CPI: Khartoum profite d’une visite de Khan pour annoncer « un transfert » encore improbable de Béchir vers La Haye

Beaucoup d’incertitudes demeurent encore sur la volonté réelle des militaires qui ont pris le pouvoir au Soudan de transférer leur ancien patron, le général Omar El Béchir vers une cellule de La Haye. La plupart des hauts gradés soudanais sont en effet d’une manière ou d’une autre impliqués dans le conflit au Darfour. L’effet boomerang d’un procès devant la CPI contre Béchir pourrait éclabousser de nombreux haut-gradés, autrefois très proches de l’ancien autocrate. En attendant, le jeu de chat à la souris entre Khartoum et la CPI peut durer. (Hervé Coulibaly)

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Le Soudan va remettre l’ancien président Omar el-Béchir à la CPI (AFP)

« Le Conseil des ministres a décidé de remettre les personnes recherchées à la Cour pénale internationale », a déclaré mercredi la ministre soudanaise des Affaires étrangères, Mariam al-Mahdi, selon l’agence officielle Suna, lors d’une rencontre avec le nouveau procureur général du tribunal basé à La Haye (Pays-Bas), Karim Khan, en visite à Khartoum pour une semaine.

Le conflit au Darfour, région de l’ouest du pays, a opposé à partir de 2003 le régime à majorité arabe de M. Béchir et des rebelles issus de minorités ethniques s’estimant marginalisées. Il a fait environ 300.000 morts et près de 2,5 millions de déplacés, en majorité durant les premières années, d’après les Nations unies.


Fille de l’ancien Premier ministre Sadek al-Mahdi, renversé en 1989 par un coup d’Etat mené par M. Béchir, la ministre soudanaise a souligné mercredi « l’importance » de la coopération de son pays avec la CPI « pour obtenir justice pour les victimes de la guerre du Darfour ».

Déjà reconnu coupable de corruption en décembre 2019, l’ex-président est actuellement détenu à la prison de Kober, à Khartoum.

Il est aussi jugé par la justice soudanaise pour son rôle dans le coup d’Etat soutenu par des islamistes qui l’a porté au pouvoir en 1989 mais son procès a été à plusieurs reprises reporté depuis juillet 2020, les avocats de l’accusé avançant des arguments procéduraux.

En juin 2020, le chef de la milice des Janjawid, force supplétive du gouvernement soudanais accusée d’atrocités au Darfour, Ali Kosheib, s’était rendu à la CPI après 13 ans de fuite.

De son vrai nom Ali Muhammad Ali Abd-Al-Rahman, il sera jugé pour 31 chefs de crimes de guerre et contre l’humanité, comprenant meurtre, viol, et torture, avait annoncé la CPI début juillet.

Avec VOA

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Publié par La Rédaction

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