Côte-d’Ivoire: Qui sont les nouveaux ministres Me Kamara, Nasseneba Diané, Thomas Camara, Amadou Coulibaly….?

Quelle analyse peut-on faire du nouveau gouvernement ivoirien ?

Saïd Penda

On peut noter d’entrée que ce gouvernement de 37 ministres et 4 secrétaires d’État compte 13 entrants alors que 20 membres de l’ancienne équipe quittent l’exécutif. Malgré le lobbying et les nombreux appels de pieds d’une opposition qui conçoit la réconciliation nationale comme un simple partage de gâteau, Alassane Ouattara n’a pas accéder à la formation d’un « gouvernement d’ouverture » auquel rêvaient ses opposants.

Il n’y a plus un seul comme dans la précédente équipe, mais trois ministres d’État. Et tous les trois promus à ce rang sont des fidèles parmi les fidèles, que ce soit Mme Kandia Kamissoko Kamara (Ministre d’État, ministre des Affaires étrangères), Téné Birahima Ouattara (Ministre d’État, ministre de la Défense) ou encore Kobenan Kouassi Adjoumani, le nouveau chouchou du président Ouattara (Ministre d’État, ministre de l’Agriculture et du Développement rural).

Parmi les entrants, on remarque particulièrement la présence de Me Kamara, longtemps avocat d’Alassane Ouattara lorsque le président ivoirien était opposant, avant de défendre l’État ivoirien sur de gros contentieux et contrats, notamment à l’international, où il a fait gagner des dizaines de milliards de CFA à la Côte d’Ivoire. Longtemps à l’ombre des anciens premiers ministres Seydou Elimane Diarra et d’Amadou Gon Coulibaly comme Conseiller Spécial, Me Adama Kamara peut revendiquer une connaissance transversale des grands dossiers et problématiques de la Côte d’Ivoire. Un des membres de l’équipe restreinte qui prépare le draft de l’équipe gouvernementale avec qui je me suis entretenu me disait que « Me Kamara est de ceux qu’on aurait pu proposer à n’importe quel département ministériel sans qu’on s’inquiète pour lui ». Dans les coulisses de la présidence ivoirienne, on dit qu’il est destiné à un avenir encore plus prometteur.


Jusqu’ici Directrice Générale de Côte d’Ivoire Tourisme, Nasseneba Touré [épouse du défunt Mamadi Diané] prend un des postes auquel le président Ouattara et son épouse tiennent comme à la prunelle de leurs yeux : le ministère de la femme, de la famille et de l’enfant. Maire de la localité d’Odienné, dans le nord de la Côte d’Ivoire, elle s’est rapprochée du président Ouattara alors qu’elle était encore toute jeune et innocente aux États-Unis. Elle lui a consacré toute sa vie et sa nomination, loin d’être une consécration, est plutôt le début d’une belle carrière dans l’exécutif, comme me l’a affirmé une source très introduite. Il se dit que le couple présidentiel a beaucoup d’affection pour Mme Nasseneba Touré; sa compétence et sa soif de réussite devraient faire le reste.

Thomas Camara au pétrole c’est un casting parfait, pour celui qui était jusque-là Directeur Général de la Société Ivoirienne de Raffinage. Affable et presque timide, Thomas Camara est un haut cadre aux compétences reconnues.

Nouveau venu dans le gouvernement, mais très connu dans les sérails du régime Ouattara, Amadou Coulibaly est, au ministère de la communication, dans un monde qu’il connaît bien . Il a exercé comme journaliste avant d’être nommé à la direction de la communication du président Ouattara en 2011. Jusqu’à sa nomination dans le gouvernement, il était patron du contre-espionnage ivoirien. AM’S, comme l’appelle ses intimes, est un des éléments de cette nouvelle génération dont parle souvent le président Ouattara.

Dernière remarque sur le nouveau gouvernement, les valeurs sûres restent en place : Mamadou Touré à la jeunesse, Anne-Désirée Ouloto part à la Fonction publique, Adama Coulibaly conserve l’Economie et les finances, Amédée Koffi Kouakou à l’Equipement, Siandou Fofana au Tourisme, Zorro Bi Ballo à la promotion de la bonne gouvernance, Kaba Nialé au plan.

A l’analyse des hommes composants ce gouvernement, et avec le degré d’informations classées « TOP SECRET » dont je peux modestement me targuer d’avoir accès, nous pouvons affirmer que le président Ouattara n’a pas qu’un PlanA et un PlanB cette fois-ci pour sa retraite. Il s’est même aménagé des Plans C, D et E. La succession n’a jamais été aussi ouverte. Un de ses proches m’a confié que « tout reste possible et ce sera à qui s’illustrera le mieux dans les deux prochaines années ».

Ce qui est vrai, est vrai !

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Publié par La Rédaction