Laurent Gbagbo veut « pleurer ses morts » avant de se « mettre à la disposition » du Front populaire ivoirien (FPI)

Edwige FIENDE

L’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, rentré jeudi en Côte d’Ivoire après dix années d’absence, a demandé à ses partisans « quelques jours pour pleurer (ses) morts » avant de se « mettre la disposition » de son parti le Front populaire ivoirien (FPI, opposition).

« Je demanderai au secrétaire général de me donner quelques jours pour pleurer mes morts, puis après je viendrai me mettre à la disposition du parti », a déclaré M. Gbagbo, face à ses partisans.

Il a évoqué le décès en 2014 et 2018 de sa mère et d’Aboudramane Sangaré, l’un de ses fidèles compagnons.

« Je suis arrivé ici avec les larmes aux yeux, car je n’étais pas là quand ma mère est décédée, je n’ai pas pu l’honorer. Sangaré a organisé les obsèques de ma mère, il n’a pas attendu que je vienne lui dire merci cela me fait beaucoup de peine », a dit l’ex-chef de l’Etat, ému.

Acquitté par la Cour pénale internationale (CPI) des accusations de crimes contre l’humanité, Laurent Gbagbo est rentré jeudi en Côte d’Ivoire.

Après l’aéroport, il a été accueilli au QG de campagne du FPI à Attoban, dans la commune de Cocody (Est Abidjan).

Il s’est dit « heureux de retrouver la côte et l’Afrique ».

« Toute l’Afrique m’a soutenu, aussi bien les peuples que la plupart des chefs d’Etats », s’est exprimé Laurent Gbagbo, qui a particulièrement remercié les « camerounais ».

Il a en outre « félicité les députés » issus du FPI, élus à l’issue des législatives du 6 mars.

« Nous avons un groupe parlementaire. Depuis que nous allons aux législatives sans être au pouvoir, c’est le plus grand nombre de députés que nous avons eu », s’est réjoui M. Gbagbo.

Alerte info/Connectionivoirienne.net


L’intégralité du premier discours de Laurent Gbagbo après son retour

Laurent Gbagbo a prononcé son premier discours, au quartier général du Front populaire ivoirien (FPI) à Attoba, quelques minutes après son retour en Côte d’Ivoire, ce jeudi 17 juin 2021. Afriksoir.net vous propose l’intégralité de cette intervention brève.

Je suis heureux de retrouver la Côte d’Ivoire et l’Afrique. On est de quelque part. Moi, je suis de la Côte d’Ivoire mais j’ai appris en prison que je suis de toute l’Afrique. Toute l’Afrique m’a soutenu. Tous les Africains m’ont aidé à tenir. Des chefs d’Etat m’ont aidé à tenir, les peuples m’ont aidé à tenir. Quand je suis arrivé de La Haye à Bruxelles, il y a des moments où on croyait que je suis Camerounais, tellement les Camerounais étaient mobilisés pour me soutenir. Je suis arrivé ici surtout avec les larmes aux yeux parce que je n’étais pas là, quand ma mère m’a quitté.

En 2011, quand on m’a arrêté, elle a fui aussi. Elle était en exil, au Ghana. Au bout de quelques années, quand elle a su que sa fin était proche, elle est rentrée en Côte d’Ivoire. Quelques années après son arrivée, en Côte d’Ivoire, elle est décédée. Je n’ai pas été là pour l’honorer une dernière fois, alors que c’est elle qui m’a fait. Sans elle, je ne serais pas aujourd’hui docteur en histoire. Je ne serais pas président de la République. Je n’ai pas pu l’honorer. J’ai demandé à un ami, un frère, Sangaré Aboudrahamane, à mon absence, d’organiser les obsèques de ma mère.

Il a organisé les obsèques de ma mère. Il s’est déplacé au pays Bété, à Blouzon où elle a été enterrée. Mon ami Sangaré n’a même pas attendu que je vienne lui dire merci. Avant mon acquittement, Sangaré est décédé. Donc, lui aussi m’a causé beaucoup de peine. Je suis venu, je demanderai au secrétaire général de me donner quelques jours pour pleurer mes morts. Je suis très heureux d’être avec vous. Je félicite les députés que je vois ici. Nous avons un Groupe parlementaire. Vous savez, j’étais là-bas et il y a des gens qui disaient que le Fpi n’a pas eu beaucoup de députés.

Il faut faire des comparaisons. Depuis que nous allons aux élections, sans être au pouvoir, c’est le plus grand nombre de députés que nous avons aujourd’hui. Messieurs les députés, chers camarades, je vous félicite, je vous remercie. Nous avons eu 100 députés, en 2000, mais j’étais président de la République. Ici, le peuple, pour les législatives, est légitimiste. Il vote pour le président de la République. Il élit les députés pour le président de la République. Le peuple est légitimiste en Côte d’Ivoire. Je vous remercie.

Vous avez mené une bonne bataille. Soyez-en remerciés. Monsieur le secrétaire général, voilà ce que je voulais dire pour aujourd’hui. A la prochaine fois, nous allons travailler. Vous allez me dire quand…Je suis votre soldat, je suis mobilisé. Merci.

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Publié par La Rédaction