Déclaration de « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » sur la situation sécuritaire dans le nord de la Côte d’Ivoire et au Mali

Face à l’amplification des activités terroristes djihadistes dans le Sahel et qui, de plus en plus, s’accompagne d’incursions meurtrières dans les zones côtières, notamment dans le nord de la Côte d’Ivoire, le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » se réjouit des initiatives prises par le gouvernement pour assurer la sécurité des ivoiriens et protéger les frontières nord. Le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » encourage toutes les initiatives prises pour réduire la vulnérabilité sociale dans les zones d’opérations que l’ennemi pourrait utiliser à son profit. Mais, pour le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire », il n’y a pas que la jeunesse de ces zones qu’il faut sauver des tentations djihadistes du gain facile. Une attention toute particulière devra être aussi accordée aux ex-combattants de la rébellion et aux orpailleurs clandestins, un vivier potentiel de main d’œuvre bon marché capable, en profondeur, d’alimenter le mouvement terroriste. Le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » recommande également une surveillance accrue de toutes les activités de contrebande.
Le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » salue le courage, l’engagement et la détermination des Forces armées de Côte d’Ivoire (FACI) dans la défense de l’intégrité du territoire national et dans la protection des populations civiles. Le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » salue la mémoire de tous les soldats qui sont tombés au champ d’honneur depuis le début de cette campagne contre le terrorisme djihadiste.
Le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » se félicite de la création par décret en date du 6 août 2021 du Centre de renseignement opérationnel antiterroriste (CROAT) pour une lutte plus efficace contre le terrorisme. Le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » demande au gouvernement de continuer de renforcer les capacités opérationnelles de nos forces et suggère, outre le CROAT et ses cinq cellules, la création dans une ville du nord proche du théâtre des opérations d’une force opérationnelle interarmées à très haut niveau de préparation (Task Force), spécialisée dans les guerres asymétriques où l’affrontement n’est pas conventionnel et dotée d’une bonne agilité tactique et capable de s’adapter à toutes les conditions de conflit. Les forces déployées actuellement sur le terrain restent malheureusement des unités conventionnelles. La situation tactique imposée par les terroristes djihadistes, des ennemis mobiles, invisibles, imprévisibles qui, de plus, fuit le combat en refusant le face à face ainsi que leur ingéniosité recommande aux armées africaines de sortir du cadre des formations conventionnelles parce qu’en contexte asymétrique, il n’y a pas de règles et l’affrontement n’est pas conventionnelle. La Côte d’Ivoire, comme tous les pays africains menacés par le terrorisme, doit se préparer à tous les types de conflits et adapter ses outils militaires aux campagnes militaires à venir dans un monde de plus en plus instable. Le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » souhaite aussi la mise en place d’un centre de commandement aérien chargé de la surveillance des frontières nord avec des drones comme annoncé mais bien militaires de type Male (Moyenne altitude longue endurance), outil idéal à l’heure actuelle dans la lutte contre le terrorisme. Il ne serait pas bon d’utiliser des drones commerciaux pour des renseignements opératifs et/ou stratégiques dans la mesure où il s’agit de combler les lacunes capacitaires de nos forces s’il en existe et minimiser les pertes humaines. La nécessité s’impose de former des compétences locales, des experts en aéronautique et en renseignement. Mais, en attendant, il serait judicieux de recourir à une expertise extérieure parce que les terroristes djihadistes n’arrêteront pas de s’attaquer à la Côte d’Ivoire et de harceler nos forces.
A terme, pour plus d’efficacité opérationnelle, le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » espère une combinaison des renseignements d’origine électromagnétique et d’origine image avec l’imagerie satellitaire. La dépendance envers un allié ou un partenaire dans le domaine du renseignement qui est un atout tactique et stratégique majeur, surtout en imagerie aérienne et satellitaire, peut être salutaire à un moment donné mais handicapant lorsque monte l’intensité opérationnelle alors que l’allié ou le partenaire lui-même fait face à des défis sécuritaires sur différents théâtres. C’est pourquoi le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » estime que la Côte d’Ivoire et d’autres pays africains pourraient songer à mutualiser les efforts pour l’acquisition d’un satellite militaire pour avoir une autonomie d’appréciation et de décision. Ceci est un besoin opérationnel crucial.


Le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » salue et appuie la demande formulée devant les sénateurs par le ministre de la défense monsieur Téné Birahima Ouattara à la population de participer au renseignement à des fins antiterroristes mais voudrait s’inquiéter du risque de dérapages avec un afflux des informations erronées ou des règlements de compte déguisés en informations fiables, synonymes de perte de temps et d’efficacité pour les forces en opérations. Le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » recommande aux Forces armées de Côte d’Ivoire de disposer d’agents fiables du renseignement humain pour identifier les acteurs malveillants et leurs réseaux d’appui et minimiser les risques de représailles contre les informateurs des FACI et les populations civiles comme cela se passe ailleurs. Ces volontaires restent une ressource entretenue. Le renseignement humain est indispensable dans des engagements asymétriques et mérite d’être pris à bras le corps.

Le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » est conscient que toutes ces initiatives ont un coût. Mais que vaut ce coût face à la menace terroriste djihadiste qui combine harcèlement et opérations de déstabilisation dans l’espoir de comptabiliser des gains tactiques et stratégiques et qui peut faire s’effondrer un Etat, surtout si elle trouve un terreau fertile ?

Pour le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire », le terrorisme djihadiste doit être vaincu en amont pour l’empêcher de prendre pied dans la zone côtière d’Afrique de l’ouest et tous les pays de cette zone devraient être solidaires du peuple malien pour l’aider à venir à bout de ce phénomène. Si le Mali échoue à contenir le terrorisme et à le vaincre sur son sol, des pays comme la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo ou le Bénin pourraient en pâtir lourdement.

C’est pourquoi le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » déplore les sanctions inopportunes et disproportionnées prises à l’encontre du peuple malien qui ne sont pas de nature à aider ce pays frère à se tirer d’affaire face à la menace terroriste et qui rappellent de bien triste mémoire les sanctions prises contre la Côte d’Ivoire en 2011 pendant la crise post-électorale. La Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) devrait plutôt accompagner le Mali à garantir, dans un délai juste décidé de commun accord, la sécurité sur l’ensemble de son territoire, condition sine qua non pour l’organisation d’élections démocratiques, inclusives, libres et transparentes.
Que l’on ne s’y méprenne pas : le remède des sanctions risque d’être pire que le mal qu’ils sont censés combattre. Le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » condamne par avance toute opération militaire de forces étrangères spéciales sous faux drapeau africain comme l’on l’a constaté, il y a onze ans, sur certains théâtres géopolitiques. Le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » demande à la CEDEAO, au lieu de préparer une force d’attente qui pourrait se déployer au Mali dans le cadre d’une guerre conventionnelle, de préparer cette force d’attente pour des engagements asymétriques destinés à bouter les terroristes djihadistes hors des frontières de l’Afrique de l’ouest : c’est le soutien que les soldats maliens et burkinabé au front attendent des pays frères de la CEDEAO dans le cadre d’une opération battant pavillon africain. Le mouvement « Les Démocrates de Côte d’Ivoire » demande aussi aux autorités maliennes de tout mettre en œuvre pour anéantir la menace terroriste et organiser dans un délai juste des élections démocratiques afin de rendre le pouvoir aux civils.

Fait à Abidjan, le 10 janvier 2022.
Pour « Les Démocrates de Côte d’Ivoire »

Le Président
Pr. Séraphin Prao

Commentaires facebook

Publié par La Rédaction

Laisser un commentaire