Baccalauréat 2021: 29,24% de réussite – Mariatou ramène le taux à des proportions raisonnables

Plus de pleurs que de joie cette année même si, comme à l’accoutumée, seuls les les admis sont bruyants dans les rues des villes. Comme on le dit en Côte d’ivoire, le Bac n’a pas beaucoup marché en 2021.

Les résultats sont tombés en milieu d’après-midi ce mardi 26 juillet, deux semaines après la fin des compositions.

De 40 % à la session 2020, les admis n’ont pu franchir la barre des 30 % en 2021.

« Là où Kandia voulait de la quantité, Mariatou a préféré la qualité », commente un enseignant.

Autre caractéristique, le Bac 2021, selon les premières statistiques à été plus favorables aux garçons qu’aux filles. Ils étaient plus de 320 mille à se présenter dans les centres d’examen le 29 juin dernier, ils seront finalement près de 95 mille à frapper les portes des universités et grands écoles.


Dans l’opinion ivoirienne ils sont peu à être mécontents du taux de réussite. Pour beaucoup il faut encore tamiser plus et que seuls les méritants passent. Ces dernières années, le niveau de l’éducation était décrié surtout sous le long magistère de Kandia Camara. Dix ans durant, l’actuelle ministre des affaires étrangères aura accumulé contre elles toutes les critiques sur la mauvaise performance de l’école ivoirienne qui s’est même vue attribué des rangs déshonorants dans des classements internationaux.

L’école, c’est pourtant l’âme d’un pays. La nouvelle ministre Mariatou Koné nommée avril dernier hérite alors d’un chantier vaste. Elle a commencé à imprimer sa marque en commençant par l’assainissement des examens scolaires. Sa philosophie est connue. Elle n’a que faire du nombre avec des résultats qui ne reflètent pas le niveau scolaire général. Depuis lors des initiatives sont prises dont la dernière en date est le lancement des états généraux de l’école censés apporter une dynamique nouvelle à notre politique éducative.

SD à Abidjan
sdebailly@yahoo.fr

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Publié par La Rédaction

1 commentaire sur “Baccalauréat 2021: 29,24% de réussite – Mariatou ramène le taux à des proportions raisonnables

  1. ==== AU-DELA DES TAUX, LES PROBLÈMES DEMEURENT ! =======

    Kandia Kamissoko Camara a bon dos ! Je préfère en rire que pleurer.

    J’ai examiné les résultats globaux des DIX (10) dernières années. Jusqu’en 2014, on était sous la barre des 40% seuil de référence de ceux qui n’ont en mire qu’une comparaison avec 2020.

    Au-delà des taux, gonflés ou amaigris, il faut appréhender dans toute sa complexité, la politique de l’éducation couplée à celle de l’intégration dans le tissu économique, de nos chers apprenants.

    Le mythe du Diplôme peut être perçu sous certains rapports comme un levier bloquant la vie de beaucoup de nos jeunes.

    Avec la massification de l’accès à l’école, la question des infrastructures a été un handicap majeur que Kandia s’est evertué à vaincre. Un combat titanesque !

    ======= LE CAS DE FERKE ====

    La moyenne d’élèves par classe est de 98. La classe la plus peuplée est une classe de terminale avec un effectif de 117 élèves. De la 5ème à la seconde, les effectifs sont de 100 élèves voire plus.

    Le nombre de classes pédagogiques est estimé à 78, mais les classes physiques sont de 58 classes. Pour résorber ce gros souci de suivi de cette masse d’élèves, les responsables de l’établissement sont obligés de faire la double vacation de la 6ème à la seconde. Par tous les moyens, il faut créer des salles de classes. Le bâtiment qui fait office de cantine a été scindé en deux, pour faire de l’autre moitié une salle de classe. Les bâtiments construits depuis que le lycée était Collège d’enseignement général (CEG) dans les années 70-80 et Lycée sont les mêmes à ce jour, les quelques bâtiments qui se sont ajoutés remontent aux années 90…

    Autre problème que vit le Lycée Moderne de Ferké, le manque criard d’enseignants. Ce qui obligent les responsables à faire appel à des enseignants vacataires. Avec un effectif d’enseignants estimé à 117, chaque enseignant se retrouve avec 26 h de cours par semaine. Un surpoids de travail inestimable.

    Avec de tels effectifs, combien d’évaluations peut bien faire un enseignant ?

    Source : Jean PRISCA – Sos pour le Lycée moderne de Ferké : L’effectif moyen par classe est de 98 élèves (Le Nouveau Réveil)

    =========== SELECTION MALTHUSIENNE OU FILTRAGE SOUPLE =======

    Avec de tels effectifs et un examen de Baccalauréat très relevé par rapport à la formation reçue dans les conditions décrites plus haut, on n’aura que les résultats enregistrés

    Encore qu’il faut passer en revue ces résultats district par district. L’hécatombe peut être ailleurs. Par forcément à FERKE où « le taux de réussite provisoire est de 38% . La série A avoisine 40%, quand les séries D et C sont autour de 33%. »

    Que fait on du surplus d’élèves en Terminale dans un établissement déjà en souffrance de locaux et d’enseignants ?

    Une classe avec 80 élèves dont 30 réussissent le Bac se retrouvent avec 50 redoublants. Si 10 abandonnent le chemin de l’école il resterait 40 auxquels il faut ajouter les 60 admis de Première… donc un effectif de 100 élèves à gérer pour l’année scolaire 2021-2022.

    Ce sont des chiffres globaux. Ce qu’il faut retenir c’est qu’en limitant les candidatures aux examens professionnels aux seuls détenteurs du Bac et niveaux plus élevés on exclut de TOUT le système professionnel étatique. Ceci n’est qu’un des multiples effets pervers voire ségrégationnistes du mythe du Diplôme que nous avons hérité du système colonial !

    Cela n’enlève rien au mérite de ceux qui ont réussi à cet examen. Bien au contraire.

    La problématique de cette sélection malthusienne en classe de Terminale par les fourches caudines du Bac et non plus tôt est le volume élevé de déchets scolaires.

    Comment absorber ces fruits secs de l’école ? Quels mécanismes d’intégration professionnelle prenant en compte les laissés pour compte du Bac sera mis en place ?

    Les questions de fond ne manquent pas dans un système où malgré votre performance reconnue si vous n’avez pas ce petit papier dans votre dossier, vous recevrez un salaire dérisoire par rapport au voisin moins entreprenant et qu’il s’implique peu dans le travail quotidien !

    La question interpelle depuis des décennies tous les États. Contourner la barrière nationale et accéder à ce sésame est un combat.
    C’est par milliers que les élèves Camerounais empruntaient au temps de feu Ahidjo le train pour l’extrême nord où le Bac tchadien était plus accessible. Quand ce n’est pas la ruée dans les camions de bœufs pour la Centrafrique d’où ils revenaient avec un baccalauréat au nom évocateur : « BAC CENTRO » ! Il n’y a pas que le cas des ivoiriens qui partaient à Ouaga pour contourner le Bac Probatoire.

    Aux États Généraux aucune question ne doit être tabou pour « le progrès de tous et le bonheur de chacun ». Pour parler comme l’autre !

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