Comment Oumar Diawara a encore échoué à faire saisir un avion de Air Côte-d’Ivoire en escale à Brazzaville

Depuis l’an dernier, Air Côte d’Ivoire se trouve, contre son gré, au milieu d’un bras de fer entre l’Etat ivoirien et l’homme d’affaires et diplomate Congolo-malien Oumar Diawara. Ce dernier tente depuis peu de faire saisir les actifs de l’Etat s’adossant sur une décision supra-étatique de la CEDEAO.

Oumar Diawara revient à la charge. L’homme d’affaires Congolo-malien a encore essayé, mais sans succès, de faire saisir un Airbus A319 (TUTSY, MSN 03467) d’Air Côte d’Ivoire à l’aéroport international Maya-Maya de Brazzaville (Congo) ce vendredi 5 août 2022.

En provenance d’Abidjan, le vol HF839 est arrivé dans la capitale congolaise à 6h43, heure locale. Mais l’avion n’a pas pu repartir à temps. Ses opérations au sol ont été momentanément perturbées au milieu des tergiversations entre la police de l’aéroport et le gestionnaire aéroportuaire AERCO qui s’est vu remettre une formule exécutoire d’un arrêt de la Cour de justice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), datée du 22 octobre 2021, et reconnu par la justice congolaise.

A deux reprises, en novembre 2021, Oumar Diawara avait déjà essayé de faire un saisir un A319 d’ Air Côte d’Ivoire à l’aéroport de Bamako et de Conakry.

Au cœur du conflit, une affaire de foncier dans laquelle Oumar Diawara
s’est vu déposséder de 50 hectares de terres (situés dans les communes
d’Angré, Assinie, Bingerville et Abatta) à la suite d’une décision du
tribunal de première instance d’Abidjan en 2020. On parle ici des terres
acquises en 2017 par truchement d’une filiale de la Banque nationale
d’investissement (BNI) de Côte d’Ivoire. Se sentant lésé par la
décision, l’homme d’Affaires avait décidé de porter l’affaire devant la
Cour de justice de la CEDEAO après des recours infructueux devants les
juridictions nationales. Au terme de son audience publique virtuelle du
22 octobre 2021, la Cour tranchera en faveur de Diawara et condamnera
l’Etat de Côte d’Ivoire à 1,250 milliards FCFA pour réparer la violation
des droits d’Oumar Diawara et à 1 FCFA pour le préjudice moral. Toujours
dans l’attente de l’exécution du jugement, l’homme d’affaires, qui jouit
d’un statut diplomatique guinéen, a décidé de faire saisir les avoirs de
l’État ivoirien.

La décision de justice en question, le transporteur aérien national ivoirien ne la reconnait pas. « Cette nouvelle tentative de saisie qui s’apparente en une exécution d’une décision de la Cour de Justice de la CEDEAO dans une affaire opposant un
tiers et l’Etat de Côte d’Ivoire, ne concerne nullement la compagnie Air
Côte d’Ivoire », affirme-t-il.

Et d’ajouter : « Air Côte d’Ivoire, la compagnie leader et de référence
en Afrique de l’Ouest et du Centre mettra tout en œuvre pour garantir sa
crédibilité. Elle entend utiliser tous les moyens de droit à sa
disposition pour faire échec aux velléités de cette nature. C’est
pourquoi des dispositions utiles seront diligemment prises pour donner
les suites de droits qui conviennent aux circonstances de l’espèce ».
Affaire à suivre.

Dans la foulée, le vol retour via Pointe-Noire a été reprogrammé ce même jour mais dans la soirée.

Newsaero

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