Plafonnement du prix du thon en Côte-d’Ivoire- Zasso Patrick et des mareyeurs pas du tout d’accord « Le gouvernement a été induit en erreur »

Après moult remous dans la filière thon, le gouvernement a décidé de réagir en prenant une décision au conseil des ministres du 22 décembre 2021. Ladite décision plafonne le prix du kilogramme du « faux thon » à 400 FCFA.

Si cette décision fait l’affaire de certains acteurs de la filière, elle est mal accueillie par des mareyeurs et par l’activiste des réseaux sociaux Zasso Patrick. Celui-ci avait d’ailleurs été le premier à monter au créneau fin octobre 2021 quand des rumeurs de pénurie provoquée par certains mareyeurs courraient à Abidjan. Une situation qui avait amené le ministère des ressources halieutiques à se saisir du dossier pour agir.
Pour Zasso Patrick et l’opérateur économique Touré Mamadou, patron de Sdmg (société de mareyeurs grossistes), ce prix fixé ne tient pas du tout compte des réalités de la filière en proie, selon lui, à une imposition excessive.


Les deux hommes sont montés au créneau ce mercredi 29 décembre 2021 pour élever de vives récriminations contre cette décision gouvernementale. « Ceux qui ont pris cette décision ont fait une grave erreur qu’ils doivent corriger. C’est pourquoi nous demandons au gouvernement de revoir sa position car pour nous, il ne s’agit pas de prendre des décisions mais de faire en sorte que celles-ci soient respectées par tout le monde, une fois prises », s’insurge M. Zasso. Puis celui-ci d’expliquer que selon ses investigations dans le milieu, le dédouanement tel que pratiqué dans la filière est trop élevé pour faire respecter le prix de 400 F/kg. Ce dédouanement, ajoute-t-il, se décline en trois catégories pour le même poisson et va de 200 FCFA à 500 FCFA le kilogramme. Un tarif jugé prohibitif par les deux conférenciers qui estiment qu’aucun mareyeur ne peut couvrir ses charges au prix de 400 FCFA le kilo. Pour Zasso Patrick et Touré Mamadou, en l’état actuel des choses, le coût de revient minimum du kilo de « faux thon » est de 650 FCFA. Un coût bien au-delà de celui que fixe le gouvernement. « D’où sort ce plafonnement ? Qui supporte la perte ? », s’interrogent les deux hommes.
Touré Mamadou est catégorique à l’analyse de l’intervention de l’état : « Ils veulent nous arracher la filière pour la donner aux Italiens ». Le disant le mareyeur pointe du doigt, une fois de plus, les agissements d’une société italienne qui ne supporterait pas les mêmes charges que les opérateurs locaux.

Zasso Patrick qui se détermine comme un supporter indécrottable du chef de l’Etat Alassane Ouattara, en appelle à une plus grande implication du ministre dans la résolution des problèmes de la filière thon en descendant lui-même sur le terrain pour s’imprégner des choses.
Sinon, l’activiste dit ne pas comprendre que l’État ivoirien qui n’a aucun bateau de pêche veuille plafonner des prix là où chinois, Coréens, et européens ont pignon sur rue et jouent à fond la loi de l’offre et de la demande.

« Si cette décision est maintenue, il y aura pénurie de thon. Il faut plutôt plafonner les taxes douanières et éliminer les fausses taxes sur le thon », propose pour sa part Touré Mamadou qui estime que le gouvernement a été induit en erreur.

SD à Abidjan
sdebailly@yahoo.fr

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