Cop26, Glasgow contre le réchauffement climatique, qu’est-ce qui n’a pas marché ?

Les lampions se sont éteints sur la COP26 de Glasgow tard en soirée du samedi 13 novembre 2021 en Ecosse. Les assises censées se clôturer le vendredi, la veille donc, ont exceptionnellement nécessité une longue et studieuse prolongation de 24h pour in fine aboutir au pacte de Glasgow consigné en 10 pages proposées pour avis conformes aux délégations présentes.

Il importe de savoir que la Conférence des Parties (COP) sur le changement climatique ne se conclut en réalité qu’à l’issue formelle d’un traité nécessairement obtenu à l’unanimité des parties prenantes. L’agrément de tous est donc primordial. Rien qu’une seule voix à questionnement divergent suffit pour différer l’annonce de fin de séance susceptible dans ce cas alors de s’étendre dans la durée et ce, aussi longtemps que nécessaire, jusqu’à l’apparition de la fumée blanche.

Cette démarche collégiale est censée être la force de la COP car elle appelle à des engagements libres, inclusifs et participatifs. C’est d’ailleurs un principe connu par avance de tous mais aussi et surtout, l’une des raisons des divers jeux de compromis prévalant lors de ces conférences annuelles organisées de façon tournante sous l’égide des Nations Unies.

Sauf que, lorsqu’émerge un avis contradictoire ou une opposition aussi infime soit-elle, lorsqu’on a un pays qui revient sur ses engagements ou qui ne les tient pas en totalité, etc. les dispositions universelles précédemment convenues ou encore en cours de discussion subissent le contrecoup et donnent lieu fatalement à des blocages quelques fois incompréhensibles mais non pérennes heureusement, puisque l’on finit à terme par s’accorder.

Ainsi, jusqu’à la toute dernière minute consensuselle qui a définitivement mis fin au sommet de Glasgow, l’Article 36 aura suscité plusieurs épisodes à suspens. C’était d’ailleurs le tout dernier point d’achoppement encore en discussion aux ultimes moments de la soirée.

Il s’agit du fameux article COP en rapport avec la réduction progressive de l’utilisation des ressources fossiles, dont le charbon qui a été nommément cité et visé par ailleurs. Il a nécessité des reformulations abiles pour donc prendre en compte les préoccupations évoquées par plusieurs pays producteurs qui, appelant au réalisme de tous, n’entendaient nullement acquiescer à une sortie brutale et accélérée de l’utilisation desdites matières premières énergétiques fossiles, d’ailleurs très essentielles pour leur développement.

Toute chose concourant à souligner la déception de certains pays ayant ouvertement déclaré que Glasgow ne serait pas allé au bout des attentes climatiques. Bien que cet avis soit tout de même discutable, au regard de certaines avancées, c’était bien toutefois la COP de la dernière chance pour le climat, comme en effet annoncé en connaissance de causes.

La montée des eaux due au bouleversement climatique a effectivement inondé des aires entières et provoqué le déplacement des populations. Un pays comme l’île Maurice par exemple est voué à être submergé par la mer et donc disparaître d’ici la fin du siècle si les choses restent en l’état. Le village de Lahou-Kpanda en Côte d’Ivoire et bon nombre d’autres villes et territoires insulaires à travers le monde entier vivraient hélas aussi sous la hantise de leurs dernières décennies d’existence terrestre.

Les pays en voie de développement qui espéraient aboutir à un engagement ferme clarifiant les termes des « pertes et dommages » censés les soutenir à faire face aux aléas dont ils sont victimes espéreront trouver une réponse favorable lors de la prochaine COP27 prévue se tenir en Égypte. Idem pour tous ceux qui au regret s’attendaient à l’annonce du montant de la cagnotte dédiée à l’aide au financement des initiatives entreprises dans le cadre des transitions tant énergétiques qu’écologiques.

Du point de vue de l’urgence climatique et des inventions révolutionnaires cependant, il est à noter que Glasgow fut une belle tribune pour exposer, aux yeux et au bénéficie du monde, plusieurs innovations fort utiles dans divers domaines d’activités porteurs.

En allant de la poudre de biochar camerounais obtenue à partir de résidus agricoles, jusqu’aux aux engrais biologiques verts proposés par la team ivoirienne, sans oublier les sites japonais d’injection sous terre du gaz carbonique capté aux effluents rejetés par les usines, les projets d’utilisation de l’hydrogène naturel puisé dans des gisements souterrains, etc. force est de reconnaître que la COP26 a fait l’étalage d’une grande palettes de solutions éco-responsables.

Ces dernières pourront valablement contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la biodiversité, à condition bien sûr de recevoir l’appui financier nécessaire à leur implémentation effective. D’ici là, la concentration des gaz à effet de serre continue de croître dans l’atmosphère et la température de la terre continue dangereusement de s’élever et tendre vers les seuils critique de dérèglement irréversibles de la planète.

Somme toute, les pays peu contributeurs, et peu impactants donc en terme d’émission de ces gaz climato-néfastes, s’engagent à poursuivent l’exploitation de leurs ressources fossiles tout en promettant de demeurer conformes aux consignes et objectifs universels de la COP.

Serge Parfait Dioman

Expert International en Industries Pétrolières et Énergies

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