Rupture de contrat d’armement de 56 milliards d’euros – La France rappelle ses ambassadeurs à Washington et à Canberra

Le ministre des affaires étrangères a justifié cette décision par « la gravité exceptionnelle » des annonces sur le partenariat noué dans l’Indo-Pacifique. Les Etats-Unis ont dit « regretter » ce rappel.

Le Monde avec AFP

Depuis l’annonce du partenariat entre l’Australie, les Etats-Unis et l’Angleterre, Paris ne décolère pas, jugeant avoir été trahi. La France a fait savoir, vendredi 17 septembre, qu’il rappelait ses ambassadeurs aux Etats-Unis et en Australie, deux jours après l’annonce par Washington et Canberra d’un partenariat stratégique dans l’Indo-Pacifique, auquel est également associé le Royaume-Uni.

Dans le cadre de cette alliance, baptisée « Aukus », l’Australie a rompu le contrat de commande de douze sous-marins français conventionnels signé en 2016 et annoncé son remplacement par l’achat de sous-marins américains à propulsion nucléaire.

« A la demande du président de la République, j’ai décidé du rappel immédiat à Paris pour consultations de nos deux ambassadeurs aux Etats-Unis et en Australie. Cette décision exceptionnelle est justifiée par la gravité exceptionnelle des annonces effectuées le 15 septembre par l’Australie et les Etats-Unis », a écrit M. Le Drian dans un communiqué. C’est la première fois qu’une telle décision est prise vis-à-vis de ces deux pays, notamment les Etats-Unis, alliés historiques de la France depuis la guerre d’indépendance.

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L’industriel français Naval Group avait été sélectionné en 2016 par Canberra pour fournir douze sous-marins à propulsion conventionnelle (non nucléaire), dérivés des futurs sous-marins nucléaires français Barracuda. La première livraison était attendue pour 2030. Une commande qualifiée de « contrat du siècle », d’une valeur à la signature de 50 milliards de dollars australiens (31 milliards d’euros, dont 8 milliards pour la partie française).

La valeur de ce contrat est désormais estimée à 90 milliards de dollars australiens (56 milliards d’euros), en raison de dépassement de coûts et d’effets de change. Les modalités précises ne sont pas publiques ; cependant, comme dans n’importe quel contrat, des pénalités s’appliquent en cas de rupture imprévue. Un long contentieux juridique devrait s’ouvrir pour définir le montant de ces pénalités.

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