Droit Maritime/Institut universitaire: Inquiets pour leur avenir, Serey Doh Célestin rassure les étudiants

Dans le cadre du lancement des activités de leur association, les étudiants en Droit maritime et Activités Portuaires de l’Institut Universitaire d’Abidjan (IUA) ont organisé une conférence sur le thème « l’importance du droit maritime dans l’économie ivoirienne ».

Dans le cadre du lancement des activités de leur association, les étudiants en Droit maritime et Activités Portuaires de l’Institut Universitaire d’Abidjan (IUA) ont organisé une conférence sur le thème « l’importance du droit maritime dans l’économie ivoirienne ». Le directeur de l’académie régionale des sciences et techniques de la Mer (ARSTM), Coulibaly Karim a, au nom du secrétaire d’Etat auprès du ministre des transports en charge des affaires maritimes, Dr Serey Doh Célestin, parrain de ladite cérémonie, rassuré les étudiants inquiets pour leur avenir dans ce secteur d’activité qui offre d’énormes potentialités économiques et débouchés (travail) mais peu connu du grand public. C’était le 30 juin 2021 à l’amphi 9 de la Riviera Bonoumin ; en présence du professeur Coulibaly Climanlo Jérôme, responsable de la filière et précurseur du droit maritime en Côte d’Ivoire.

Koffi Assène Junior Franklyn, étudiant en Master 2 de Droit maritime, président de l’association des étudiants de cette filière à l’IUA et ses camarades ont sollicité d’éminents professeurs à l’effet de les édifier sur l’importance de leur choix de carrière, mais également renforcer leurs connaissances et enfin rassurer ceux de leurs autres amis étudiants qui découvrent ou souhaitent embrasser la filière du Droit maritime.

Invité à exposer sur l’importance du Droit Maritime dans le développement économique et social de la Côte d’ivoire, il a cité feu Felix Houphouet Boigny pour qui le développement économique de la Côte d’ivoire passe par la Mer, avant de regretter la mise à mort de cette vision du premier président ivoirien par ses successeurs par un manque de volonté politique.

« Tout est parti des différentes conventions maritimes internationales avec pour socle, celle de 1974. Face à la loi des puissants armateurs dans le secteur de la navigation, il s’est avéré nécessaire de le réglementer afin qu’il soit profitable à tous les acteurs intervenant dans le domaine maritime. La Côte d’ivoire l’a ratifiée en 1977 et a signé plusieurs autres accords avec des pays européens et africains. Cela nous a permis d’avoir nos propres flottes. A savoir la Sitram qui avait 11 navires et Sivomar avec 3 navires.

Il y a eu des acquis. Le secteur a généré un chiffre d’affaires de 108,3 milliards de fcfa en 1991 et 116 milliards de fcfa en 1993. Il couvrait 20% du transport national et employait 13.800 personnes. Malheureusement le manque de volonté politique a fait baisser le nombre de navires et nos deux armateurs ( Sivomar et Sitram) ont été dissous en 1995, suite aux plans d’ajustement structurels imposés par les institutions de bretonWood. En définitive, nous avons des marins formés sans-emploi. Nous avons la capacité et le personnel. Il manque l’ouvrage. Il faut mettre les gens au travail » a fait savoir le colonel Bigot Mamadou, est administrateur maritime et enseignant.

Le deuxième paneliste, Me Nzi Jean Claude, avocat spécialiste en Droit Maritime et Transport s’est quant à lui appesanti sur l’apport du juriste dans le développement du secteur maritime.

S’agissant du champ d’intervention du juriste maritime, Me Nzi a regretté que les étudiants ne se spécialisent pas chacun dans l’une des 300 conventions internationales de droit maritime.

A savoir : la Convention internationale de 1974 pour la sauvegarde de la vie humaine en mer, telle que modifiée (SOLAS), la Convention internationale de 1973 pour la prévention de la pollution par les navires, telle que modifiée par les Protocoles de 1978 et de 1997 (MARPOL), la Convention internationale de 1978 sur les normes de formation des gens de mer, de délivrance des brevets et de veille, telle que modifiée (STCW), y compris les amendements de 1995 et les Amendements de Manille de 2010 ect pour ne citer que les plus importantes.

Enfin, pour lui, le juriste maritimes doit aider à assurer le règlement des litiges et apporter la sécurité dans la sphère maritime.


Intervenant sur les débouchés qu’offre le droit maritime, le troisième paneliste, Commandant ADOYI Akoun Joseph, a dressé une liste de sociétés et activités qui n’attendent que des experts du Droit maritime et Portuaire.

C’est le cas des armateurs, les plateformes portuaires, les consignataires, les manutentionnaires, les transitaires, les banques, le transport routier, les entreprises pétrolières, les entreprises d’export-import ect.

« 90% des échanges commerciaux mondiaux passent par la Mer. C’est un secteur productif en plein essor. Vous y avez votre place. Mais seuls les plus méritants seront les premiers servis», a-t-il rappelé.

En réaction à toutes les préoccupations des experts et des étudiants, le directeur général de l’académie régionale des sciences et techniques de la Mer, Karim Coulibaly, qui parlait au nom du secrétaire d’état aux affaires maritimes, Dr Serey Doh Célestin, parrain, a affirmé que la vision futuriste du président Félix Houphouet Boigny concernant le secteur maritime est de retour sous Alassane Ouattara, qui a dédié un département ministériel exclusivement aux affaires maritimes dans ses gouvernements successifs.

« Serey Doh Célestin , le nouveau secrétaire d’état auprès du ministre des transports en charge des affaires maritimes, votre parrain me charge de vous dire qu’il accorde personnellement une attention particulière à la carrière du droit maritime et portuaire, maillon indispensable dans le développement et la sécurité de l’économie bleue », a-t-il rassuré.

Il a rappelé les grandes réformes entamées par le secrétaire d’état dès son arrivée. Notamment, l’ouverture du registre international pour l’immatriculation des navires en Côte d’ivoire et du projet de création d’une compagnie nationale du transport maritime .

En effet, ces différents projets permettront au plan diplomatique à l’Etat de Côte d’Ivoire de remédier à l’absence du pavillon ivoirien sur les océans et être présent à nouveau sur les mers depuis la disparition des armements tels que la SITRAM et la SIVOMAR.

Au plan social, ils permettront d’embaucher des marins ivoiriens, d’offrir des stages embarqués aux élèves ivoiriens et de permettre la formation pratique des officiers des 2 ports ivoiriens, tout en produisant des recettes pour l’Etat de Côte d’Ivoire.

« Le nouveau code maritime adopté en 2017 apparaît également comme la réponse à ces préoccupations d’ordre juridique dans la mesure où, très pointilleux sur des questions de sécurité juridiques d’évoluer technologiques. Il contient des innovations importantes adaptées aux réalités du commerce international », a-t-il ajouté.

Commandant AYA Odette Kouakou, administrateur des Affaires maritimes et Portuaires, conseiller technique du ministre des transports a, au nom du ministère dit toute la disponibilité du ministre Amadou Koné à accompagner et à soutenir les filleuls de son secrétaire d’Etat, Serey Doh Célestin.

« Chers étudiants, la Côte d’Ivoire a besoin de vous. C’est pourquoi le ministère des Transports s’engage à vos côtés pour vous accompagner et vous soutenir dans vos activités et votre formation car le droit maritime est un métier d’avenir, gage d’une économie ivoirienne durable », a-t-elle conclu.

Fondé en 2004, l’IUA s’est bien illustré en se hissant à la tête des meilleures universités privées du pays. L’Institut dispose de deux facultés organisées en déplacement.

Ainsi, la faculté des Sciences économiques et sociales et la faculté des sciences juridiques et politiques qui comprend les départements de Droit, de Sciences politique et de Communication.

Du département de Droit est née la filière du Droit maritime pour laquelle il y a déjà eu trois promotions pour une centaine d’étudiants.

Enfin le droit maritime est au sens large, l’ensemble des règles juridiques relatives à la navigation en mer, aux abords des côtes et dans les ports ; Ainsi que celles qui établissent un fonctionnement de base et règle les litiges à bord du navire.

Sercom Affaires Maritimes

Philippe Kouhon

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Publié par La Rédaction

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