Yamoussoukro serait elle aussi victime des calculs politiques de Ouattara ?

A quand le transfert effectif de la capitale à Yamoussoukro? Yamoussoukro est-elle victime des calculs politiques? Le Président Houphouët avait commencé mais la mort s’en est suivie assez tôt. Bédié lui, a préféré Daoukro au lieu de continuer les travaux entrepris par Houphouët faisant fi de l’assomption qui dit que l’administration est une continuité.

Avec Robert Guei, c’est comme si le pays n’existait plus. Le Président Gbagbo se sentant acculé vers la fin de son mandat par ses opposants armés à chercher la sympathie des ressortissants du centre en essayant quelques travaux mais le conflit armé a mis un frein à ses travaux.

Cela fait bientôt 15 ans que Alassane D. Ouattara est au pouvoir et Yamoussoukro est toujours au point mort. Serait-il lui aussi dans les calculs politiques malgré sa promesse de rendre effectif le transfert de la capitale?

Non, le transfert de la capitale ne doit pas souffrir des calculs des politiciens. Bien au contraire les politiciens surtout ceux qui sont au pouvoir gagneraient à rendre effectif ce transfert. Par conséquent, j’invite le Président Ouattara à prendre son courage et à déménager toute l’administration ivoirienne à Yamoussoukro maintenant. J’étais encore étudiant sur le campus de Cocody dans les années 1980 quand Emmanuel Dioulo, maire d’Abidjan avait fait la proposition du transfert de la capitale d’Abidjan à Yamoussoukro. Aujourd’hui cela fait presque 40 ans que notre capitale est restée au point mort par manque de volonté politique tout simplement.

Que Yamoussoukro soit véritablement la capitale politique et administrative en y transférant de manière effective le gouvernement et les autres institutions de l’Etat. Cela réduirait le flux migratoire d’Abidjan car beaucoup de services seraient affectés et des milliers de populations déménageraient à Yamoussoukro et aux alentours. Tout le monde veut habiter Abidjan parce que tout se passe à Abidjan: l’administration, les entreprises, les commerces, les sports, les militaires, etc. Toutes les institutions de l’Etat à commencer par le gouvernement doivent impérativement déménager à Yamoussoukro afin de décongestionner la ville d’Abidjan.

D’ailleurs Yamoussoukro ne serait pas la seule bénéficiaire de cette politique de décentralisation mais aussi les villes environnantes et ainsi irait le développement du pays. La Côte d’Ivoire ne se limite pas qu’à Abidjan. Que le Président de la République actuel ou à venir en fasse une priorité et que Abidjan joue seulement son rôle de capitale d’affaire à l’image de Lagos au Nigéria. Cela réduirait au moins le trafic à Abidjan. Nous avons beau superposer les ponts, nous avons beau construire des autoroutes de contournement, bien que ce soit des travaux salutaires, nous serons toujours confrontés aux embouteillages et à la surpopulation à Abidjan. La meilleure solution se résume en quatre points:

1-Bien sur qu’il faut continuer à désenclaver Abidjan comme cela se fait en ce moment avec ces grands travaux de routes

2-Transférer effectivement la capitale à Yamoussoukro (déménagement des institutions de la république, les camps militaires). Politiciens allez à Yamoussoukro avec tous vos camps militaires.

3-En profiter pour rendre opérationnel le projet d’adressage des rues, projet qui est également au point mort. Yamoussoukro serait un parfait exemple de ville pilote pour ce projet de transfert.

4-L’autre conséquence positive c’est le début d’une véritable décentralisation de l’administration dans le pays. Beaucoup d’entreprises viendraient s’installer à Yamoussoukro et même aux environs dans les villes telles que Toumodi, Sinfra, Oumé, Ouragahio, Gagnoa, Béoumi, Didiévi, Seguela, Bouaké, Dimbokro, etc. Yamoussoukro étant une ville située au centre du pays et au carrefour, le transfert effectif de la capitale favoriserait beaucoup de transactions commerciales entre les différentes régions du pays. Tous ceux qui voudraient immigrer à Abidjan resteraient dans ces villes où ils trouveraient ce qu’ils venaient chercher à Abidjan comme opportunité de travail ou en quête d’un bien être social.

D’aucuns me rétorqueront que le Sénat et la Chefferie traditionnelle y sont déjà installés. Certes ces deux institutions y sont installées mais vous conviendrez avec moi que ce sont des institutions dérisoires dans notre système politique où le président de la république détient à lui seul tous les pouvoirs d’État. Par ailleurs, nous n’avons pas besoin de trillions et de trillions d’argent pour le faire sinon on ne le fera jamais. Le pays peut s’offrir le minimum pour le transfert de la capitale, notre capitale. Cela fait partie des obligations du gouvernement et de l’Etat dans son ensemble de développer le pays. Pourvu que le président de la république décide de déménager à Yamoussoukro et vous verrez que tous ces ministres qui parlent de coûts de trillions de dollars changeront de langage. On peut aller à Yamoussoukro avec nos moyens de bord et s’améliorer progressivement avec le temps. Ne pas commencer du tout sous prétexte qu’on a pas les moyens n’est pas exact et c’est même dangereux.

Non, évitons les calculs politiques et transférons la capitale à Yamoussoukro maintenant; c’est dans l’intérêt supérieur du pays. L’histoire retiendra que Houphouët l’avait annoncé et même commencé mais c’est Ouattara qui l’avait amorcé véritablement et le prochain président poursuivra l’œuvre, et ainsi de suite. Le développement d’un pays est un processus qu’on ne termine pas. Même les pays dits développés continuent de se développer. Quittons donc dans les calculs mesquins et égoïstes politiciens et allons à l’essentiel pour le développement du pays afin que les générations futures puissent hériter d’un pays propre, développé, un pays où les gens vivent en paix et en bonne santé. Ces générations seront fières de nous. Ne pas le faire sera un échec total laissé en héritage.

Merci.

Dr. Charles Koudou, Administrateur en Santé

Consultant Indépendant en Santé et Développement, USA, Fondateur de la Société Civile Conscience Africaine pour le Développement (CAD) www.cnd1.org koudoucharles@gmail.com charleskoudou@facebook.com

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1 commentaire sur “Yamoussoukro serait elle aussi victime des calculs politiques de Ouattara ?

  1. ====== QUAND HOUPHOUET DECIDAIT …. ======

    Dans la splendeur de sa toute-puissance, FEFE a imposé sa vision au reste du pays. Sa ville natale comme capitale politique, son architecte l’architecte Pierre Fakhoury, comme concepteur. Tout baignait alors dans l’huile. Entre 1983 date de l’annonce et de l’examen du projet à l’Assemblée Nationale et 1990, la crise financière que la Côte d’Ivoire a connu, a fait son œuvre. A la mort d’Houphouët, le projet n’était plus d’une actualité pressante.

    ====== APRES HOUPHOUET …. ======

    Son premier successeur, le Président BEDIE, sera également le premier à enterrer davantage le rêve. Avec l’embellie après la dévaluation, il se lancera dans un projet pharaonique de transformation de sa propre petite bourgade en cité des Dieux ! A l’image de Yamoussokro..
    L’histoire est connue.
    Daoukro, Pepressou le nouvel eldorado à partir de 1993.
    Jeune Afrique dans un article récent y a fait un tour : « Côte d’Ivoire : bienvenue à Pepressou, le village de Bédié, là où le temps s’est arrêté »
    Un palais inachevé, des souterrains secrets, une église flambant neuve mais surtout un projet de cent « villas » de Pepressou … composés de « maisons mitoyennes de plain-pied, de quatre chambres chacune, aux tuiles rouges alignées. Elles sont réparties en deux lotissements, P1 et P2, situés de chaque côté d’une large route goudronnée. Un confort inespéré, moyennant 250 000 F CFA par maison, dans ce petit village encerclé par les forêts et les plantations du Centre-Est, à 7 km de Daoukro, le fief du Sphinx. »

    Gbagbo à sa manière, a relancé le projet sans forcément surfer sur le capital politique à engranger ! Pas de calculs politiques… de récupération de l’électorat du « V baoulé ».

    Sous Ouattara, le point peut être résumé dans cette déclaration du Ministre KONE au Sénat ivoirien : « pour faire un tel transfert, IL NE S’AGIT PAS DE DIZAINES DE MILLIARDS DE F CFA ; JE DOUTE MÊME QU’IL S’AGISSE DE CENTAINES DE MILLIARDS DE FCFA. Il faut pratiquement UN PLAN MARSHALL parce qu’il faut construire une ville, il faut construire des routes, des voies de circulation, il faut emmener l’eau, l’électricité, à des dizaines de milliers voire des centaines de milliers de populations qui vont être déplacées. Il faut construire les édifices publics, mettre des bureaux à la disposition des agents de l’Etat et ces agents de l’Etat, il faut les loger, il faut leur trouver des logements. Donc c’est un plan qui est énorme et qui est difficile, peut-être que le Ministre du Budget pourra en reparler. Pour ce que nous savons de nos finances, il est difficile, en l’état actuel, de financer complètement le transfert de la capitale. Mais néanmoins, comme vous pouvez le voir, chaque année, l’Etat montre des gages. Le Sénat, vous avez-vous-même dit, est transféré ; nous sommes nous-mêmes en train de travailler sur le schéma d’urbanisme de Yamoussoukro qui confirme la position de la capitale politique ; ça veut dire que le projet reste bien d’actualité au niveau du Gouvernement et que pour ce qui concerne les aspects d’urbanisme et construction, nous faisons ce que nous pouvons… »

    Où est donc le calcul politique quand tant de projets en cours de réalisation ou déjà achevés, urgent !

    DES PROJETS MULTIPLES ET STRUCTURANTS QUI SONT ENTREPRIS DANS TOUS LES DOMAINES. ET POUR TOUTES LES RÉGIONS DU PAYS….

    ======= SUR LES TRACES DE KAMAGATE ============

    On l’appelle tout simplement KAMAGATE BIG DOUAHOU. C’est un bloggeur ivoirien qui fait aujourd’hui sur la toile ce que « Côte d’Ivoire Tourisme » ne sait pas faire pour le grand public. Je vais plus loin. Avec les séquences filmées de KAMAGATE sur TikTok ou sur sa chaine Youtube, on a aujourd’hui une plus grande visibilité de la Côte d’Ivoire !
    Ni « Côte d’Ivoire Tourisme », ni la RTI, ni le CICG avec tous les moyens d’état réunis, n’ont eu cet impact !

    D’ailleurs les hommes du pouvoir, l’ont très vite compris. Ce bloggeur sorti de nulle part avec son langage simple et accessible au tout venant, conquiert les cœurs, plus que le français académique du meilleur des analystes politiques !

    En visionnant les agréables productions de Kamagaté on découvre ce que OUATTARA a fait de la Cote D’Ivoire et dans la Côte d’Ivoire, au-delà des réalisations spécifiques à Yamoussokro et en dehors du projet spécifique du Transfert de la Capitale.

    Chapeau à toi, mon petit Kamagaté, l’enfant de Tiéningboué !

    ============== ET MAINTENANT… ======

    Le transfert de capitale politique est un sujet de réflexion. Plusieurs pays l’ont réalisé. Des Etats Unis au Brésil en passant par le Nigeria, la Tanzanie, le Malawi, le Pakistan, le Botswana entre autres cas connus.
    En revisitant la chronologie des parcours on arrive on comprendre les erreurs de départ du projet ivoirien ou pourquoi il faut se donner encore du temps !

    Prenons l’exemple du Brésil :

    • 1823 : José Bonifacio présente un projet de déplacement de la capitale du littoral vers l’intérieur du pays, pour la protéger des attaques étrangères, et suggère de la nommer Brasília.
    • 1891 : La Constitution détermine que la nouvelle capitale doit être transférée sur le Plateau central, dans un quadrilatère à délimiter selon les conclusions d’une commission scientifique.
    • 1922 : Pose de la première pierre « de la future capitale fédérale des États-Unis du Brésil », près de Planaltina, dans l’actuel District fédéral.
    • 31 janvier 1956 : Juscelino Kubitschek devient Président de la République
    • 18 Avril 1956 : Juscelino Kubitschek envoie au Congrès National le « message d’Anápolis » qui propose la création de la Companhia Urbanizadora da Nova Capital et le nom de Brasília.
    • 19 Septembre 1956 : Le Congrès approuve à l’unanimité ce projet, qui devient la loi n° 2874.
    • 15 Mars 1957 : Choix du projet de Lúcio Costa, parmi 41 projets présentés par 26 candidats.
    • 21 Avril 1960 : Inauguration de Brasília, les trois pouvoirs s’installent dans la nouvelle capitale.

    A l’évidence Brasilia n’est pas tombé du ciel ! Il a fallu du temps. Deuxième enseignement qui n’est pas dit dans cette chronologie, les multiples concertations de commissions et les concours pour choisir les intervenants !

    Quoique ami du Président le mondialement connu Oscar Niemeyer, a pris soin de « légitimer Brasília auprès des architectes brésiliens et notamment l’Institut des architectes brésiliens (IAB). En outre, en suggérant la désignation d’un jury international, Oscar Niemeyer prévoyait la couverture internationale dont pourra bénéficier la construction de la nouvelle capitale brésilienne ».

    Voici aussi comment un crédit de 10 millions de dollars de l’époque a pu être concédé par la Banque d’importation et d’exportation de New-York à l’entreprise chargée de construire la nouvelle capitale Brasilia ! L’argent le nerf de la guerre …

    J’aurais pu analyser le cas du NIGERIA avec cette particularité que l’accélération de la création d’ABUJA a été favorisé par le boom pétrolier des années 70. Le pétrole coulait à flot au Nigeria ! il faut des milliards pour un Plan Marshall (dixit KONE Bruno) au Nigeria l’or noir en fournissait en 1975 au General Yakubu Gowon puis à son successeur General Murtala R. Mohammed. Les Commissions techniques mises en place alors pouvaient désormais sillonner le monde pour évaluer les projets similaires et Brasília (Brésil), Islamabad (Pakistan), Paris (France), St. Petersburg (Russie), Washington, D.C. (USA), seront visitées !

    Un point particulier devrait être pris en compte pour un pays qui sortait d’une terrible guerre civile (la longue guerre du Biafra) : LA RECHERCHE D’UN SITE INDEPENDANT DES TROIS GRANDES ETHNIES (Haoussa, IGBO, Yoruba) et où personne ne pouvait donc dire « ICI C’EST CHEZ NOUS ! ».

    Avant son assassinat le General Mohammed avait souhaité du reste pour le Nigeria une nouvelle ère de Justice, de Paix et d’Unité ! Ainsi les populations autochtones d’ABUJA ont été délocalisées pour disposer d’une une capitale terre vierge de populations comme au Brésil et un montant forfaitaire de dédommagement d’un million naira par personne (à l’époque) validé par un décret présidentiel du 10 octobre 1977 avait été signé ! A l’époque ce million de Nairas dépassaient les CFA 1.432.108… d’aujourd’hui. « The Founding of Abuja, Nigeria » dans les revues de « University of Massachusetts Boston »…

    Une telle disposition aurait évité certainement de voir des populations faire des déclarations malheureuses lors de manifestations ici en début novembre 2020, lorsque le cortège de Moussa Sanogo, ministre du budget avaient été l’objet d’attaque à Yamoussoukro !

    Une capitale politique doit appartenir à tous et tous doivent s’y reconnaitre dans ce lieu symbolique. C’est aussi cela le défi d’appropriation !

    Pour conclure :
    1. Le désenclavement de tout le pays est activement en chantier pas seulement Abidjan !
    2. La conséquence positive du point précédent c’est que la décentralisation de l’administration se fait et pourra se parfaire dans TOUT le pays. Toutes les entreprises PME/PMI peuvent, et cela les vidéos de KAMAGATE le montrent à souhait, s’installer s’installer aussi bien à Yamoussoukro qu’à TENINGBOUE !

    Après l’affaire des terres spoliées aux Ebriés, certaines mauvais langues pourraient imaginer que le thème du Transfert de la Capitale n’est pas un sujet tombé du ciel par hasard et que Koudou en cela, ne fait que devancer KOUDOU !

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