Le Président Gbagbo et les Evangéliques

Abidjan le 07 Juillet 2021
Par Douglas Mountain

Lorsque le président Gbagbo a contracté son « mariage traditionnel » avec Nadiana Bamba en 2001, la position des Évêques a été claire, ils ont totalement désapprouvé la démarche. L’homme s’est alors progressivement tourné vers les leaders évangéliques. Durant son règne à la tête du pays, il avait toute une armée de pasteurs autour de lui. Le plus en vue était une ancienne gloire du basket ivoirien. Se trouvait aussi dans le groupe, un pasteur rwandais ne parlant ni français ni anglais, profondément écouté du Président.

Dans les Évangiles, la question du divorce est claire : sauf pour cas d’adultère, un homme ne doit en aucune façon répudier sa femme pour en prendre une autre. Cela signifie que ne plus avoir d’amour dans son cœur pour sa femme, ou ne plus s’entendre avec elle, ne sont pas des conditions suffisantes pour divorcer. Que la femme soit caractérielle, quelle n’ait plus sa « fraîcheur de jeunesse « , quel que soient ses défauts, seul l’adultère de sa part peut entraîner le divorce. De même avoir « deux femmes » n’est absolument pas conforme aux Évangiles. Il n’y a aucune trace de polygamie dans les Évangiles. DIEU n’est pas dans cette démarche.

Les pasteurs autour du président Gbagbo le lui ont-ils fait savoir sans ambiguïté, ou ont-ils minimisé la chose ? Se sont-ils laissés intimidés ? Ont-ils posé le regard ailleurs ? Ont-ils servi au président Gbagbo le discours qu’il voulait entendre ? On est en droit de se poser ces questions.

Une chose reste claire, ils ont échoué à le « faire revenir » sur ce mariage qu’il avait contracté avec sa maîtresse. Pourquoi ? Parce que dans le fond, ils priaient plus pour le maintien du régime, que pour l’homme lui-même. Le fait qu’ils n’aient pas vu venir la chute, le fait qu’ils aient continué à prédire la « victoire » tout au long de la crise alors que la fin du régime se rapprochait, montre bien que DIEU ne leur parlait plus. C’était leur vision des événements qu’ils communiquaient au président, pas la vision du Seigneur, car DIEU confirme toujours la parole de Ses serviteurs.

Que se serait-il passé pour le roi David, si le prophète Nathan ne lui avait pas transmis sans ambiguïté la Parole du Seigneur lorsqu’il a pris en cachette la femme d’Urie, après s’être arrangé pour que cet homme meure au combat ? Devant le grand roi David, le prophète Nathan a été clair et direct. Il a mis le doigt sur le péché de l’homme. C’est ce qui a amené le roi à se repentir. Ainsi DIEU n’a pas totalement frappé son régime. David a pu retrouver son trône après une guerre d’où il est sorti victorieux.

S’il avait persisté dans ses voies en gardant cette femme auprès de lui sans se repentir, ou si le prophète Nathan s’était laissé intimider et n’avait pas transmis le message du Seigneur dans toute sa rigueur pour montrer au roi qu’il avait franchi une ligne rouge comme on le dit aujourd’hui, alors David ne se serait peut-être pas vraiment repenti, et sa chute aurait ainsi été définitive, sans appel et humiliante.


Les pasteurs autour du président Gbagbo ne lui ont pas clairement fait savoir qu’il s’éloignait de DIEU par son « second mariage ». Ainsi l’homme a persisté dans ses voies. DIEU a conservé sa vie, mais frappé son régime qui s’est totalement écroulé, car DIEU ne bénit jamais quelqu’un qui est dans le péché, qu’il soit président ou roi. DIEU fait sortir l’homme du péché avant de le bénir. Cette vérité simple n’a pas été pleinement enseignée au président Gbagbo par les pasteurs qui l’encadraient.

Ils ont minimisé la faute que le président avait commise en contractant ce « mariage traditionnel » alors qu’il était déjà marié. Et la chute du régime en 2011 a été aussi la leur. Ils n’ont pu fournir aucune explication à cet événement, ils se sont tous plantés. En fait, ils se sont plutôt fortement enrichis. Souvent le président Gbagbo disait implicitement d’eux, et de façon publique, « qu’ils n’avaient d’yeux que pour l’argent ».

Est-ce à dire que DIEU ne parle pas dans les Églises évangéliques ? Bien sûr que non. Nous avons aujourd’hui le feu et la Parole dans les communautés évangéliques, beaucoup de miracles sont opérés. Mais leur caractère libéral, le fait que tout un chacun peut fonder une Église et être son propre patron, sans aucune hiérarchie au-dessus de lui, sans aucune balise, est source de dérives. Beaucoup de pasteurs aujourd’hui n’ont d’yeux que pour les offrandes, au détriment de tous les autres aspects de la vie chrétienne. Malgré cela, le réveil aujourd’hui vient bel et bien des Églises évangéliques.

En répudiant publiquement sa femme, celle qui a été de tous ses combats, en privilégiant son confort personnel au détriment de tout le reste, l’homme commet à nouveau une grave injustice, et ne met pas DIEU de son côté car DIEU n’est pas dans l’injustice.

Le président Gbagbo vit une situation ouverte d’adultère. Il n’est pas éligible à la Bénédiction, il ne pourra pas prospérer dans ses voies, il risque à nouveau de se briser les os, et cela définitivement cette fois. Celui qui demeure dans son péché s’exclut lui-même de la Bénédiction de DIEU.

Depuis son retour, dans les discours qu’il prononce ici et là, l’homme n’ a pas une seule fois publiquement rendu Grâce à DIEU de l’avoir ramené au pays. Ce n’est pas bon signe, cela montre qu’il  » n’est plus dans affaire de Dieu là  » pour parler comme les Ivoiriens.

Tous ceux et celles qui l’aiment, doivent prier pour lui afin que son cœur soit libéré des puissances d’envoûtement qui le tiennent captif, et prenne le chemin de la fidélité. Ce ne sera pas facile, mais il n’ y a pas une autre voie de salut pour lui. DIEU est dans la fidélité.

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Publié par La Rédaction

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