Ukraine/présumés « crimes de guerre » L’avocat Knoops rappelle les limites et l’impuissance d’une justice internationale politisée et manipulée  

Par GDA avec Sylvie Kouamé

Le monde entier a été choqué hier par les images montrant des fosses communes et des corps sans vie dans les rues de la bourgade de Boutcha en banlieue de Kiev en Ukraine.

Comme d’habitude, le pouvoir ukrainien, les médias occidentaux et des ONG des droits de l’homme euro-américaines, sans même attendre les conclusions des premières enquêtes, ont vite fait d’indexer les Russes.

De son côté Moscou se défend en niant toute responsabilité. La Russie parle de manipulations dans le but de la salir.

Une fois ces images macabres ont fini de faire le tour du monde, une fois la raison prend le pas sur les émotions ou illusions, se pose la question centrale de comment rendre justice ? Comment identifier les coupables pour qu’ils soient un jour traduits devant les tribunaux ?

Selon l’avocat Geert-Jan Knoops [conseil principal de Charlés Blé Goudé], il s’agit d’un processus extrêmement compliqué et long en temps, mais cela ne change rien au fait qu’un travail important peut déjà être fait.
Selon l’avocat, les chances qu’un homme politique ou un chef militaire russe comparaisse devant la CPI sont
«extrêmement négligeables» [ton diplomatique] ou carrément nulles.

L’avocat n’a pas manqué de rappeler aussi à ceux qui parlent sans s’y connaitre que les preuves dans une affaire de crimes de guerre sont souvent extrêmement difficiles à fournir.

Le plus important est d’obtenir des preuves le plus rapidement possible, explique Geert-jan Knoops, Professeur de Droit à l’Université d’Amsterdam et avocat à la Cour pénale internationale, qui était intervenait hier soir sur le plateau de l’émission Nieuwsuur/ TV publique des Pays-Bas.

«Les déclarations des témoins oculaires sont encore fraîches, vous devez donc les écrire. Le matériel satellite et photographique doit être sécurisé, pensez aux drones qui ont volé. Vous devez vous assurer que vous avez des preuves et que celles-ci sont authentiques et non manipulées. »


Mais obtenir ces preuves est plus facile à dire qu’à faire dans un pays en pleine guerre.

Selon Knoops, les enquêteurs de la Cour pénale internationale devraient se rendre à Boetsja dès que possible pour mener une enquête. En outre, il est important que les initiatives citoyennes et les organisations internationales transfèrent du matériel pouvant contribuer à la charge de la preuve.

Si le procureur en chef, l’Anglais Khan collectent des preuves suffisantes, il peut émettre un mandat d’arrêt international. Si le juge l’accorde, vous pouvez isoler les personnes impliquées. « Ces personnes ne peuvent alors plus se rendre dans les pays qui reconnaissent la Cour pénale internationale. De cette façon, vous les isolez et cela peut être stratégique, et vous envoyez un signal important. S’ils se montrent sur ces territoires, vous pouvez les faire arrêter ».

Selon Knoops, tous les autres scénarios doivent d’abord être écartés afin de présenter un cas suffisamment robuste. Mais même dans ce cas, cela pourrait prendre des années avant que les responsables ne comparaissent devant le tribunal. Et même si les preuves sont complètes, il est peu probable qu’ils comparaissent physiquement devant la Cour pénale internationale de La Haye.

« Avant d’avoir conclu une affaire avec des preuves concluantes, vous êtes 5 à 10 ans plus tard. Le suspect doit comparaître devant un juge et cela prend également beaucoup de temps : ils ne coopéreront pas toujours volontairement. »
L’Inde, la Russie, tout comme les États-Unis ou encore la Chine, la Corée du Nord et l’Ukraine n’ont pas ratifié le Statut de Rome instituant la CPI.

L’ancien président américain Donald Trump avait en son temps menacé les fonctionnaires de la CPI de représailles au cas où la Cour toucherait à un seul cheveu d’un soldat américain sur les dossiers afghans et palestiniens (Israël).

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1 commentaire sur “Ukraine/présumés « crimes de guerre » L’avocat Knoops rappelle les limites et l’impuissance d’une justice internationale politisée et manipulée  

  1. Les crimes de guerre sont imprescriptibles, en principe. Avant d’en arriver au cas Ukrainien (restant encore à prouver), peut-être est-il temps revenir aux précédents crimes restés impunis ? Israël et ses tirs au pigeons sur les Palestiniens au nombre de victimes indéterminé depuis des décennies que ça dure. Silence. La guerre absurde en ex-Yougoslavie et les bombardements de l’OTAN qui ont causé plus de 200 mille morts. Silence sauf pour le bouc-émissaire idéal dans une parodie de justice. Les génocide silencieux en RDC qui a franchi la barre des 7 millions de victimes. Silence. Les tueries sur civiles par la France en Côte d’Ivoire, ayant fait plus de 60 morts en 2004. Silence. Les tueries de l’OTAN en Syrie qu’ils tiennent à imputer à Bachar et à la Russie et dont le bilan dépasse les 100 mille morts. Silence. Le bombardement aveugle de l’OTAN sur la Libye qui a détruit ce pays et tué plus de 30 mille personnes. Silence. Les bombardement quasi-quotidiens de l’Arabie Saoudite sur le Yemen qui causent des milliers de morts depuis des années. Silence. Et j’en passe.

    Bref sur cette planète, vous pouvez tuer impunément si vous appartenez au « bon » camp. Ou vous faire tuer sans conséquence aucune, si vous n’êtes ni Blancs, ni blonds, ni n’avez les yeux bleus. Tant pis pour vous, vous n’aurez qu’à cocher Causasien sur la fiche lors de votre prochaine réincarnation.

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