Après l’interdiction de survol de l’Algérie aux avions militaires français, Tebboune refuse de prendre Macron au téléphone

Emmanuel Macron cherche (en vain) à joindre le président Tebboune

Emmanuel Macron cherche à renouer le contact avec son homologue Abdelmadjid Tebboune . Selon nos informations, le chef de l’Etat français a tenté de joindre lundi soir son homologue algérien, notamment pour le convaincre de venir à Paris pour la Conférence sur la Libye, ce vendredi… mais il n’a pas trouvé son interlocuteur au bout du fil.

Pascal Airault Par Pascal Airault

Un courrier en ce sens avait été précédemment envoyé à Alger par les canaux diplomatiques.

Dans un entretien accordé au magazine allemand Spiegel, fin octobre, le président algérien avait confié qu’il ne prenait plus le chef de l’Etat français au téléphone. Raison : les propos prêtés au locataire de l’Elysée lors d’une rencontre, début octobre, avec des jeunes binationaux et français d’origine algérienne. Le locataire de l’Elysée aurait mis en cause l’existence de la nation algérienne avant la colonisation française. Il aurait encore évoqué ce qu’il appelle une « haine de la France » , expliquant que le système politico-militaire s’était construit sur une « rente mémorielle », fragilisée par la révolte populaire du hirak.

La révélation de ces propos dans Le Monde a entraîné de nombreuses réactions d’indignation en Algérie. Abdelmadjid Tebboune a indiqué avoir fermé son espace aérien aux avions militaires français. « Si les Français veulent aller au Niger ou au Mali, bien, ils vont mettre neuf heures et non plus quatre heures, comme avant, a expliqué le président algérien au Spiegel. Bien sûr, on va toujours rendre possible le rapatriement des blessés. Mais sur le reste, on n’a plus à coopérer ensemble, peut-être que c’est simplement fini maintenant. Macron a blessé la dignité des Algériens – nous n’étions pas un peuple de sous-hommes, nous n’étions pas des tribus nomades avant que les Français viennent. »

Face à la détérioration des relations, la présidence française tente de désamorcer la crise diplomatique.

« Depuis quatre ans, le chef de l’Etat mène un travail mémoriel sur la colonisation et la guerre d’Algérie, explique une source élyséenne. Il a rencontré des jeunes Algériens pour travailler sur les orientations du rapport de Benjamin Stora sur le sujet. Il s’est exprimé à cette occasion sur sa politique mémorielle et a fait part d’un certain nombre de questionnements. Il regrette les propos qui ont été rapportés dans la presse. Il a un grand respect pour la nation algérienne et son histoire. Il est attaché au développement de la relation bilatérale au bénéfice des peuples des deux pays. »


Abdelmadjid Tebboune a rappelé dernièrement qu’il ne ferait pas « le premier pas » pour tenter d’apaiser les tensions entre Paris et Alger. Visiblement, l’Elysée tente de reprendre langue.

Source: lopinion.fr

L’Algérie interdit son espace aérien aux avions militaires français

Cette décision est le dernier épisode dans les relations toujours plus tendues entre Paris et Alger, alors qu’approche le soixantième anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie.

franceinfo avec AFP France Télévisions

Mis à jour le 03/10/2021 15:22

Jusqu’à nouvel ordre, les avions militaires français n’ont plus le droit de survoler l’Algérie pour rejoindre ou quitter la bande sahélo-saharienne où sont déployées les troupes de l’opération antijihadiste Barkhane. Selon un porte-parole de l’état-major français, Alger a en effet décidé d’interdire le survol de son territoire, dimanche 3 octobre. « Ce matin, en déposant les plans de vol de deux avions, nous avons appris que les Algériens fermaient le survol de leur territoire aux avions militaires français, a déclaré à l’AFP le colonel Pascal Ianni. Cela perturbe très légèrement le flux de soutien, les avions doivent adapter leur plan de vol, mais cela n’affecte ni les opérations ni les missions de renseignement ». L’état-major français n’a, néanmoins, « pas d’inquiétude à ce stade ».

Les relations entre Paris et Alger se sont fortement tendues ces derniers jours, alors qu’approche le soixantième anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie et son indépendance. Samedi, déjà, Alger a demandé le « rappel immédiat pour consultation » de son ambassadeur à Paris, après des propos d’Emmanuel Macron dans un article du Monde. Dans celui-ci, le président de la République estime qu’après son indépendance en 1962, l’Algérie s’est construite sur « une rente mémorielle », entretenue par « le système politico-militaire ». Il y évoque aussi « une histoire officielle », selon lui, « totalement réécrite », qui « ne s’appuie pas sur des vérités » mais sur « un discours qui repose sur une haine de la France ».

Mercredi, c’est l’ambassadeur de France à Alger, François Gouyette, qui avait été convoqué au ministère des Affaires étrangères algérien pour se voir notifier « une protestation formelle du gouvernement » après la décision de Paris de réduire de moitié les visas accordés aux Algériens, Marocains et Tunisiens souhaitant se rendre en France.

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