Côte-d’Ivoire: Pour mon pays, ce que je pense par Claude KOUDOU

Jeune frère et par extension ceux qui s’interrogent à juste titre,

J’ai bien noté que vous avez finalement compris. Après, je me permets de vous dire qu’avant de vous jeter dans une discussion, il convient de vous enquérir en amont du fond de la problématique posée. Vous êtes des jeunes. Moi, j’ai des enfants de 32, 28 et 19 ans. C’est aussi pour vous qu’on se bat. Je vous conseille de faire de la documentation sur moi pour savoir mon parcours surtout pour la défense du président Laurent Gbagbo. Et je reste fier pour ce combat. Il ne serait donc pas sain de borner mes interrogations à des considérations sectaires. Ensuite, l’on doit comprendre que la suite de l’obtention du multipartisme et de la liberté d’opinion doit être assumée.

Comme seule réponse à nos interrogations, « c’est le linge sale se lave en famille ou bien c’est de l’indiscipline ». Cette façon de faire est en réalité une manière d’intimider les autres sans examiner leurs préoccupations. A ce propos, un militant lors d’une crise au FPI en 1996 disait : « Oui, le linge sale se lave en famille. Mais si celui qui a la clé de la laverie ne veut pas la partager avec les autres, ces derniers seront obligés de confier leur linge aux « Fanicos ; lesquels vont laver et étaler le linge au dehors. En fait, l’indiscipline et la trahison, c’est l’attitude de ceux qui, par leurs positions ne respectent ni les textes ni la ligne définis de commun accord, et ce, pour servir certains intérêts au détriment de ceux des autres (la plupart). Ensuite, il faut dire pour rappel qu’au Congrès du FPI en 1990, tout le monde avait suivi le Secrétaire général d’alors, Laurent Gbagbo pour soutenir qu’il ne fallait à l’extérieur du pays que des représentations et pas de bases et des sections.

Vu la nécessité d’avoir un espace pour encadrer des militants et sympathisants, j’ai créé en 1992 la première représentation locale. Jean Momboye, – qui en a aussi créée une en 1995), Alexis Gnagno, Ahouma Adayé Slhas et Séri Gueffié pour ne citer que ceux-là sont des témoins vivants. C’est dans ce cadre que nous avons travaillé avec des démarches, jusqu’à ce que le Congrès extraordinaire de Man en 1994 autorise la création de sections à l’extérieur. Entérinée par le Congrès ordinaire de 1996 à Abidjan, cette décision nous a permis de mieux nous organiser à l’extérieur. On peut remarquer que les sections constituent aujourd’hui un capital pour le parti. On ne va donc pas se raconter d’histoires pour estimer que les mêmes ont toujours faussement raison. Par ailleurs, il faut évidemment respecter les choix d’une direction. Mais quand des choix vous ont conduits dans le mur, plus d’une fois et que les responsables foncent têtes baissées, sans se poser les vraies questions, alors, il y a un problème.

Je me bats depuis 1989 au FPI. J’ai fait des propositions ; j’ai donné des « expertises conseils ». J’ai fait des documents pour la prévention des risques et pour contribuer à l’éveil, tout ça en interne. Mais nos amis ont préféré promouvoir la légèreté même en étant au pouvoir. Aussi, le pouvoir colonial peut-il être pointé du doigt dans les difficultés que nous rencontrons. Mais on ne peut pas l’accuser de tout car nous sommes en partie responsables de ce qui nous arrive. Et nous n’en tirons pas des leçons. En tout cas, il serait sain d’assumer notre part de responsabilité. En fait, il y a un moment où il faut que nos amis comprennent que la loyauté est un blanc seing. Ne sont-ils pas à la hauteur et nous les avons surestimés ? Il y a des questions de fond à discuter. Il y a eu 2002 ; il y a eu 2004 ; il y a eu 2010 et il y a eu 2020. Au bout d’un moment, il faut faire le point pour se demander pourquoi telle chose a été comme ci ? Pourquoi telle autre a été comme ça ? Puisque c’est sur la base des idées, c’est sur la base d’une ligne et d’une idéologie qui ont forgé notre conviction que nous nous sommes lancés dans la bataille qui ne connaît pas de répit. On ne peut pas nous mener ainsi en bateau, enjambant des échecs, passant tout par pertes et profits et sans en plus nous rendre des comptes.

Ma démarche n’est donc pas une question de personne. Ce n’est ni une atteinte à des personnes, c’est le questionnement sur une ligne dont on ne voit plus les traces. Je donne ces quelques éléments pour que les observateurs cernent bien la problématique que je pose.
Le fait d’opposer « vous avez trahi » me semble léger puisque cela ressemble à une boutade qui amuserait la galerie. En 2020, concernant les suites des présidentielles, les présidents Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié ont fait des choix. Ils n’ont aucunement consulté les bases qui se sont pourtant mobilisées. Ensuite, ils ont demandé à leurs formations politiques d’aller aux législatives. Nombre de voix dont la mienne n’étaient pas pour aller aux législatives dans les mêmes conditions. On nous a opposés qu’il fallait y aller pour bloquer au Parlement des lois du gouvernement. On se demande comment ils feraient avec une minorité puisque les résultats étaient prévisibles.

Aujourd’hui, les mêmes, au nom de la réconciliation nationale, adoubent pour le perchoir le candidat du pouvoir. Sans dire « nous sommes pour avancer sur la voie de la réconciliation ; mais pour nos bases, nous devons tenir une position de principe. Car de toutes les façons, le potentiel de voix du candidat du pouvoir est majoritaire. » Mais non, on nous oppose des justifications légères.

En fait, il y a lieu de répondre aux questions pertinentes qui se posent et que j’ai eues à poser de façon documentée en interne des années durant. Tant qu’on voudra éluder les débats d’idées et de fond pour nous entraîner de façon caporale, on manquera d’efficacité.

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1 commentaire sur “Côte-d’Ivoire: Pour mon pays, ce que je pense par Claude KOUDOU

  1. Claude koudou
    alias @popcornn
    alias @dabakala
    alias @bonmaispérimé
    alias fils de soubré.
    encore et toujours beaucoup de bruits pour ne rien dire.
    va ressusciter CNT c’est tellement simple.
    faut le faire, soit courageux!
    en attendant, le président de la république c’est Alassane Ouattara jusqu’à ce que tu prouve le contraire.
    courage.

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