve. Même si des accidents de chantiers il en arrive aussi dans les pays développés.

    Tiens je suis passé l’autre jour au chantier avec mon contrôleur. Pour plaisanter j’ai demandé à mon maçon s’il connaissait le BAEL, les DTU ou la loi de Blondel. Ayant aperçu à mes côtés, mon chargé du contrôle qui était d’un cabinet d’architecture de la place, le maçon était déjà enervé. Au lieu de répondre à la question, il m’a plutôt parlé de ses 20 ans d’expériences professionnelles. Pour lui l’architecte n’était ni plus ni moins qu’un « trait kila »..un simple traceur de traits, un empêcheur de travailler !

    Belle cohabitation.

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