L’année 2025 ou la finale politique tant attendue en Côte-d’Ivoire

ADO, BEDIE, GBAGBO: les trois vont forcément dire au revoir à la course à la présidentielle avant ou après celle de 2025. Peu importe le vainqueur et les vaincus en 2025. Mais avant de dire au revoir, ils ont une grande finale à disputer en Octobre 2025. Peu importe également si c’est par jokers interposés (le futur président de la fédération du grand nord pour ADO, Thiam ou Billon pour Bédié  Oulai ou Katina pour Gbagbo). Cette grande finale pourrait se jouer d’abord en un tournoi de mini championnat s’il y a des candidats indépendants ou des candidats venant d’autres partis politiques qui peuvent forcer les joueurs à aller à un second tour. Soit. 

Quel que soit le nombre de joueurs, la grande finale politique tant attendue aura bel et bien lieu en Octobre 2025 en Côte d’Ivoire. D’ailleurs il faut bien qu’elle ait lieu pour le triomphe de la démocratie en Afrique et en Côte d’Ivoire. Enfin, l’autre enjeu de cette finale, c’est l’après 2025.  Les deux vaincus savent qu’ils n’auront plus une influence dans leur parti politique. Leurs jokers chercheront plutôt à ouvrir leur propre chemin. Pour l’heure les trois entretiennent leur jeu favori qui est le suspense. Vont-ils se présenter, ne vont-ils pas se présenter? Personne ne connaît leur réponse.

Cependant, comme toute finale, pour qu’elle ait lieu, ils doivent tous se mettre d’accord sur les règles du jeu, le choix de l’arbitre, et des délégués au match. C’est ici qu’il y a problème alors qu’il ne devrait pas y avoir de problème. Une élection présidentielle ne devrait pas être l’objet de guerres et de destructions tous les cinq ans. Il y a problème parce que je caricature certes avec le sport mais nous sommes en politique. La politique a ses caractéristiques, ses modes de fonctionnement sans objectivité. Par exemple, le politicien ne  se sent pas obligé de tenir ses promesses. Les politiciens africains s’en fichent des règles du jeu. Ce qui importe pour eux c’est leur victoire quelque soit la manière. Quand ils deviennent présidents il y a certes les lois mais ils ne se sentent pas concernés dans l’application de ces lois. Pour eux les lois sont faites pour les autres citoyens, eux pas concernés. Ils gèrent le pays comme bon leur semble.

C’est ici que nous, membres de la société civile et populations entières d’Afrique, devront interpeller nos politiciens. Ici en Côte d’ivoire particulièrement, nos trois leaders que j’appelle dinosaures de la politique ivoirienne doivent absolument mettre de côté leur ego et aller à cette finale dans un esprit fair play. Que ceux qui perdent acceptent leur défaite et félicitent le vainqueur. Mais, ceci n’est possible que si tous les acteurs se mettent d’accord sur les règles du jeu comme dit précédemment. L’arbitre et le délégué du match doivent être honnêtes, neutres, et sans reproche. Une élection présidentielle dans un pays de droit et de démocratie n’est pas l’affaire du président en exercice ni de son parti politique encore moins de son gouvernement, qu’il soit candidat ou pas. Il est joueur et donc il ne doit pas avoir de représentant dans la commission d’arbitrage tout comme ses adversaires, personne ne doit même chercher à influencer le cours du jeu.

Les membres de la commission électorale doivent tous être neutres, intègres et ne pas supporter un camp. Leur camp, c’est le succès des élections sans contestation. J’invite le président Ouattara a accepté d’ouvrir le jeu democratique. C’est tout à son honneur. Il a son bilan économique en sa faveur. Il a un bilan d’émergence qu’on devrait atteindre en 2020 dans un pays où tout le monde devrait vivre ensemble et en paix. Les autres aussi ont chacun un bilan à défendre soit l’éléphant d’Afrique soit la refondation. D’ici 2025, ils vont nous proposer sûrement de nouveaux projets de développement convaincants ou réaménagés leurs projets actuels et les électeurs vont apprécier.

Que tous ceux qui veulent se présenter à cette élection se présentent. Que tous les participants réunis autour d’une table examinent les choix des membres de la commission électorale après une enquête de moralité sur chaque membre. Le conseil constitutionnel en accord avec les représentants des candidats, peut proposer la mise en place d’un comité d’éthique à cet effet. On le  sait, la nomination du conseil constitutionnel relève des prérogatives du président de la république. Mais en fait, le conseil constitutionnel ne joue qu’un rôle de formalité juridique en matière d’élections. C’est la commission électorale qui tient les élections.  En 2025, ce sera une élection je dirais exceptionnelle pour en finir avec tous les coups bas, les ruses, tous ces problèmes de leadership depuis la mort d’Houphouët.


L’autre fait sur lequel nos trois leaders doivent s’attendre, c’est la révision de la constitution actuelle notamment sur les points qui concernent les pouvoirs de l’exécutif. Le président de la république détient à lui seul au moins 99,99% des pouvoirs dans notre système politique présidentiel actuel. Et c’est là le problème fondamental que personne ne veut affronter en Afrique. C’est une occasion pour nos trois leaders d’y travailler sérieusement avant la finale de 2025. Si tout le monde convoite ce poste, c’est parce que son titulaire règne sans partage en « propriétaire du pays ». On se croirait dans une monarchie qui ne dit pas son nom.

Il est alors temps d’équilibrer dans la pratique les pouvoirs au niveau de l’appareil de l’Etat. Que l’exécutif abandonne plusieurs de ses privilèges y compris le budget de souveraineté, que la nomination aux hauts postes de l’Etat se fasse avec l’avis du sénat et de l’assemblée nationale après auditions des prétendants et suite aux élections. Mettre fin à la mainmise sur toutes les institutions de l’Etat, la manipulation de la constitution, etc. C’est à cause de tous ces privilèges que tout le monde se bat en Afrique. En adoptant ces réformes, on réglerait du coup les autres problèmes créés par des articles dits confligenes (durée des mandats, limite d’âge, etc). La fonction présidentielle serait dépourvue de sa substance. Le pays serait véritablement democratique et il n’y aurait plus de palabres.

Mais si on continue sans ces réformes que je propose, on est plus dans un état de droit encore moins en démocratie. Il faut un véritable équilibre des pouvoirs en Afrique pour nous épargner les guerres des politiciens et militaires. Il faut enfin banaliser cette fonction présidentielle avec la mise en place d’une constitution impersonnelle, non manipulable ni par le président en exercice, ni par les militaires. Je ne m’adresse pas ici au président actuel ni aux précédents présidents. Il gère et ils ont géré le pays selon le système qu’ils ont tous trouvé sur place. Je m’adresse au système pas aux individus qui sont de passage qu’on appelle ADO, Bedie, Gbagbo ou Billon, Thiam, Katina, Oulai, Mamadou, Achi, Diaby, etc. Mais à la Conscience Nationale pour le Développement (CND), je dis qu’il est temps de réformer ce système politique dans l’intérêt de tous parce qu’il est source de tous les conflits. Mieux, il faut équilibrer les pouvoirs avec les autres institutions de l’État pour opérer une véritable décentralisation de l’administration afin que les business puissent suivre et désengorger les capitales économiques.

On peut rendre d’énormes services à son pays sans forcément être président de la république. On peut bien gagner sa vie, faire tout ce qu’on souhaite sans forcément passer par la présidence de la république. Vous tous, nos trois leaders et jokers présents et à venir, vous avez fait l’occident, vous savez bien comment les choses se passent en Occident. Par exemple, chez les Occidentaux, c’est l’intérêt public qui passe avant l’intérêt privé ou personnel. Laissez aux générations futures cette mentalité et vos noms seront gravés en or dans l’histoire de la Côte d’Ivoire et d’Afrique. Épargnez nous ce que vous nous avez servi jusqu’ici.  J’insiste parce que je vois des signaux qui s’allument déjà et ce n’est pas bien pour le pays. Vive le changement des mentalités et non pas forcément le changement de générations. L’année électorale 2025, c’est maintenant qu’elle commence.

Je vous invite à lire et à partager mes prochains articles qui seront consacrés à l’Hôpital en Côte d’Ivoire, puis Yamoussoukro, une “capitale” victime des calculs politiques, etc.

Merci

Dr. Charles Koudou, Administrateur de la SantéConsultant en Santé et Développement, Fondateur de la Société Civile CND: Conscience Nationale pour le Développement

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