Selon l’OIDH « toute la lumière n’a pas été faite sur les faits » à Duékoué après le procès Amadé en Côte-d’Ivoire

Jocelyne LIADE

L’Observatoire ivoirien des droits de l’homme (OIDH), réagissant au procès de l’ex-chef de milice, Amadé Ouérémi qui s’est soldé par sa condamnation à la prison à vie, a évoqué vendredi un procès présentant « des points d’interrogation qui n’ont pas permis de faire toute la lumière sur les faits allégués », dans une note.

« L’OIDH félicite l’Etat de Côte d’Ivoire pour l’ouverture de ce procès (…) Cependant, pour l’OIDH aussi bien dans la forme que dans le fond, ce procès pourtant tant attendu comme le point de départ d’une autre série de poursuites au niveau national, a présenté des points d’interrogation qui n’ont pas permis de faire toute la lumière sur les faits allégués », fait savoir la note.

Le mercredi 24 mars 2021, s’est ouvert devant le tribunal criminel d’Abidjan-Plateau, le procès d’Amadé Ouérémi, inculpé pour 24 chefs d’accusation, notamment le crime de génocide, sur la base des massacres perpétrés les 28 et 29 mars 2011 au quartier Carrefour de Duékoué (Ouest ivoirien).

Après huit jours d’audiences qui ont vu se succéder à la barre 34 témoins à charge, l’accusé a été condamné jeudi à la prison à perpétuité assortie d’une amende de près de 2 milliards de FCFA.


L’OIDH estime que « nonobstant la gravité de certains chefs d’accusation qui impliquent des crimes internationaux, cette procédure a abouti à un procès qui ne s’est tenu que dans un délai de moins d’un mois là où il aurait peut être fallu prendre plus de temps sur chacun des détails révélés par l’accusation, les parties civiles et la défense. »

En outre, l’OIDH s’interroge sur « le rejet de la requête de la Défense visant la comparution de certains acteurs clés de ces massacres nommément cités par l’accusé » et exhorte le gouvernement à « poursuivre les investigations et les poursuites contre ces derniers, et sans considération de leur position actuelle. »

« Il est inconcevable qu’il (Amadé Ouérémi) en soit tenu seul auteur vu l’ampleur et la magnitude des crimes et le contexte de leur commission », estime l’OIDH.

L’OIDH invite donc le gouvernement à « poser des actes forts afin de rassurer toutes les victimes et mettre fin au cycle de violences auquel le pays s’est malheureusement accoutumé. »

Selon les Nations unies et plusieurs ONG, les massacres de Duekoué en 2011 ont occasionné la mort de 817 personnes.

JLI

Alerte info/Connectionivoirienne.net

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Publié par La Rédaction

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