Cpi, Fifa, Onu, pourquoi des sanctions à géométrie variable ?

Cpi, Fifa, Onu, pourquoi des sanctions à géométrie variable ?
A blast is seen in the TV tower, amid Russia's invasion of Ukraine, in Kyiv, Ukraine March 1, 2022. REUTERS/Carlos Barria

Par Tapé Groubéra

Introduction

Depuis le 21 février 2022, l’actualité est dominée par la guerre en Ukraine. L’on apprend que la CPI ouvre une enquête , la FIFA et l’UEFA suspendent respectivement l’équipe nationale russe et les clubs russes. L’on parle de retirer la Russie du Conseil de sécurité, etc. Pleines de sanctions en même temps. Et pourtant, l’histoire contemporaine nous renseigne qu’aucune de ces sanctions n’ont été prises dans des cas d’invasions des pays. Révisitons, ensemble ces trois cas où il n’y eut aucune sanction.

1. L’IRAK ENVAHIE PAR L’ANGLETERRE ET LES USA, EN 2003, MAIS PAS DE SANCTIONS

Le journal français le figaro, publiait le 20 mars 2013 ceci: « Le 20 mars 2003, malgré l’hostilité de la France, de la Russie et de la Chine, Washington décide de lancer l’opération «Irak Freedom» sans l’aval du Conseil de sécurité . Une guerre éclaire qui aboutit en quelques jours à la chute du régime de Saddam Hussein, mais plongera durablement l’Irak dans le chaos. Le 13 décembre 2003, Saddam Hussein est débusqué dans sa cachette près de Tikrit, barbu, hirsute, méconnaissable. Il sera exécuté par pendaison un an plus tard. » [1].
Comme vous l’avez lu au-dessus, cette agression s’est faite sans l’aval de l’ONU. L’Angleterre et les États-Unis, les pays agresseurs n’ont pas été menacés de suspension du conseil de sécurité de l’ONU.
Quant à la CPI,*juridiction pénale internationale permanente, sa vocation universelle, c’est de juger les personnes accusées de génocide, de crime contre l’humanité, *de crime d’agression et de crime de guerre.
Vu que la CPI fut créée le 1er juillet 2002 et compte tenu de la non rétroactivité de la loi, elle devrait normalement ouvrir une enquête. Car elle est censée traiter les crimes commis à partir du 1er juillet 2002. Le pire c’est que cette invasion ne reposait que sur des preuves mensongères. De plus, cette attaque eut pour conséquence la naissance du groupe terroriste Daech. Car comme pour les États-Unis et l’Angleterre, la fin justifie les moyens, ces puissances agressives vont avoir recours à la plus puissante armée privée américaine Blackwater [2], et des « djihadistes modérés », pour emprunter l’expression de l’ancien ministre des affaires étrangères français Laurent Fabus. Lorsque Saddam Hussein et son régime furent vaincu, une partie de l’Irak sera occupée par ces groupes armés terroristes et constituer Daech. Côté sanctions, jusqu’à ce jour, aucun dirigeant des pays envahisseurs, n’ont fait l’objet d’aucune sanction.
Les équipes nationales de football de l’Angleterre et des États-Unis ont participé normalement à toutes les compétitions organisées par la FIFA. L’UEFA n’a suspendu aucun club anglais jusqu’à ce jour.

2. LA LYBIE ENVAHIE PAR L’OTAN , MAIS LES LYBIENS SANCTIONNÉS

Le 19 février 2011, la France conduit une coalition de pays Occidentaux pour mener une croisade en Lybie. L’OTAN, l’armée de guerre des Occidentaux attaqua les Lybiens. Pour venir à bout du colonel Kadhafi et de son armée, tous les moyens sont utilisés. Ainsi, l’OTAN se fera accompagnée dans sa sale besogne de groupes armés terroristes (GAT), à qui les Occidentaux vont, comme en Irak, distribuer des armes. Le 20 octobre 2011, le colonel Kadhafi est assassiné. Les GAT, entraînés et armés vont, occuper le Sahel, et donc le nord du Mali sous le regard complice de ces occidentales, qui se sont arrogés le titre de défenseurs des droits de l’homme. Mais comme l’ONU avait donné son consentement, elle n’a pas daigné interpeller ces pays guerriers qui ont outrepassé la résolution votée au Conseil de sécurité. Le comble est venu de la CPI. Au lieu de juger les dirigeants Occidentaux agresseurs, ce sont les Lybiens qui vont faire l’objet d’enquêtes.Un mandat d’arrêt est lancé contre le fils de Kadhafi. Là encore, ni la FIFA, ni l’UEFA ne suspendront les équipes nationales et les clubs de ces pays.

3. LA CÔTE D’IVOIRE ATTAQUÉE PAR LA FRANCE ET L’ONU, PUIS LE PRÉSIDENT GBAGBO ET SON MINISTRE BLÉ GOUDÉ DÉPORTÉS À LA CPI.

À la suite des élections présidentielles du 28 novembre 2010, le Conseil constitutionnel, organe suprême (donc sa décision ne doit être contestée, au vu de la Constitution ivoirienne du 1er août 2000 [2]),
proclame le candidat Laurent GBAGBO de vainqueur. C’était le 3 décembre 2010. Ce même jour, les ambassadeurs de la France et des États-Unis amenèrent le président de la commission électorale indépendante (CEI), M. Youssouf Bakayoko, seul au quartier général de l’autre candidat, en la personne de M. Alassane Dramane OUATTARA. Là-bas, M. Youssouf Bakayoko proclama, M. Alassane Dramane OUATTARA élu pour ces mêmes élections. Une campagne de diabolisation fut menée contre le président élu, M. Laurent GBAGBO et son régime. Pire, les Occidentaux vont imposer un embargo de médicaments sur la Côte d’Ivoire. Pour mémoire, nous n’avons pas souvenir qu’un tel crime contre l’humanité ait été perpétré ailleurs. Ensuite, toutes les banques en Côte d’Ivoire et organismes financiers (western union, MoneyGram, etc.) furent fermés sur décision de la Communauté internationale (union européenne + les États-Unis et le Canada).
Puisque les IVOIRIENS résistaient malgré tout, l’outil de légalité d’agression des Occidentaux, l’ONU fut mis à contribution. Ainsi, la résolution 1975, proposée par la France fut votée. Elle permis aux armées française et de l’ONU (dénommée ONUCI) d’attaquer officiellement , sans déclaration de guerre, la Côte d’Ivoire, le 4 avril 2011. Impuissante face plusieurs armées, la Côte d’Ivoire est vaincue le 11 avril 2011. Ce jour-là, le président GBAGBO, sa femme, le docteur Simone Ehivet, son fils Michel et des milliers de personnes (enfants, femmes et hommes) furent arrêtés, et remis à la rébellion de M. Alassane Dramane OUATTARA. Bien sûr après que ces armées (françaises et la rébellion) aient assassiné de nombreux ivoiriens venus prier devant la résidence du président Laurent GBAGBO.
Ce dernier sera déporté à la la CPI, le 30 novembre 2001. Puis, il sera suivi par son ministre de la jeunesse et de l’emploi, le 22 mars 2014. À la CPI, ils vont subir un procès pendant six ans et furent acquittés définitivement le 31 mars 2021. Pendant ce procès, aucun responsable politique et militaire français ne sera entendu, même pas à titre de témoin.
La FIFA n’a pas suspendu l’équipe nationale française. D’ailleurs, c’est elle qui remporta la coupe du monde en 2018. L’UEFA n’a, non plus sanctionné aucun club français. L’ONU dont sa résolution fut utilisée pour agresser la Côte d’Ivoire, contrairement à l’esprit et la lettre, comme en LYBIE, ne daigna pas à interpeller la France.
En conclusion à cette partie, Nicolas Sarkozy qui a dirigé l’agression de la Côte d’Ivoire, et l’a reconnu, n’a jamais été entendu par la CPI. Alors que les agressés ont payé le prix fort. Le président GBAGBO a perdu dix ans de sa vie, quand Charles BLÉ GOUDÉ, en a perdu sept ans. Sans oublier toutes ces ivoiriens/nes assassinées, d’autres blessés et marqués à vie (cas des femmes violées) et d’autres encore emprisonnés jusqu’à ce jour.

CONCLUSION
Comme nous venons de le voir, en l’espace de 20 ans, il eut plusieurs agressions. Et nous avons, seulement, fait cas de ces trois agressions de la part des Occidentaux. Malgré les nombreux crimes contre l’humanité, les crimes de guerre, les auteurs et leurs pays respectifs n’ont, jusqu’à ce jour, fait l’objet d’aucune sanction, ni de la part de l’ONU, ni de la CPI, ni de la FIFA et autres.
Force est de constater que ces institutions internationales ne réagissent pas lorsque les Occidentaux, cachés derrière le vocable de Communauté internationale. Y aurait-il des bons agresseurs et des mauvais ?
L’HISTOIRE EST LE TRIBUNAL DES PEUPLES.

Fait, le 2 mars 2022

Tapé GROUBERA, President du Mouvement pour la Renaissance de l’Afrique (moraf).
Auteur du livre CES AFRICAINS ENNEMIS DES AFRICAINS.
Mail :moraf.afrique@gmail.com.

Références
[1] https://www.google.com/amp/s/amp.lefigaro.fr/international/2013/03/20/01003-20130320ARTFIG00500-guerre-d-irak-comment-tout-a-commence-il-y-a-dix-ans.php.
[2] Livre de Jérémy SCAHILL, Blackwater, l’ascension de l’armée privée la plus puissante du monde.
[3] Voir Article 94 de la loi 2000-513 du 1er août 2000.

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