Côte-d’Ivoire: « Mes efforts pour récupérer ma fonction aux Impôts sont restés vains » (Charles Rodel Dosso, ex ministre)

Interview parue dans ‘’ le quotidien d’Abidjan ‘’ du 22-03-2021

Sans détour, le Ministre Charles Rodel Dosso parle :

– De la santé du FPI dans la région du Tonkpi et de ses résultats aux récentes législatives ;
– De sa suspension salariale et de sa radiation de la Fonction Publique suite à la crise post-électorale ;
– Du retour au pays du Président Laurent Gbagbo ;
– De la reprise du Pouvoir d’Etat par celui-ci.

Monsieur le Ministre, vous avez pris part en tant que candidat, aux législatives du 6 mars 2021, d’où vous êtes sorti perdant. Quelles leçons tirez-vous de ce scrutin ?

Bonjour M. Zahui. J’ai effectivement participé aux récentes législatives dans la circonscription 191 dans la région du Tonkpi. J’y défendais les couleurs du FPI comme candidat EDS. Nous avons perdu mais se fut une belle expérience. Nous sommes sortis de cette bataille électorale avec une somme de leçons qui nous permettra d’aborder les futures avec assurance. Pour les leçons à tirer de ces élections, ma direction de campagne travaille à faire un bilan complet qui sera disponible le samedi 3 avril 2021. Après quoi, il me sera aisé d’en parler.

Dès votre défaite, vous avez adressé des félicitations à votre adversaire. Cela dit, saviez-vous que vous perdriez cette compétition électorale ?

Nous sommes allés à ces élections avec détermination et une ferme volonté de les gagner. Mais, il s’y est trouvé plus fort que nous. J’ai félicité le vainqueur parce qu’il l’a été à la régulière. Certes, il y a eu quelques irrégularités notamment à Koulikoro où l’accès aux bureaux de vote a été refusé à mes représentants et quelques localités où des personnes ont été prises en flagrant délit de corruption des électeurs le jour même du vote. Mais, ces irrégularités n’ont pas eu une incidence notable sur le résultat final. Aussi, ne pourrais-je m’empêcher de féliciter le vainqueur.

3- Pour les prochains défis, quels sont vos projets immédiats et à court terme ?

Dans l’immédiat, au plan national, je me dispose à apporter mon appui à l’achèvement du processus de restauration de notre nation. Un processus qui est à son terme. Au plan régional, nous travaillons à faire le bilan de la participation du parti aux législatives dans le Tonkpi. Après 20 ans d’absence aux élections locales et 10 ans d’absence sur le terrain, nous avons signé notre retour. Malheureusement, nous en sortons sans aucun élu dans la région comme les autres fois. Ce qui confirme que la région du Tonkpi est une région difficile pour notre parti. Nous avons l’obligation d’en tirer toutes les leçons en vue de jeter les bases d’un meilleur futur pour le FPI dans notre région. A court terme, nous travaillerons à renforcer l’implantation du FPI dans le Tonkpi en vue d’y pallier ses faiblesses.

Lors des récentes législatives, vous étiez déclaré sans activité et pourtant, on vous sait professeur. Il y a-t-il une explication à cela ?

Je suis effectivement sans activité quand bien même que je sois enseignant de formation et immatriculé à la Fonction Publique. En effet, suite à la crise post-électorale, poursuivi pour participation disent-ils à un gouvernement illégal, je m’étais exilé au Ghana. Un mandat d’arrêt international avait été lancé contre moi et je fus radié de la Fonction Publique par les tenants du Pouvoir. Après l’amnistie prise par M. Ouattara en Août 2018, je suis rentré le 6 décembre de la même année. Mes efforts pour récupérer ma fonction sont restés vains. Je suis donc depuis 1O ans sans activité, sans salaire pour quelqu’un qui était exclusivement fonctionnaire. Ce, selon le bon vouloir du régime Ouattara. Ne pouvant justifier d’un statut de fonctionnaire aux impôts, je me suis présenté tel que devenu en vue de faciliter l’obtention de l’attestation de régularité fiscale après avoir fourni une attestation de non revenu. Voilà toute l’histoire.


Que vous reproche le gouvernement pour qu’il refuse de faire droit à vos demandes alors que plusieurs dans votre cas ont été régularisés ?

Je ne saurai vous répondre. Interrogez nos tortionnaires.

Vous avez des regrets d’avoir participé à l’éphémère dernier gouvernement du Président Gbagbo, source de vos problèmes ?

Aucun regret ! Je continue d’être heureux de l’honneur que le Président Gbagbo m’a fait. Si c’était à refaire, c’est avec joie que je le referai. Qui n’aimerait pas être du côté de la vérité, de la justice, de la lumière ? C’est une fierté de marcher aux côtés du Président Laurent Gbagbo. Le temps fut certes ténébreux mais les nuages se dissipent déjà et très bientôt il fera jour. Non seulement le cumul de mon salaire indument suspendu me sera reversé mais également mes indemnités d’ancien membre du gouvernement ivoirien. Je garde la foi que le règne de l’injustice n’est pas loin de prendre fin.

Avant qu’advienne la fin du règne de l’injustice comme vous le dites, de quoi vivez-vous ?

La grâce de l’Eternel suffit à tout. Moi et ma famille, nous vivons de la providence divine. Là où la manne cessera, viendra Canaan ! Aucun doute !

Mais, vous n’avez pas un appel à l’endroit du gouvernement ivoirien à l’effet de donner une suite favorable à votre requête.

Non ! Pas du tout ! Fonctionnaire que je suis, que peut-on me reprocher pour m’imposer un tel supplice. Si c’est pour mes convictions politiques, c’est peine perdue, elles ne sont pas négociables. Là où certains des nôtres ont perdu la vie si c’est seulement le salaire qu’on me retire, ce n’est pas cher payé. Que les puissants du moment fassent comme bon leurs semble. Quand l’Eternel aura agi, tout reviendra à l’endroit. Heureusement que nous y sommes !

Un comité d’accueil pour le retour de Laurent Gbagbo a été mis sur place. Comment la région du Tonkpi a accueilli la nouvelle ?

L’idée du retour au pays du Président Laurent Gbagbo est un sujet de joie partagé par toutes les populations du Tonkpi. Pour ce fait, mettre en place un comité pour l’organiser ne peut être que bien accueilli. Pourvu que ce retour devient en fin une réalité.

Vous avez un appel aux ivoiriens qui sont envahis de doute quant au retour du président Laurent Gbagbo après des dates fixées non tenues ?

Aux ivoiriens qui ont encore quelque doute légitime quant au retour du Président Laurent Gbagbo dans son pays, je dirai simplement de contempler son parcourt en général et surtout celui parti du 11 avril 2011. Chacun verra l’expression du divin.
Il est bon qu’on sache que Dieu ne perd jamais. Surtout, quand il commence un processus, il l‘achève. Celui de la restauration de la nation ivoirienne et de son président ira à son terme. Et les ivoiriens retrouveront la joie de vivra dans leur pays.
L’Eternel a donné au Président Laurent Gbagbo et son épouse de relever la tête après cette immense humiliation du 11 avril 2011 et mettre leurs ennemis à leurs pieds aujourd’hui. Il ne manquera pas de faire revenir notre chef. Mieux, le Tout Puissant lui redonnera son trône qui lui a été arraché de force. Pas de doute !

Interview réalisée par Simplice Zahui

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Publié par La Rédaction