Nathalie Yamb, la militante qui veut chasser la françafrique d’Afrique « vraie machine de guerre »

L’activiste camerouno-suissesse, ancienne haut cadre du groupe de Téléphonie mobile MTN en Côte-d’Ivoire, proche de l’ ancien Nr 2 ivoirien le professeur Mamadou Koulibaly, du défunt capitaine Jerry Rawlings et du président sudafricain Cyril Ramaphosa, est considérée par ses détracteurs comme une agente russe ou trop radicale. Elle n’a cessé de dénoncer le «néocolonialisme français», la françafrique, ces deux dernières décennies depuis l’éclatement de la crise de la rébellion ivoirienne en septembre 2002.

Nathalie Yamb, l’influenceuse qui veut chasser la France d’Afrique

L’activiste suisso-camerounaise, considérée par ses détracteurs comme une agente russe, dénonce le « néocolonialisme français ».

Par Cyril Bensimon

Une vraie machine de guerre. Radicale, éloquente, impertinente, outrancière, Nathalie Yamb n’a de neutre en elle que la Suisse qui l’a vue naître et lui a donné sa nationalité. Métisse d’un père camerounais et d’une mère suisse, la militante de 52 ans est aujourd’hui l’une des dénonciatrices les plus virulentes et les plus suivies de la France en Afrique.

Figure de proue de « la guerre informationnelle » dont Paris se dit victime, Nathalie Yamb – qui n’a pas donné suite à nos sollicitations – ne bat pas le pavé des manifestations, mais tweete comme elle respire, avec une ligne directrice : chasser d’Afrique la France, ses intérêts, ses soldats et ses « laquais » installés dans les présidences du continent.

Ses vidéos et ses écrits sur les réseaux sociaux – elle comptabilise plus de 200 000 abonnés sur Twitter et près de 160 000 sur YouTube – se sont également assortis d’une nouvelle cause depuis le début du conflit en Ukraine : la défense de l’invasion russe et la mise en accusation des Occidentaux dans leur ensemble comme fauteurs de guerre. Le 15 mars, Nathalie Yamb s’en prenait ainsi « aux médias occidentaux » pour avoir « passé sous silence le génocide de 13 000 Ukrainiens russophones dans le Donbass depuis 2014 ».

Rien de très surprenant pour celle qui se surnomme depuis 2019 « la dame de Sotchi », en référence à son discours « d’anthologie », tenu lors du premier sommet Russie-Afrique. En octobre de cette année-là, Moscou avait convié dans cette station balnéaire des bords de la mer Noire dirigeants et leaders d’opinion africains. Nathalie Yamb y creva l’écran et révéla au monde ses talents de didacticienne « anti-impérialiste » et « anti-Françafrique », ce système où se mêlent depuis les indépendances africaines liens officiels et relations occultes entre Paris et ses ex-colonies.

Lutte contre le « néocolonialisme français »

Lors d’une table ronde montée par l’Afric, une organisation, selon l’ONG Free Russia Foundation, de la galaxie d’Evguéni Prigojine, le parrain du Groupe Wagner, elle y énonce qu’« après l’esclavage, après la colonisation, après les pseudo-indépendances, on ne nous a reconnu que le droit d’être libre, mais seulement au sein de l’enclos français. L’Afrique francophone est encore aujourd’hui (…) sous le contrôle de la France. »

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