« Soro doit rentrer en Côte-d’Ivoire », selon Alain Lobognon

Dans une longue contribution de 21 pages dont nous avons reçu copie, l’ancien ministre Alain Lobognon a donné sa vision de la réconciliation entre les anciens rebelles et leurs anciens alliés du rdr/rhdp. Mais, sortant du seul cadre des composantes de l’ex rébellion, Alain Lobognon s’est aussi adressé à toute la classe politique ivoirienne dans toutes ses composantes générationnelles.

L’ex-député, retiré dans sa ville natale de Fesco depuis sa sortie de prison, estime toujours que l’ancien Premier ministre Soro Guillaume, exilé dans un endroit aujourd’hui inconnu du grand public, « doit rentrer en Côte d’Ivoire, parce qu’il fait partie des acteurs politiques qui comptent ».

Des proches de Soro avaient récemment rejeté toute médiation de monsieur Lobognon entre eux le pouvoir en place. Certains n’hésitent pas à l’accuser de trahison.

Sylvie Kouamé

Monsieur le Sénateur,
Madame la Sénatrice,
Messieurs les chefs de Villages,
Messieurs les chefs de Quartiers,
Messieurs les chefs de Communautés,
Chers parents,
Chers Amis jeunes,
Je suis de retour à Fresco; notre belle ville de Fresco.
Fresco qui est restée au cœur de l’actualité de notre chère
Côte d’Ivoire, ne disparaîtra jamais. Parce que c’est de
cette belle ville du littoral que notre pays tient son nom
de Côte d’Ivoire. C’est ici, en effet, que les premiers
explorateurs Européens ont découvert de l’ivoire en
abondance. Alors, chers parents, continuons d’aimer
notre beau pays, malgré les souffrances. Ces derniers
mois, vous avez beaucoup souffert. Je sais que Fresco
a énormément souffert de mon emprisonnement et de
l’exil de son fils Jean-Paul.
Mais, aujourd’hui est un jour de réjouissances. Les jours
des pleurs sont désormais passés. Laissez donc éclater
sur 1 21
vos joies. Soyez désormais heureux. Je prends ici,
l’engagement de ne plus vous faire pleurer; vous mes
parents qui n’avez pas cessé de m’aimer et de
m’apporter votre soutien, malgré tous les problèmes que
je vous crée, à cause de mes choix politiques.
*En 1994, j’avais choisi de militer au RDR au moment
où disaient certains, « le bonheur est au PDCI ».
*En 2002, je me suis retrouvé à Bouaké aux côtés de
Guillaume Soro. Des voix se sont élevées pour
dénoncer un choix risqué. Ma famille biologique a
même perdu un enfant, avec l’assassinat dans la zone
de confiance de mon cousin.
*Quand en 2011, le Pouvoir est enfin revenu au
Président Alassane Ouattara, que j’ai soutenu, dès mon
entrée en politique, des voix se sont élevées ici à
Fresco pour me reprocher de ne pas exiger à mes
parents d’adhérer au RDR, aujourd’hui RHDP.
*En 2015, après le brillant succès des Éléphants à la
Coupe d’Afrique de football, j’ai été évincé du
Gouvernement. Et malgré les calomnies, mensonges et
méchancetés, vous m’avez célébré avec faste… en
attendant qu’un jour, la vérité soit connue.

*Arrêté en janvier 2019, j’ai été emprisonné et
condamné pour un tweet. À ma libération, vous ne
m’avez pas rejeté. Vous m’avez ouvert vos bras.
Du 23 décembre 2019 au 23 juin 2021, j’étais en prison
pour mon engagement aux côtés du Président Soro
Kigbafori Guillaume. J’y ai passé 18 mois bien comptés.
J’ai été condamné à 17 mois. L’Etat de Côte d’Ivoire me
doit donc un mois. Je suis sorti. Je suis libre.
Jean-Paul était en exil. Il est revenu.
Damana Adia Pickass était en exil. Il est rentré dans son
pays et sera bientôt ici à Fresco.
Mesdames et Messieurs,
Voilà aujourd’hui 16 jours que je suis sorti libre de la
prison et que j’ai retrouvé mon Épouse, ma Mère et
mes Filles.
Chers parents,
Je n’aurais pas survécu à l’emprisonnement, le 2ème au
cours de l’année 2019, sans les soutiens et les prières
venus de toute la Côte d’Ivoire; et au delà des frontières
de notre pays.
Je remercie tous ceux qui ont pris et assumé des
positions courageuses en faveur de toutes les personnes
arrêtées le 23 décembre 2019.
Je pense ici au Cardinal Jean-Pierre Kutwa et à tous les
religieux qui ont prié pour nous. Je pense aux défenseurs
des Droits de l’Homme avec à leur tête Amnesty
International et le doyen Alioune Tine.
Je pense à ces femmes qui ont été arrêtées en Août 2020.
À tous, je dis infiniment Merci!
J’adresse une mention spéciale à tous les avocats, ceux
qui nous ont défendus et soutenus au cours de cette dure
épreuve. Je leur demande de ne pas désespérer de la
Justice de notre pays. Car, je crois au changement
qualitatif de cette Justice.

Mesdames et Messieurs,
Je sais que de nombreuses personnes attendent ma
réaction depuis que mon jeune frère Jean-Paul
Beugréfoh a annoncé ma disposition à œuvrer pour
mettre fin aux différends qui séparent deux Fils de Côte
d’Ivoire, que rien n’aurait dû diviser. Tout à l’heure, je
reviendrai sur ce chapitre.
Mais avant, permettez-moi de vous saluer, vous ici
présents, pour les prières, les soutiens et pour la
mobilisation. Vous vous êtes mobilisés, lorsque depuis la
prison, vous avez soutenu ma candidature lors de
l’élection législative du 6 mars 2021.
J’ai apprécié ce que vous avez fait pour moi et surtout
pour mon épouse, sans laquelle je ne serais pas
aujourd’hui devant vous. Plus qu’une Épouse aimante,
elle m’a prouvé que j’étais effectivement sa moitié. Moi,
je dis qu’elle est mon oxygène. Elle est ma béquille. Elle
m’a soutenu et jamais je ne poserai d’acte pouvant la
blesser.
Chers parents,

Associez-vous à moi pour dire un grand MERCI à
celle que mes parents paternels ont baptisée GNIGBÉ
JOSEPHINE. Merci à Amira! Merci mon COEUR.
Chers parents,
Il y a des personnes dont le soutien ne m’a également
pas fait défaut durant mes longs mois d’emprisonnement.
Je voudrais ici les saluer et leur dire MERCI.
Merci à mes Parents, aux Femmes, aux Mamans, aux
Grands-mères et aux Jeunes de Fresco.
Merci à tous les cadres et à toutes les bonnes volontés,
les volontaires ceux qui ont permis l’organisation de cet
accueil; MERCI notamment à mon Aîné, le Ministre
Sama Damana César qui m’a fait l’honneur d’une visite
à mon domicile à Abidjan. Je ne citerai pas tout le
monde.
À présent, je tiens à rendre un hommage appuyé au
Président Henri Konan-Bédié et à tous ceux qui m’ont
soutenu lors de l’élection législative du 6 mars dernier.
Je ne les citerai pas tous; mais je me rendrai chez eux à
domicile pour leur manifester ma reconnaissance.

J’ai également une adresse particulière et spéciale à
l’endroit de certaines personnes.

Au Président Guillaume Soro: mon Frère et Ami que
mon cheminement politique m’a donné. Guillaume Soro
est un Frère. Je lui dis ici MERCI et je lui demande de
tenir. Car, si Dieu ne change pas les plans des humains
que nous sommes, il rentrera bientôt dans son pays.
Au Professeur Koné Samba : mon autre frère et Ami
que l’enfance à Bouaké m’a donné. Docteur Koné
Samba est aujourd’hui un Professeur de Médecine. Il
était présent aux côtés de mon Épouse au cours des
déplacements dans les différentes prisons d’Abidjan, de
Grand-Bassam, et d’Agboville où il a veillé sur ma santé
malgré les consignes de ne laisser aucun médecin
m’approcher, comme ce fut le cas à Agboville. MERCI
Professeur! Je te souhaite de réussir dans ta mission de
sauver des vies.
Aux membres de la Famille. J’ai nommé le Sénateur du
Gboklè, Jean-Baptiste Pany, qui n’a jamais manqué de
veiller sur mes filles et Amira. Sa présence ne m’a
jamais fait défaut à Grand-Bassam et à la Maca. MERCI

cher Frère. Merci pour ta présence rassurante au niveau
de toute la région et pour ta voix au sein du Parlement,
rappelant souvent aux collègues parlementaires que
j’étais prisonnier quelque part.
J’ai également nommé mon Oncle Charles Diplo et ma
Tante Georgette Abékan. Tous deux n’ont jamais
abandonné mon épouse Amira. Leur présence et celles
de nombreuses connaissances au procès m’ont donné de
la force.
À Ange Damana. Mon Frère, mon Oncle, mon Cousin.
L’ange gardien pour ma femme et mes enfants.
Avec lui, mon Épouse et mes Filles n’ont connu ni
l’insécurité, ni la disette. Merci Ange! Merci le Sénoufo
– Godié.
À mon jeune Frère, Jean-Paul Beugréfoh. Mon porteparole. Jean-Paul a connu l’exil du 31 octobre 2019 au
25 juin 2021. Il s’est exilé pour fuir les menaces
physiques et certainement un emprisonnement arbitraire
que lui avaient réservé ceux qui, à Fresco, ne font aucune
différence entre la politique et la famille.
Jean-Paul est un Homme très courageux qui apprend
vite. Ses observations et son soutien n’ont pas manqué à
Amira quand elle avait besoin de parler. MERCI JP!
Garde ta posture et surtout pardonne à tous ceux qui ont
voulu te voir derrière les barreaux.
À Nana Koffi : mon suppléant. Nana Koffi est celui
qui m’a choisi pour aller à cette élection. Il s’est battu
avec l’équipe – campagne aux côtés de mon Épouse. J’ai
vu comment Nana Koffi s’est comporté. Merci à toi mon
Frère Nana Koffi. Avec lui, je veux également dire Merci
à Dago Léandre, à Lobognon Grah Désiré, à Kragbé
William, à N’Guessan Evrard et à tous ceux qui se sont
mobilisés pour cette campagne fantastique et
inoubliable.

Chers parents,
La prison n’est à conseiller à personne. Il ne faut la
souhaiter, même à votre pire ennemi; surtout quand celui
que vous considérez comme un ennemi est un homme
politique.

Depuis février 1949, les prisons en Côte d’Ivoire n’ont
cessé de recevoir des Hommes politiques. L’Histoire
nous enseigne que de célèbres compagnons du Président Félix Houphouët-Boigny ont été arrêtés, emprisonnés et condamnés à de lourdes peines en 1963 et en 1964. Ces
peines allaient de 15 ans à la peine de mort, en passant
par 20 ans de prison à la prison à perpétuité.

À leur sortie de prison, sans l’autorisation de la Justice
de notre pays, ils ont repris leurs places dans le train de
la construction de la Côte d’Ivoire.

Je pense ici à tous ces Hommes d’Etat; je pense à leurs
enfants, à leurs petits-enfants, à leurs familles. Je les
salue et je leur dis que j’ai mesuré, dans les différentes
cellules qui m’ont accueilli, les souffrances qu’ils ont
tous vécu, sachant que des pères de familles, des époux,
des frères, des amis proches avaient perdu tout honneur
en l’espace d’une arrestation, d’un procès et d’une
condamnation.
Je pense à Amadou Koné, Lamine Diabaté, JeanBaptiste Mockey, Charles Donwahi, Kacou Aoulou,
Jean Konan Banny, Ladji Sidibé, Seydou Diarra,
Samba Diarra et à tous leurs amis.

Je n’ai pas été condamné à mort, ni à perpétuité, encore
moins à 20 ans de prison comme ces compagnons du
Président Félix Houphouët-Boigny. Mais j’ai été libéré
avec d’autres après 18 mois de prison, laissant en prison
des amis, des jeunes gens, tous des pères de familles
condamnés à 20 ans de prison.


Je pense à Koné Kamaraté Souleymane, aux
commandants Kassé Kouamé Jean-Baptiste et Koné
Ardiouma. Je pense aux Sergents-chefs Traoré Lamine,
Silué Emmanuel, Souleymane Bamba, Dosso Seydou,
Adama Kamagaté, Kouakou Fofana. Je demande à leurs
parents, à leurs épouses et leurs enfants de continuer de
prier pour leur libération. Quant à moi, je ne renoncerai à
aucun sacrifice pour obtenir leur libération.
D’autres coaccusés, absents lors du long procès du 19
mai au 23 juin 2021, ont également été condamnés à 20
ans de prison, quand mon Frère et Ami Guillaume Soro,
déjà condamné à 20 ans de prison en 2020, a été
condamné par la Justice de notre pays à la prison à
perpétuité. C’est la Justice ivoirienne qui les a
condamnés.

C’est la même Justice de Côte d’Ivoire qui condamna en1963 et en 1964, Amadou Koné, Lamine Diabaté, JeanBaptiste Mockey, Charles Donwahi, Kacou Aoulou, Jean
Konan Banny, Ladji Sidibé, Seydou Diarra, Samba
Diarra et tous leurs amis.

Alors qu’ils purgeaient leurs peines en prison, le
Président Félix Houphouët-Boigny les fit libérer en 1966
et en 1967, avant de les recevoir le 9 mai 1971, prenant
soin de leur expliquer qu’il n’y avait jamais eu de
complot visant à l’assassiner. Il leur présenta un
PARDON. Et la vie continua dans le pays.
*Jean-Baptiste Mockey, condamné à mort par la Justice
de notre pays, fut nommé Ministre d’Etat, Ministre de
la Santé en Côte d’Ivoire.
*Jean Konan Banny, condamné à mort par la Justice de
notre pays, fut nommé Ministre de la Défense en Côte
d’Ivoire.
*Lamine Diabaté, condamné à mort par la Justice de
notre pays, fut nommé Ministre d’Etat en Côte
d’Ivoire.

Parce qu’en politique tout est possible, ils sont tous
revenus de l’enfer, et ont été réhabilités par le Chef de
l’Etat, le Président de la République. Il n’est pas
nécessaire de rappeler que dans nos sociétés, le dernier
mot, après une décision de Justice, revient toujours au
Chef de l’Etat. Notre Constitution le mentionne très bien.
Nous n’avons pas changé de pays. Nous sommes
toujours en Côte d’Ivoire, le pays de nos grands parents et de nos parents. Nous sommes en Côte
d’Ivoire, notre pays. Cette Côte d’Ivoire qui sera
demain la Nation de nos enfants, petits-enfants et
arrière-petits-enfants. Il nous faut donc agir
aujourd’hui dans l’intérêt de tous ceux qui n’ont pas
choisi d’être des Ivoiriens, mais qui sont des
Ivoiriens.
Chers parents, Chers Amis,
Je vais m’adresser aux Ivoiriens qui aiment leur pays.
Mais avant, je voudrais demander au trio d’âge de la
politique ivoirienne; ceux qui ont eu l’immense honneur
de se faire élire Présidents de la République de notre
pays, de se souvenir que rien de durable ne peut être
construit sans un minimum de stabilité et de paix dans le
respect des différences qui font les Hommes politiques.
C’est pourquoi, j’appelle les Présidents Alassane
Ouattara, Laurent Gbagbo et Henri Konan-Bédié à
donner leurs chances aux plus jeunes de prouver au
Monde entier qu’en Côte d’Ivoire, l’alternance politique
et démocratique est possible. Ils doivent faciliter
l’émergence du 2ème Sursaut national après le 1er dont
le Père, le Président Laurent Dona-Fologo, s’est
définitivement retiré de la scène national, en nous
quittant le 5 février 2021.
Au Président Alassane Ouattara, je voudrais lancer
un autre appel. Je lui demande de porter le manteau
du Pardon comme l’a fait le Président Félix
Houphouët-Boigny, après sa rencontre du 9 mai 1971
à Yamoussoukro, avec les accusés et les condamnés
des procès de 1963 et 1964.
Il aura alors le mérite de celui qui aura rassemblé
tous les enfants d’un pays, qui a plus que jamais
besoin, désormais, de tous ses bras valides pour
gagner et relever tous les paris et tous les défis.
Pour ce faire, il doit prendre et porter l’initiative
d’une rencontre avec ses prédécesseurs. La Côte

d’Ivoire, les Ivoiriens et les investisseurs en ont
énormément besoin.
Certains me diront, à cet instant précis de mon
allocution, ce qu’il en est de mon Frère et Ami, le
Président Guillaume Soro, qui avait participé à toutes les
réunions du Cadre permanent de concertation (CPC), aux
côtés des Présidents Alassane Ouattara, Laurent Gbagbo
et Henri Konan Bédié.
Le Président Guillaume Soro doit rentrer en Côte
d’Ivoire, après plus de deux ans, loin de son pays. Il
doit rentrer dans son pays, parce qu’il fait partie des
acteurs politiques qui comptent.

Mesdames et Messieurs,
Chers Parents,
En prison, dans mes moments de réflexion, je me suis
souvenu d’un discours du Président Guillaume Soro
faisant l’apologie du dialogue vrai.

C’est pourquoi, à ceux qui privilégient les injures au
détriment de l’argumentation solide, je voudrais,
rappeler ici, ces propos prononcés à l’occasion de
l’ouverture de la session ordinaire de l’Assemblée
nationale, le 3 avril 2018. Et je cite : « (…) parlonsnous donc franchement. L’effervescence et les
surenchères verbales qui animent actuellement notre
scène politique, ne sont pas à la hauteur des attentes
de nos concitoyens. Loin de moi l’idée, du haut de
cette tribune, de me lancer dans un débat partisan et
d’ajouter ma voix à ce chapelet de petites phrases,
mais il me semble que nous devons tous être
interpellés quand la tranquillité du pays peut s’en
trouver affectée. (…) Quand les débats tournent à la
crispation, voire à l’hostilité, cela réveille de vieilles
peurs enfouies. C’est pourquoi, et c’est mon avis
personnel, il convient de laisser la place au dialogue.
Le dialogue, rien que le dialogue. Le dialogue, pour
ma part, dans cette circonstance, doit demeurer le
maître-mot. (…) Car la division, assurément, fera
notre faiblesse. Laissons donc le temps aplanir les
différends. »fin de citation.

J’ai pensé en ce qui me concerne que ce temps était
arrivé, quand quarante huit heures après ma sortie de
prison, j’ai pris l’option de privilégier la voie du
dialogue direct en m’engageant à faire baisser les
tensions et à mettre fin aux désaccords entre le Président
Alassane Ouattara et mon Frère et Ami Guillaume Soro,
ancien Président de l’Assemblée nationale de Côte
d’Ivoire.

J’ai aujourd’hui l’intime conviction que très bientôt,
deux Hommes, Fils du même pays, vont mettre fin aux
querelles nées d’une mauvaise communication, voire une
absence de communication. Il s’agira d’amener les deux
Personnalités à se reparler comme ils le firent jadis,
avant leurs désaccords.

Renouer le fil du dialogue est possible. C’est le contraire
qui devrait inquiéter ceux qui ont des doutes. Je prends
en compte ces autres propos du Président Guillaume
Soro, qui le 1er janvier 2007, déclarait et je cite : « Nul
n’a le droit de refuser le dialogue et la concertation, si
l’objectif poursuivi est la recherche de la paix. (…)
Nous sommes condamnés à vivre ensemble. Notre
détermination à œuvrer pour le retour de la paix chez
nous, doit enfin nous obliger à résoudre ensemble nos
problèmes dans la vérit é, la j ust ice et la
reconnaissance des droits et devoirs de chacun. » fin
de citation.

Il me plait également d’inviter tous les partisans de la
Paix à prendre le train de la réconciliation, ce train si
cher au Cardinal Jean-Pierre Kutwa. Car, cette crise n’a
que trop duré. Elle a déjà fait assez de victimes. Elle doit
prendre fin et céder la place à des opportunités de bienêtre et de progrès en faveur du Peuple qui peine convenablement à se nourrir, à se soigner, à se loger, à se déplacer et à inscrire ses enfants dans des écoles pour
une éducation de qualité.

Mesdames et Messieurs, Chers Parents,

Mon engagement en faveur de la Réconciliation ne date
pas de mon séjour en prison. En effet, c’est le 9 juin
2017 que j’avais lancé un appel pour le Pardon et la
Réconciliation, qui à l’époque avait été très mal perçu
par certains ennemis de la Paix en Côte d’Ivoire.

Aujourd’hui, je salue encore la décision du Président de
la République qui, en août 2018, a permis de sortir de
prison l’ex Première Dame, Simone Gbagbo et de
nombreux hauts cadres et militants du FPI, arrêtés à la
suite de la crise post électorale de 2010. C’était l’une de
mes nombreuses requêtes publiques.

Récemment en fin d’année 2020, des leaders politiques
ont encore bénéficié d’arrangements judiciaires et
politiques, fruit du dialogue politique. Je tiens encore à
saluer le courage et la volonté politique qui ont permis
aux Présidents Alassane Ouattara et Henri Konan-Bédié,
de s’asseoir autour d’une table pour discuter et faire
tomber la tension en novembre 2020. Cette même
volonté a permis d’organiser le retour tant attendu du
Président Laurent Gbagbo sans que le ciel ne tombe sur
notre pays.

Malheureusement, de nombreux compatriotes, civils et
militaires sont toujours détenus, certains depuis plus de
10 ans; et d’autres à la faveur de la dernière crise liée
aux violences de la désobéissance civile en 2020. On y
compte des militants et responsables du PDCI-RDA et
du FPI, et également de nombreux étudiants. Je voudrais
ici plaider en demandant au Président de la République
d’utiliser ses pouvoirs constitutionnels afin de permettre
à Paulin Aguédé – Roch Dago – N’Dri Narcisse et à tous
les autres en prison, de recouvrer la joie de la liberté.

Mesdames et Messieurs, Chers Parents,
Si des individus dénoncent une future Paix de braves
entre le Président de la République et l’ancien Président
de l’Assemblée, c’est parce que, pour eux, cette initiative
va mettre fin aux avantages financiers que leur procurent
les crises en Côte d’Ivoire. Ce qui a toujours compté
pour moi, ce sont les intérêts de mon pays. J’aime mon
pays.

À présent, j’ai besoin de votre accord et de vos
bénédictions pour ma mission. Alors je vous pose cette
question : « Dois-je renoncer à mon engagement
visant à mettre fin aux désaccords entre le Président
de la République et mon Frère et Ami Guillaume
Soro?»
Votre Non massif ici, ce 9 juillet 2021, est pour moi, un
soutien à poursuivre et des bénédictions pour ne pas
abandonner.

Ce Non est également, pour moi, l’accord que me
donnent les Ivoiriens de toutes les régions de Côte
d’Ivoire qui ont les oreilles tendues ici à Fresco.
Malgré les injures, calomnies, méchancetés et autres
grossièretés déversées sur les réseaux sociaux, j’irai
jusqu’au bout.

Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire!
Je vous remercie.

Commentaires facebook

Publié par La Rédaction

1 commentaire sur “« Soro doit rentrer en Côte-d’Ivoire », selon Alain Lobognon

Laisser un commentaire