Bédié, le PDCI et l’illusion d’exercer le pouvoir

Par Venance Konan

Sacré Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) ! Pas un jour où il ne se reforme, en nommant de nouveaux vice-présidents, en créant de nouvelles structures, en mettant tel ou tel en mission, en organisant un séminaire, un forum…

On doit sacrément s’ennuyer là-bas, en attendant ce fameux jour où le pouvoir leur tombera tout cuit dans la main ou dans la bouche.

La nouvelle trouvaille, c’est la création d’une Commission économique sociale et culturelle (CESC) et d’une Grande cellule de coordination de la communication (GCCC).

La CESC ne vous rappelle-t-elle pas le Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), l’une des institutions de l’Etat ? Signalons que le PDCI a déjà son propre ordre de décoration. Cherche-t-il à créer un Etat bis, pour s’entraîner ou pour se donner l’illusion d’exercer le pouvoir ? En tout cas mon ami Adi est devenu « ministre » du tourisme dans ce gouvernement virtuel et je l’en félicite.


Cela dit, avec tous ces organes que ce parti crée chaque jour, on ne l’entend pas beaucoup s’exprimer sur les vraies préoccupations des Ivoiriens, que ce soit au niveau de la menace sécuritaire, de l’école, de la santé, bref de tout ce qui concerne les Ivoiriens. Le seul point de focalisation du PDCI est comment s’occuper en attendant de revenir au pouvoir en 2025, avec Bédié bien entendu. Souhaitons leur bonne chance. Dans cette attente, on s’impatiente pour voir avancer le « dialogue politique inclusif ». A votre avis quel est le résultat attendu par le PDCI, ou tout au moins par bon nombre de cadres de ce parti, de ce fameux dialogue inclusif, et de cette non moins fameuse réconciliation ? Une affaire où on partagerait le pouvoir. Comme après Linas-Marcoussis. Il n’y a rien de tel que quelques portefeuilles ministériels et des postes de DG ou de PCA pour terminer un dialogue politique et sceller une bonne réconciliation.

Venance Konan

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Publié par La Rédaction

1 commentaire sur “Bédié, le PDCI et l’illusion d’exercer le pouvoir

  1. ====== LE SENTIMENT D’ÊTRE PRÊT A GOUVERNER ! ======

    Venance a frappé. Et beaucoup, dérangés par l’exercice, montent sur leurs grands chevaux pour répondre à celui qui aurait fait du PDCI et son chef, sa cible privilégiée. On lui rappelle à souhait sa gestion de FratMat ! Comme si l’organe gouvernemental jouissait d’une santé de fer avant son arrivée voire depuis des décennies. Jean-Marie Kouassi Ahoussou dit Jmk Ahoussou, n’est pas allé avec le dos de la cuillère ! Après mon ami SD GUEDE et tant d’autres. Et pourtant…

    Mais comment occuper raisonnablement tant de cadres convaincus que dans le système de gouvernance nationale, l’appartenance à un Parti est la garantie de la promotion professionnelle aux emplois publics ? Comment se convaincre soi même qu’on a les clés et les solutions pour gouverner demains si on n’exerce pas les équipes ? Comment cimenter l’esprit d’équipe si les cadres ne se retrouvent pas régulièrement pour communiquer et s’exercer à un travail d’équipe ?

    Les méthodes différent mais la préoccupation de fond est la même.

    La pratique des Thinks Tanks, des universités d’été, des écoles du parti n’est pas antinomique à la création des structures formelles à l’image de celles de l’Etat qu’on se propose de diriger.

    Dans cet univers de gouvernance politique, il y a des modèles éprouvés et des copies franchement de mauvaise qualité et manifestement sans objet que d’occuper les bancs de douche.

    ==== LE SDF DU CHAIRMAN ======

    Vous savez que grand voyageur, je connais l’Afrique pour avoir sillonné les capitales mais aussi et surtout le pays profond ! Qui se contente des salles climatisées des hôtels des capitales ne peut prétendre connaître le cœur des peuples ! Celui qui s’arrêtera à la Gare de Gagnoa, à petit Tahiti et non à Abobo, ne verra rien vu assurément des belles femmes de Gôzô que chante Magic Diezel ! Il faut poursuivre la randonnée du côté de Dahopa ou même vers Otehoa, derrière Dignago, derrière derrière Guibéroua pour parler comme l’autre ! C’est là bas ru verras La belle Femme Bété dont on parle. Une femme au cœur d’or que tu rencontreras nulle part ailleurs.

    Avant l’ascension du Professeur Maurice KAMTO, l’opposant en chef au Cameroun ce pays avec plys de 200 ethnies, était John Fru Ndi. Le Chairman comme on l’appelait (il était deja à deux pas du pouvoir en 1992), y a expérimenté le Shadow Cabinet.

    Le shadow cabinet (gouvernement fantôme ou de l’ombre en français) pour le SDF (Social democratic Front) selon l’un de ses ministres c’est :

    «il s’agit d’un gouvernement de l’ombre, un gouvernement de travail, un gouvernement de réponses au gouvernement de M. Biya qui fait plus dans l’agitation. Chaque membre en ce qui le concerne est chargé, non seulement de faire la critique, mais d’être une force de propositions. Ce gouvernement épouse l’égalité républicaine que prône le Sdf avec une emphase sur la méritocratie et non les critères de quotas ou d’équilibre régional». 

    Dans la pratique, ce sont 18 départements ministériels pilotés par 18 ministres et 18 adjoints pour une équipe gouvernementale de 36 personnes !

    Beaucoup de cadres siégeront tour à tour dans ce gouvernement virtuel jusqu’à la démission du Chairman du SDF qui justifiera sa retraite ainsi :

    « À un certain âge et à un certain moment de la vie, vous devez laisser les plus jeunes continuer. Et ils doivent prendre le relais quand vous êtes encore là pour voir ce qu’ils font, ainsi vous pouvez les diriger et les corriger. La politique ne consiste pas à s’asseoir à Yaoundé ou à Bamenda. Il s’agit d’aller vers les gens, de les sentir. Et si je ne peux plus le faire, il faut laisser une autre personne le faire. »……

    John Fru Ndi avec cet outil politique, selon ses propres déclarations, voulait « passer au scanner les actions du gouvernement en place, critiquer les points non appropriés, et faire des suggestions qui permettront de mieux gouverner le peuple. « Le but était d’encourager les membres du Sdf à apprendre les rouages de la gouvernance de telle sorte que lorsque le moment viendra, nous n’attendrons plus ».

    A l’épreuve du temps, le Chairman avait régulièrement découvert des failles et apporté des ajustements. Une telle pratique a le mérite d’éviter à la nation de découvrir des Ministres ou Secrétaires intégrés dans des gouvernements de large coalition, incapables de s’exprimer correctement et largement perdus dans les méandres de la mission spécifique à eux assignés dans l’attelage gouvernemental.

    Sous ce rapport le découpage (passer au scanner les actions du gouvernement en place, critiquer les points non appropriés, et faire des suggestions qui permettront de mieux gouverner) est une démarche TRES RÉPUBLICAINE ET EXEMPLAIRE !

    Relativement à la thématique d’actualité chez nous du RGPH 2021, le Ministre du Développement Urbain et de l’Habitat du SDF, ne serait pas contenter d’un communiqué laconique de demande de prolongation du délai ou une invite sans véritable conviction à se faire recenser comme on l’entend çà et là !

    La démarche aurait été plus engagée et plus critique. Attention je ne vous ai pas demandé de « bombarder » Kaba NIALE. Je l’aime bien dans son style mesuré, pondéré et sans bruit !

    ======= L’APPROCHE WADE =======

    Abdoulaye WADE longtemps opposant, partageait la même approche que John F. NDI. Jusqu’à une certaine époque !

    On a tous entendu Le coordonnateur technique du BTPR relevant quelques difficultés rencontrées au démarrage de l’opération de dénombrement.
    « Il a cité entre autres, l’absence des agents enregistrés dans certaines régions, la réticence de certains ménages, ivoiriens et non ivoiriens, à se faire recenser et les difficultés d’accès à certaines localités.

    « Ces difficultés sont surmontables et nous nous employons à trouver les solutions pour achever le dénombrement dans le délai », a-t-il rassuré, précisant que le problème d’absence des agents a été réglé par le rappel des agents figurant sur les listes d’attente.

    Il a également affirmé que les primes de transport et de mise en route des agents recenseurs sont payées pour la quasi-totalité des agents recenseurs, excepté ceux en attente de confirmation de leurs numéros « mobile money ».

    Wade aurait mis une équipe technique composée technocrates avérés sur ce dossier ! Au Sénégal la ressource intellectuelle ne manque pas ! Tout le processus aurait été passé au crible pour présenter les failles originelles de la démarche et le Pape du Sopi aurait cloué au pilori soit le Gouvernement de Senghor ou celui de Diouf ! De manière méthodique et impitoyable !

    Quelle solution Wade aurait il proposé ?

    Si autant celui que le Président Senghor avait surnommé « LAYE NDIOMBOR » était d’accord pour « passer au scanner les actions du gouvernement en place, critiquer les points non appropriés » autant il ne consentait pas toujours à donner ses solutions ou « faire des suggestions qui permettront de mieux gouverner ».

    Tiens je vous dois une explication, vous qui ne connaissez pas le pays de la Teranga. Comme Dr Laurence Kamara , candidate du Groupe Solidarité-Egalité (GSE) pour la présidence de la mutuelle générale des fonctionnaires et tant d’autres qui y ont fait leurs humanités ! Dr Kamara Laurence au passage a été investie comme tête de liste du Groupe Solidarité-Egalité en vue des élections à la MUGEFCI !

    En effet, dans la mythologie sénégalaise, particulièrement dans le Cayor et le Baol « Ndiombor » ou le lièvre en wolof, est l’incarnation de l’intelligence et la ruse !

    Alors vous croyez qu’un lièvre vous livrera gratuitement ses solutions alors qu’il est dans l’opposition ?

    Laye WADE se fendait alors en réponse de Normand :

    « Je ne suis pas le Bureau d’études du Gouvernement ! Si vous êtes incapables de trouver des solutions aux problèmes des Sénégalais, libérez la…. »

    J’ai dit « libérez LA… » et d’autres ont déjà répondu TABOURET ! Vous avez cependant noter TOUTE la différence.

    Entre « LIBEREZ LA PLACE » de Wade et « LIBEREZ LE TABOURET » de l’autre il y a tout un monde…

    Si le premier s’appuie sur l’incapacité à résoudre les problèmes de la société, le second s’adressait à ceux qui n’appartenaient pas à son nouveau parti politique !

    ====== ADRESSER LES PROBLÈMES DE LA SOCIÉTÉ ======

    Venance a relevé un gros déficit politique en Côte-d’Ivoire

    « Cela dit, avec tous ces organes que ce parti crée chaque jour, on ne l’entend pas beaucoup s’exprimer sur les vraies préoccupations des Ivoiriens, que ce soit au niveau de la menace sécuritaire, de l’école, de la santé, bref de tout ce qui concerne les Ivoiriens… »

    Au-delà du PDCI abonné aux changements d’organigramme, au point d’user le plus persévérant de ses laudateurs ou Secrétaires Généraux (ou Exécutif ??) la même critique est valable pour toutes les autres formations de l’opposition pour la simple et bonne raison qu’aucune ne peut présenter aux citoyens UN PROJET DE SOCIÉTÉ A JOUR ET UN PROGRAMME DE GOUVERNEMENT !

    En vérité est toute simple. Certaines et non des moindres, en seraient bien INCAPABLES !

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