Lancement de son parti politique – Voici les hommes et femmes -clés de Simone Gbagbo

Décidée à contrarier jusqu’au bout son ex-compagnon de lutte et encore époux Laurent Gbagbo, la wonderwoman Simone Ehivet va diriger sa propre formation politique. Le Mouvement des générations capables (Mgc) qui s’était déclaré mouvement citoyen à sa naissance après le 17 octobre 2021, date de naissance du Ppa-Ci, va revêtir le manteau de parti politique pour assouvir les ambitions politiques de l’ancienne première dame. Simone Gbagbo, 73 ans, se lance dans une aventure qui ne manquera pas d’être périlleuse quoi que l’événement ne sera pas un saut dans l’inconnu. Le syndicalisme et la politique ont forgé Simone et elle connaît le milieu politique. Pour cette aventure que certains ont vu venir, depuis son refus d’adhérer au Ppa-Ci, elle peut compter sur des visages bien connus qui lui sont restés fidèles quand s’effondre le Fpi dans son ancienne ossature.

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Entre autres personnalités qui s’affichent déjà avec elle, en attendant d’autres recrues, on peut citer :

Lazare Koffi Koffi, ancien ministre et idéologue

Il est enseignant de profession. Chargé de cours d’histoire contemporaine à l’université de Bouaké entre 1997 et 2000, cet originaire du royaume du Sanwi (Aboisso) est une figure de proue du Fpi. Sous Laurent Gbagbo il occupe deux fois un poste de ministre. La formation professionnelle dans le premier gouvernement Gbagbo et les eaux et forêts dans le gouvernement éphémère de 2010 à avril 2011. Exilé au Ghana, il se passionne pour l’écriture. Entre poésie et essais, Lazare Koffi enrichit sa bibliographie avec des livres sur la crise ivoirienne : « Côte d’Ivoire, ma passion » et « Expressions de combat » sortis en 2014 chez l’Harmattan et « S’il y eut un soir, il y aura un matin » sorti en 2017. Rentré de son exil ghanéen peu avant l’arrivée de Laurent Gbagbo, Lazare Koffi se mûre dans un mutisme après tant d’années de galère loin de sa terre natale. Ses convictions politiques ne s’effritent pas cependant. Il fera le choix de la camarade Simone avec qui il a toujours partagé des points de vue et la vision politique. Il reproche à Gbagbo sa nouvelle posture et décide de ne pas le suivre. Il est l’un de ceux qui encouragent Simone Gbagbo à diriger un nouveau parti politique.

Pr. N’Guessan Thomas, un homme effacé en quête d’un nouveau leadership à Sikensi

Lui aussi un historique du Fpi mais longtemps effacé, l’enseignant de sciences physiques à l’université Félix Houphouët-Boigny a été ministre de l’enseignement supérieur dans le gouvernement Aké N’Gbo. De retour d’exil au Ghana, il est lui aussi resté discret. Toutefois, il est resté proche de Simone. Autrefois cadre de référence du Fpi à Sikensi, il doit désormais reconstruire son leadership qui lui a été ravi par d’autres forces politiques comme le Ppa-Ci.

Secré Richard, pour conquérir le Zanzan

Ancien député Fpi dans le département de Bondoukou, Secré Richard qui a également occupé un portefeuille ministériel dans le dernier gouvernement de Gbagbo, n’est pas un inconnu. Toutefois, son leadership dans le Zanzan a pris du plomb dans l’aile avec les années d’exil. Il s’est même essayé aux législatives de 2021 sous les couleurs de Eds dans le Zanzan. Il y mordut la poussière en récoltant un minable score jamais imaginé, face au candidat du Rhdp.

Antoinette Mého, rendue célèbre par la prison

Cette dame a été, à un moment, présentée comme une martyre du régime Ouattara quand elle fut brutalement arrêtée à son domicile de Yopougon, en août 2016 et incarcérée à la Maca. Libérée un an après, elle monte en popularité. Elle aura par la suite des divergences de vue avec la patronne des femmes du Fpi, Marie Odette Lorougnon qui avait pourtant bataillé pour sa libération en 2017. Mme Mého, selon ses proches s’était toujours dévouée pour Simone Gbagbo. Ce n’est pas par hasard qu’on la retrouvera aux côtés de celle-ci dans sa nouvelle aventure politique.

Ben Monhessea Dekpeya, le syndicaliste, militant politique et communicant maison

Le cœur balançant entre le Ppa-Ci et le Mgc dès le départ, le choix ne fut pas facile pour cet enseignant de lettres qui a fourbi ses armes de combattant au Synesci, le syndicat des enseignants. Il dut se résoudre à choisir l’ex première dame, abandonnant ainsi le député Eds Innocent Youté pour qui il avait battu campagne en 2021 dans le Guémon. Auprès de Simone, il est désormais en charge de la communication. Un poste laissé vacant par le journaliste César Etou parti avec Gbagbo.

Innocent Akoï Kacou, l’homme qui rendait souvent visite à Gbagbo

L’ancien président du conseil général de Grand Bassam (2001-2011), professeur de sciences naturelles et planteur était vice-président du Fpi Gor. Grand organisateur, il fut la cheville ouvrière de la fête de la liberté de Gagnoa et de bien d’autres manifestations. Cadre Fpi de Grand Bassam et Bonoua, il était abonné aux visites à Laurent Gbagbo à La Haye. Gbagbo libéré, on eut cru le voir auprès de son mentor. Que non. Leur relation est gâchée par l’antipathie de Gbagbo à l’égard de Simone d’avec qui il est en instance de divorce. Une décision que n’a pas prise le député Eds de Bonoua Elidjé Ekra enrôlé lui, au Ppa-Ci.

Serge Kpélé, le jeune loup, indécrottable simoniste comme l’oncle Lazare

Fer de lance de la mobilisation pour le Mgc, parti politique en gestation, le jeune Serge Kpélé est le neveu de Lazare Koffi Koffi avec qui il était en exil à Accra. Ancien membre de la Jfpi en tant que secrétaire fédéral d’Aboisso, il fut un temps où son nom était mêlé à la succession de Dahi Nestor. C’est un indécrottable de Simone Gbagbo qui croit en son étoile. Il est passé par la case prison en 2018 après une marche le 22 mars.

SD à Abidjan
sdebailly@yahoo.fr

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Publié par La Rédaction

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