Pour le Renouveau Africain – Adapter l’enseignement à nos réels besoins

Pour le Renouveau Africain – Adapter l’enseignement à nos réels besoins

La réforme de notre système scolaire est aussi abordée dans mon livre « Pour le Renouveau Africain » car l’éducation est la mère de toutes les batailles.

D’emblée, faisons le constat que le format de l’école dans les différents pays africains repose encore sur la vision coloniale qui a été mise en place pour former des commis à la solde de la France et de l’Occident. En somme, former des petits français. Malheureusement, c’est un aspect qui n’a pas été rénové au moment de l’accession à l’indépendance (partielle). Pour le renouveau africain, il faut donc repenser notre système éducatif orienté cette fois-ci selon nos réalités et nos besoins intrinseques. Une école qui forme des personnes qui peuvent rivaliser sur le marché du travail dès la fin de leurs études. Il faut en conséquence se débarrasser de tout ce qui me semble inutile, à commencer par cette pléthore de langues qu’on enseigne encore dans nos écoles. Et à mon sens, en dehors du français et de l’anglais, toutes les autres langues doivent être mises de côté. Pourquoi seulement deux langues? Parce que le français étant devenu malgré nous notre langue nationale, il est nécessaire de le parler pour mieux comprendre la vie de la nation. De l’autre côté, si vous parlez un peu l’anglais, vous pouvez trouver un interlocuteur dans n’importe quel partie du globe terrestre. Ainsi donc, l’espagnol, l’allemand, l’italien et les autres langues sont totalement inutiles de nos jours, en tout cas dans un processus éducatif qui se veut adapté et proactif. Il faut en finir avec le copier-coller bête et méchant du système éducatif français en occurence car les réalités ne sont pas les mêmes. La Côte d’Ivoire n’a pas de frontières avec l’Espagne (espagnol), l’Allemagne (allemand) ni l’Italie (Italien)…etc.

L’espace ainsi libéré par ces langues étrangères pourra être utilisé pour enseigner (format à définir) nos langues nationales. En Côte d’Ivoire par exemple, on peut choisir trois grandes langues régionales à enseigner dès la classe de CE2.


Pour exister nous avons juste besoin d’avoir une langue et non de parler toutes les autres langues sans la nôtre.

J’ai lu quelque part que le chinois allait être enseigné dans mon ancien lycée : le lycée scientifique de Yamoussoukro. C’est moi qui suis peut-être ignorant, sinon quel est l’intérêt d’une telle démarche pour une école ivoirienne censé former des scientifiques ivoiriens pour travailler en majorité en Côte d’Ivoire et pour la Côte d’Ivoire ?

Dans la même veine, j’ai entendu dire que le gouvernement ivoirien avait donné son accord pour la construction d’une école d’enseignement en langue arabe dans notre pays? Que vise t-on avec ce genre d’accord ? La Côte d’Ivoire veut-elle devenir un pays arabe? Où vont travailler ces personnes qui auront fait tout ce processus en arabe? Dans des pays arabes? Dans des organisations arabes? Dans ce cas, que gagne notre pays dans cet accord ? Dois-je noter que tous les pays arabes sont passés aujourd’hui à l’anglais qui est devenue de fait la langue internationale par défaut ?
Il faut arrêter d’aboutir le peuple et de le désorienter en permanence.
Nous confondons toujours la mondialisation et l’oubli de soi. Comme si nous n’avions rien, absolument rien à offrir aux autres. Tout individu qui vient chez vous, au lieu que ce soit lui qui apprenne notre langue, s’habille comme nous, mange comme nous c’est plutôt nous qui sommes « heureux et fiers » de parler sa langue de force ou de gré, ou les deux combinés, de nous habiller comme lui et de chercher à manger comme lui. Cela s’appelle tout simplement de la colonisation. Le pire c’est qu’elle n’est plus imposée par la force comme par le passé. Car c’est nous mêmes qui signons les documents pour nous mettre au service des autres, de leur promotion, de leur rayonnement au détriment de nous mêmes Après il ne faudra pas venir se plaindre si un jour on nous interdit un travail en Côte d’Ivoire parce qu’on ne parlerait pas chinois, ou arabe.

Quand on dit qu’un peuple a disparu, cela ne signifie pas que tous les membres de ce peuple sont morts. Non. C’est simplement parce qu’aucun de ces membres ne parlent encore la langue inhérente à ce peuple.
Car dans les faits, un peuple sans langue est un peuple qui n’existe plus.

#PourleRenouveauAfricain
Nangounon YEO, Ingénieur consultant
Auteur du livre: Pour le Renouveau Africain

Connectez-vous à votre compte facebook pour laisser/voir les commentaires