Affaire des salons de coiffure « Klass’ C »- Charles Kougnon dénonce la réaction du ministre Mamadou Tourė

Affaire Klass’C : voici la réaction de Charles Kougnon, le patron des salons

Charles Kougnon, le promoteur des Salons Klass’ C, a indiqué que l’affaire était plus profonde que ce que l’opinion pourrait imaginer. Il se demande également pourquoi le ministre Mamadou Touré a divulgué cette affaire qui, dit-il, est pourtant devant les Tribunaux.

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» Nous allons réagir, mes avocats et moi et contredire tout ce qu’il a avancé. Car le problème est plus profond que ça. La sortie de Monsieur Touré n’est pas responsable… », a réagi en exclusivité, le samedi 9 juillet 2022, à Afrikipresse, Charles Kougnon, le responsable des Salons de coiffure Klass’ C. Il répondait ainsi au ministre Touré Mamadou qui a déclaré sur un plateau de télé que ce dernier avait reçu un prêt de 700 millions Fcfa qu’il refuse de rembourser.

Charles Kougnon dénonce la réaction du ministre Mamadou Tourė
Joint par téléphone dans la matinée du samedi 9 juillet 2022, le patron des salons de coiffure mis en cause a fait la réaction suivante : « Sur conseil de mes avocats, j’ai décidé de me taire mais il aura un droit de réponse que nous sommes en train de préparer. Nous allons réagir et contredire tout ce qu’il a avancé. Le problème est plus profond que ça. La sortie de M. Touré me jette à la vindicte populaire et sur les réseaux sociaux, on me traite de tout. Ce n’est pas parce que je ne peux pas réagir. Moi, je ne n’ai pas attendu le Ministère de la promotion des jeunes pour ouvrir mon salon. J’ai ouvert mes premiers salons en 2016 et en 2018, je suis allé au Canada où j’ai fait un MBA. J’ai eu des propositions de boulots, mais je les ai tous déclinées. Depuis le Canada, je gérais mon business. Tout le monde se coiffe chez moi, des ministres, de simples travailleurs, des étudiants…

Moi, je n’ai pas de problème avec Monsieur Touré. Mais je ne comprends pas pourquoi il me cite, alors que je ne suis pas le seul à être en justice avec eux. Nous allons, mes avocats et moi, réagir. Lui qui est ministre chargé de la promotion des jeunes devrait plutôt protéger les jeunes, et c’est lui qui me jette en pâture. Il me jette à la vindicte populaire alors que dans mes salons, il y a plus de cent (100) jeunes qui y travaillent. Que veut-il que ces jeunes-là deviennent ? Monsieur Touré m’a reçu une fois et nous en avons parlé. Il dit lui-même que l’affaire est déjà devant la justice, alors attendons le verdict de la justice, pourquoi donc se précipite-t-il de parler… ? ».

Claude Dassé

Affaire Klass’C: après 790 millions Fcfa Kougnon voulait encore 200 millions Fcfa, plainte contre 17 autres promoteurs

Par Charles Kouassi

Photo: Le promoteur et le ministre en 2019 lors de la requête d’une rallonge de 20 millions Fcfa pour le projet

L’affaire d’un prêt de l’Agence Emploi jeunes (AEJ) de 790 millions de Fcfa octroyé à l’entreprise Klass’C est devant la justice depuis 2021, suite à l’échec d’une tentative de conciliation.

C’est ainsi que le tribunal de première instance d’Abidjan Plateau a fait injonction au promoteur de rembourser dans un délai de trois mois, ce prêt de 790 millions de Fcfa porté à environ 900 millions de Fcfa compte tenu du taux d’intérêts de 12,6 % l’année pour un remboursement sur trente-six mois (3 ans). Comme Charles Kougnon a fait opposition à la décision, le dossier sera à nouveau évoqué le 27 octobre 2022.

100 entités à créer par groupe de 5 jeunes
Selon les informations reçues, le dossier Klass’C était un projet de création de 500 emplois comprenant 100 enseignes à raison de 5 jeunes par groupe. En effet, il s’agissait de financer 100 projets, 100 salons de coiffures par groupes de 5 personnes par salon pour un montant de sept millions neuf cent mille francs CFA (7,9 millions Fcfa) par salon, soit un montant total de 790 millions Fcfa et un total de 500 emplois. Sur la question, Afrikipresse a appris que le projet en lui-même a été bien monté, et qu’il ne pose pas de problème. Cependant aujourd’hui, le financement des projets individuels de ce type a été plafonné à 50 millions Fcfa. Par ailleurs, le rôle de contrôle et de certification des banques est plus renforcé dans l’analyse et la gestion des projets présentés. À cet effet, et en vue d’accélérer le traitement des demandes, outre la BNI, plusieurs banques de la place seront associées à la gestion du projet.

17 salons installés et identifiés sur 100 à installer, une rallonge de 200 millions Fcfa demandée
S’agissant du projet Klass’C, 17 salons de coiffure sur la centaine ont été installés par Charles Kougnon selon les constats d’un Commissaire de justice. Sans avoir commencé à rembourser la trentaine de millions de Fcfa prévue par mois sur 31 mois après 5 mois de différé, le promoteur a profité du changement de son ministre de tutelle, et de l’arrivée du ministre Mamadou Touré pour solliciter une audience. Au cours de l’audience avec le ministre, il avait plaidé pour un prêt supplémentaire de 200 millions francs CFA au motif que les prix du matériel ont augmenté, que les pas de porte étaient élevés. C’était en 2019. Le ministère avait opposé une fin de non-recevoir à sa requête. En retour, il lui avait été demandé plutôt un début de remboursement sur la base des salons déjà en activité. Après des rencontres de conciliation, Charles Kougnon s’était engagé à payer 10 millions de Francs CFA par mois. Là encore, le promoteur de Klass’C n’a pas tenu parole. La procédure judiciaire est alors lancée. La créance étant certaine et exigible, le tribunal a jugé la requête recevable et a fait injonction à Charles Kougnon de payer. Le tribunal a ordonné également la saisie conservatoire des salons et de tout autre bien exploité par Klass’S en lien avec le prêt.

17 autres dossiers en justice
Afrikipresse a appris que des investigations complémentaires sont en cours. Charles Kougnon n’est pas le seul promoteur qui refuse de rembourser, car il y’a 17 autres procédures judiciaires pour des montants tournant autour de 5 millions de Fcfa. L’affaire Klass’C qui concerne le plus grand montant réclamé, dure depuis plusieurs années, avec un prêt fait il y’a 5 ans au moins. L’affaire suit son cours, et connaît depuis peu une accélération suite à la révélation publique par le ministre Mamadou Touré.

Charles Kouassi

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