Crise à l’Université Alassane Ouattara de Bouaké

La lutte syndicale dans nos universités : il est temps de s’interroger.

Depuis quelques jours, des discours discordants se font entendre au sein de l’Université Alassane Ouattara.

Quelles en sont réellement les raisons?

D’un côté, les étudiants du département de philosophie, non contents de leurs notes de fin d’année,
s’introduisent, inopinément, dans le bureau du département sans l’aval de leur syndicat mais au nom du
CEECI et intiment l’ordre à leurs enseignants de fermer les bureaux pour mettre fin à la délibération.

De l’autre côté, lors du Conseil de l’Université, le Président KOUAKOU KOFFI annonce que les primes
de recherche, les HC et les primes des vacataires seront payées en fin décembre. Il signe l ’ordre de
virement et de paiement des éléments suscités, depuis le 16 décembre 2021. Mais entre temps, un nouveau
système est instauré par la Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique, le système du
CUT, Compte Unique du Trésor, qui est un système de centralisation des paiements des EPN et des
Collectivités locales et territoriales.

Désormais, tous les paiements de ces entités sont réglés par le trésor public à travers ce nouveau système
pour mettre fin aux surfacturations et aux fraudes massives, dit-on. Le système se décrit de la manière
suivante : Engagement→ liquidation→ ordonnancement ( service ordonnateur) →Contrôle du service fait(
contrôleur budgétaire) →Prise en charge comptable →enregistrement dès bordereau dans le système
CUT→ expression dès besoins, →insertion des numéros de comptes bancaires ( service agence comptable)
→Mise à disposition du plafonnement→ validation des ordres de paiement →routage, →paiement effectif
des dépenses → mise à disposition des fonds dans les différentes banques par l’ administration du CUT qui
dépend de l’agent comptable central du trésor ACCT. Cette nouvelle formule du CUT qui a pour objectif,
dit-on, de diminuer les détournements de fonds, a retardé les paiements des HC et Primes.

Alors se saisissant de ce non paiement, certains enseignants se réclamant du SYNARES, sans attendre
l’Assemblée Générale qui est l’organe suprême souverain de décision des enseignants-chercheurs dudit
syndicat, font de ce retard de paiement, le prétexte tout trouvé de « mauvaise gouvernance de l’Université
Alassane Ouattara par Prof Kouakou Koffi . »

Selon eux, « la CONTRADICTION PRINCIPALE à l’UAO se situe au niveau de son PRÉSIDENT PROF
KOUAKOU KOFFI dont la gestion, en l’espace d’une année, a fertilisé l’humiliation, l’indigence et la
clochardisation des travailleurs de l’UAO. Notre UAO, jadis un havre de paix, de respect et de dialogue
social. » .Mais où se trouve donc, ici, la mauvaise gouvernance, la clochardisation et l’indigence des
travailleurs? Ne sont-ils pas payés à temps opportun depuis l’arrivée du Prof. KOUAKOU KOFFI à la tête
de l’UAO? Certains d’entre-nous ont-ils perdu leurs emplois? Les Directeurs ont-ils été limogés? Rien de
tout cela. Tout le monde est resté à sa place sauf que les sorties d’argent ont été minutieusement
contrôlées.


Pourquoi, les auteurs de la demande de démission du Président de l’UAO n’ont-ils pas attendu, au mépris
des textes du SYNARES, les décisions de l’Assemblée Générale Extraordinaire, seul organe suprême et
souverain habilité à prendre de telles décisions et à faire de telles revendications?

Au demeurant, on pourrait , donc, remarquer qu’autant les étudiants ont agi au nom du CEECI et sans
l’aval de celui-ci, pour s’introduire dans les bureaux du département et exiger sa fermeture, autant certains
de nos collègues se servent de l’instrument syndical qu’est le SYNARES, sans l’aval des syndiqués,
puisqu’il n’y a jamais eu d’Assemblée Générale, pour faire de la démission du président de l’UAO,
l’élément central de leurs revendications. Les déclarations intempestives, dans nos mails, de certains de
nos collègues, frisent l’insulte et semblent devenir paradoxologiques et discriminants. La
PROSOPOLEPSIE semble s’installer à L’Université, au moment où les auteurs parlent de « besoin d’un
chef charismatique » et de « syndicats dignes » , faisant référence aux syndicats alliés qui les soutiennent.
Dès lors, les syndicats indignes seraient ceux qui ne partageraient pas le point de vue des tenants du
SYNARÈS (sans Assemblée Générale) . « La prosopagnosie, selon Vladimir Jankėlėvitch, est la duperie qui
consiste à faire acception du masque(…),à prendre en considération le faciès et la couleur de la peau,
autrement dit le personnage. Prosopon est en somme une apparence superficielle. Ce qui est inessentiel et
accidentel, ce qui est grimace ou appartenance adjectivale ». Peut-on , dans de telles circonstances, lutter
contre la violence physique si on instaure la violence verbale? Si la pensée unique doit s’imposer à
l’université, et que nous devrions agir en violation flagrante des textes que nos devanciers ont mis en
place, nos étudiants ne seraient il pas à notre image? L’œuf viendrait-il de la poule ou la poule viendraitelle de l’œuf?

(La suite demain, inchallah)

Prof. Samba DIAKITÉ, Titulaire, UNIVERSITÉ Alassane OUATTARA

Diplomé en Corporate Governance And Social Responsibility (Gouvernance d’entreprise et
responsabilité sociale)
Diplômé en « environmental and social governance (ESG)
Diplômé in Forms of Business Structure( Structure des entreprises)
Diplômé en Reading Financial Statement (lecture des états financiers)
Diplômé en médiation des conflits au travail

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Publié par La Rédaction

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