Jean Yves Dibopieu: “la création du PPA-CI n’était pas nécessaire ou opportune’’ (Entretien)

L’ancien secrétaire général de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) Jean Yves Dibopieu, président du mouvement Intégrité et conscience nationale (ICON) estime que la création du Parti des peuples africains de Côte d’Ivoire (PPA-CI) “n’était pas nécessaire ou opportune’’ et appelle à “l’unité des forces de la gauche’’, dans une entretien avec Akwabamedias.

Comment appréciez-vous la situation de Charles Blé Goudé, l’un de vos anciens compagnons de la galaxie patriotique, qui est toujours en attente de son passeport pour regagner la Côte d’Ivoire après son acquittement par la Cour pénale internationale (CPI) ?

Je partage avec lui tout ce qu’il endure actuellement. Je me sens directement concerné par ce qu’il subit parce ce que Charles Blé Goudé et moi nous nous ressemblons par notre passé, par notre parcours. Je suis attristé par ce qu’il subit. Malheureusement certaines personnes de notre camp pensent que c’est l’occasion pour elles de se positionner. Elles ne se sentent pas concernées par sa situation. Mieux elles se réjouissent de son sort. C’est malheureux, c’est dommage. Mais qu’elles sachent que c’est un leurre, un mauvais regard. Je constate que les valeurs du socialisme qui nous ont rassemblés hier sont aujourd’hui piétinées.

À son retour en Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo a décidé de laisser le Front populaire ivoirien (FPI) aux mains de Pascal Affi N’guessan et de créer un nouveau parti le Parti des peuples africains de Côte d’Ivoire (PPA-CI). Comment vous positionnez vous par rapport à cette nouvelle formation politique ? En êtes-vous militant ou sympathisant ?

Pour moi la création de ce nouveau parti n’était pas nécessaire et opportune. C’est pourquoi je suis distant. L’instrument FPI, de par son histoire, pouvait encore servir notre camp, pouvait encore nous permettre de continuer la lutte. Nous aurions dû nous rassembler au sein du FPI qui était encore utile. Nous nous sommes battus pour que le président Laurent Gbagbo sorte de cette incarcération à La Haye. Nous étions enthousiastes au QG à son retour à Abidjan. Mais malheureusement nous avons déchanté quelques jours seulement après son retour. Ce n’est pas ce à quoi nous espérions. Je suis pour un rassemblement, pour l’unité de toutes les forces de la gauche. Je suis pour qu’on mette ensemble Charles Blé Goudé, Affi N’guessan, Simone Gbagbo. Toutes ces personnes ont une influence forte dans la société ivoirienne. Toutes ces personnes auraient dû être ensemble pour que nous puissions continuer le combat là où nous l’avons laissé.

Est-ce que le PPA-CI a de réelles chances de conquérir le pouvoir en 2025 ?

Les gens s’appuient sur leur alliance avec le PDCI. Mais je voudrais leur demander d’être prudent et capable d’anticiper sur des choses. Vous avez vu que le ministre Mabri Toikeusse a été reçu par le chef de l’Etat Alassane Ouattara. Je me demande si cela a pu interpeller certaines personnes. Pour avancer, il faut s’entourer de ses propres forces ou de ses proches d’abord. Il ne faut pas disloquer son propre camp pour se mettre dans une nouvelle alliance dont on ne connait pas l’issue. C’est peut-être l’obsession d’une nouvelle alliance avec le PDCI qui a rassuré les uns et les autres pour rallier ce nouveau parti. Simone Gbagbo et Affi N’guessan ont contribué à l’accession de Laurent Gbagbo au pouvoir. Je ne pense que c’est de cette manière qu’ils devraient être récompensés aujourd’hui. C’est du mépris à mon sens.

Aujourd’hui vous vous sentez vous plus proche d’Affi N’guessan ou Simone Gbagbo ?

Je suis contre la dislocation de notre camp. Je milite aujourd’hui pour la mutualisation de toutes ces forces et je pense qu’il n’est pas encore tard. Lorsque j’ai vu Mabri Toikeusse reçu par le président Ouattara j’ai eu froid dans le dos parce que nous ne savons pas demain si le président Bédié sera reçu de la même manière par le président Ouattara. Et si Ouattara et Bédié se mettaient ensemble demain ? Ce ne sont pas des choses à exclure. C’est pourquoi j’insiste il faut que nous nous retrouvions dans notre camp. La personne à même de travailler à cette union de la gauche est le président Laurent Gbagbo. C’est ce que moi j’attends de lui. L’union fait la force, c’est un postulat. Je ne suis ni pour Affi N’guessan, ni pour Simone Gbagbo, ni pour Laurent Gbagbo. Je veux qu’ils se mettent ensemble.

Serge Alain Koffi

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