Quatre formes de corruption identifiées dans les services de santé (Epiphane Zoro Bi Ballo)

Le ministre de la Promotion de la Bonne gouvernance, du Renforcement des capacités et de la Lutte contre la corruption, Epiphane Zoro Bi Ballo, a relevé jeudi 09 décembre 2021 à Abidjan, lors d’un point presse conjoint dans le cadre de l’Opération “Coup de poing”, quatre formes de corruption qui minent le secteur de la santé.

« Les formes de corruption constatées se déclinent en quatre formes, notamment la facturation de soins réputés gratuits dans les établissements publics sanitaires, le détournement des patients des voies normales vers des cliniques privées, le trafic illicite de poches de sang et le conflit d’intérêt et abus de fonction avec trop perçu », a déclaré Zoro Bi.

Il co-animait ce point presse avec sa collègue de la Fonction Publique et de la Modernisation de l’Administration, Anne Désirée Ouloto et celui de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie Universelle, Pierre Dimba, auxquels il présentait la substance des résultats des enquêtes menées dans des centres de santé.

M. Zoro Bi a indiqué que les structures sanitaires dans lesquelles les investigations ont été menées sont au nombre de 14, soit 11 publiques et trois privées. Il s’agit notamment des CHU de Treichville et de Cocody, de l’hôpital général Félix Houphouët-Boigny d’Abobo, de l’hôpital général de Koumassi, de l’hôpital général de Port-Bouët, du CHR d’Agboville, des centres de santé de Yopougon Kouté, de Niangon Sud, d’Abobo Kloétcha, du centre de santé communautaire d’Abobo Baoulé et de trois cliniques privées.

Entre autres exemples, le ministre a expliqué que son équipe d’investigation a pu vérifier l’allégation selon laquelle il existe un réseau de vente illicite de sang qui sévit au CHU de Treichville. « Pour vérifier, nous nous sommes rendus le 6 octobre 2021 dans ce CHU à 14 H avec l’achat via ce réseau, d’une poche de sang sans ordonnance et sans pièce d’identité », a-t-il révélé.


« Il ressort que la demande de sang est très forte dans ce service. Le désarroi des parents des malades est de plus en plus visible du fait de la forte demande de poches de sang, ce qui les expose à tous abus du personnel médical et des intermédiaires. Nous avons noté que dans toutes les structures publiques où il y a des intermédiaires appelés “margouillats”, c’est des indices de corruption », a-t-il ajouté.

« Des membres de ce service en complicité avec des intermédiaires extérieurs vendent dans un circuit parallèle au plus offrant, une bonne partie du stock de sang placé sous leur garde. Nous avons une vidéo qui présente cette transaction entre le vigile et des personnes qui se sont fait passer pour des demandeurs de sang. Les poches de sang qui sont vendues entre 7000 et 7500 FCFA sont vendues en parallèle entre 50 et 70.000 FCFA », a poursuivi Zoro Bi Ballo.

La ministre de la Fonction publique et de la Modernisation de l’Administration a assuré que son département jouera son rôle pour aider à la sensibilisation et au changement d’approche. « Ce sont des maux qui, depuis des lustres, minent notre Administration. Les choses anciennes doivent passer pour faire place à de bonnes valeurs. Chacun de nous jouera son rôle pour que cette pratique soit reléguée aux archives », a assuré Anne Ouloto.

Pour le ministre de la Santé, des décisions fermes seront arrêtées. « On va se saisir de ce dossier pour que des mesures rigoureuses soient prises pour arrêter ce cancer. Ce qui vient d’être fait nous donne l’occasion d’agir. Cette situation ne restera pas impunie », a promis Pierre Dimba.

La Côte d’Ivoire a lancé plusieurs opérations “Coup de poing” contre la corruption dans les services publics, notamment la police, la gendarmerie et la santé. « Le message, c’est : attention à la fraude, attention au racket, l’Etat vous voit ».

(AIP)

gak/cmas

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