Lettre ouverte au PR de la République de Côte-d’Ivoire – Propositions pour une paix durable et définitive

Excellence Mr. le Président de la République

D’abord et avant toute chose permettez moi de me présenter à vous. Je suis un simple citoyen ivoirien soucieux comme tout le monde du bien être des habitants de la Côte d’Ivoire. Après cette brève présentation, veuillez accepter que je m’adresse à vous avec mes quelques suggestions pour un développement durable dans un pays de démocratie et de prospérité où tous les citoyens se sentent en sécurité et vaquent à leurs occupations sans contrainte. J’ai suivi avec attention votre brillant parcours politique depuis la primature jusqu’à la présidence de la République aujourd’hui. C’est un parcours remarquable et exceptionnel.

Après le Président Houphouët qui a commencé le processus de développement du pays, vous êtes en train de lui emboîter le pas avec des réalisations jamais égalées en un temps record. Je ne voudrais pas que toutes ces réalisations, tout ce parcours sombrent le jour où vous ne serez plus le locataire du palais du Plateau. C’est pourquoi, Excellence Mr. le Président de la République, je voudrais par ma modeste voix vous soumettre mes modestes suggestions face à la situation du pays.

En effet, à l’approche de l’année électorale de 2025, les murmures de tout genre se font entendre par ci par là. (un tel ne sera pas candidat, il y aura la tricherie, il y aura palabres, etc, etc). Excellence Mr. le Président de la République, en tant que premier citoyen du pays et garant de la constitution, je voudrais que vous mettiez tout le monde à l’aise à savoir les opposants politiques, la société civile, la population dans son ensemble. Il est vrai que le pays va bien, le pays est bien gouverné sous votre brillant leadership. Mais j’estime que vous pouvez encore faire mieux que cela pour le bonheur de tous les habitants de la Côte d’Ivoire en procédant:

1- Libération des prisonniers

Procédez à la libération de tous les prisonniers civils et militaires des crises politiques. J’estime qu’ils ont assez purgé leur sentence. D’ailleurs pour la plupart ils sont malades, vieux, durement affectés par la prison, totalement démunis et sans moyens financiers.

2- Elections de 2025

Je voudrais Excellence Mr. le Président de la République, que vous créez une situation exceptionnelle pour ces élections à venir afin que tout citoyen intéressé au poste de la Présidence de la République puisse compétir. La justice, oui la justice et la commission électorale diront qui peut être candidat ou non selon les lois électorales. Cependant, j’estime que les contentieux des élections passées sont encore présents dans les mentalités des ivoiriens. On parle de paix et de réconciliation certes mais allons aux élections et vous verrez les mêmes démons resurgiront. Tout le monde veut être Président en Afrique. C’est pourquoi, je vous fais une troisième proposition qui est de mettre en place un comité de constitution en place. Celle de 2016 n’a toujours pas apaisé les cœurs et elle accorde toujours des extra pouvoirs à l’exécutif, source de nombreuses divisions.

3-Constitution

Il faut aux pays africains donc à la Côte d’Ivoire une constitution impersonnelle qui ne vise à priori personne. Une constitution équilibrée, où les pouvoirs de l’Etat sont exercés sans qu’aucune institution ne domine l’autre. L’exécutif a ses prérogatives, le parlement a ses rôles, le Sénat joue son rôle, la Justice, etc. Certes théoriquement cela est écrit mais dans la pratique, vous conviendrez avec moi que les principaux rôles sont détenus par le pouvoir exécutif dans nos pays africains.

Je parle de notre système politique que nous devons améliorer pour les futures générations et non pas les hommes et les femmes qui l’animent car nous sommes tous de passage. Ce que nous laissons aux générations à venir m’importe davantage. Vous travaillez Excellence Mr. le Président selon le système que vous avez trouvé sur place. Ce n’est pas de votre faute si ce système est bon ou pas. Mais je suis certain que vous pouvez apporter des ajustements, des retouches à ce système et c’est cela l’objet de ma requête. Houphouet n’étant plus de ce monde, vous êtes notre père à nous tous. Donc restez au-dessus de tous et prenez des mesures dans l’intérêt supérieur de la nation.

Voyez vous Excellence Mr. Le Président de la République, à cause des pouvoirs étendus de l’exécutif, la lutte pour ce pouvoir est à l’origine des conflits en Afrique. Tous les politiciens courent après ce pouvoir pour eux-mêmes ou pour leurs parents ou amis. Oui il nous faut une constitution équilibrée qui réduit considérablement les pouvoirs de l’exécutif. Les occidentaux le font et nous les Africains nous devons être en mesure de le faire autant. C’est vrai que nous ne sommes pas occidentaux mais nous africains aimons bien les copier donc copions leur bon côté également.

Donc, Excellence Mr. Le Président de la République, il nous faut une constitution dans laquelle les salaires et autres avantages des présidents des institutions y compris le Chef de l’Etat sont mentionnés, une constitution ou le nombre de départements ministériels est déterminé d’avance sauf en cas de situation d’exception. Une constitution où le budget de souveraineté n’existe plus mais en lieu et place le salaire du chef d’état et les quelques avantages rattachés à cette fonction. Une constitution où le Président ne doit nommer des personnalités qu’à condition que celles-ci passent devant le Sénat pour interrogation et vérification de compétence et qualifications. Une constitution où la fonction présidentielle est banalisée afin de la rendre désintéressée au profit des investissements privés. Cette constitution doit être appliquée à la lettre dès le 1er Novembre 2025 au lendemain des élections et elle ne doit être remise en cause par qui que ce soit une fois adoptée et décrétée.

4- Décentralisation

Excellence Mr. Le Président de la République, il faut une véritable décentralisation de notre administration à commencer par le transfert effectif de la capitale à Yamoussoukro maintenant. Les conséquences immédiates sont nombreuses dont entre autres:

la décongestion de la ville d’Abidjan aux multiples embouteillages de tout genre dans un urbanisme incontrôlable.

le développement par ricochet des villes comme Toumodi, Bouaké, Didiévi, Sinfra, Gagnoa, Béoumi, Mankono, Séguela, Dimbokro, etc. Pour signer un document administratif d’un fonctionnaire exerçant au Nord, il lui suffirait de s’arrêter à Yamoussoukro et non plus descendre jusqu’à Abidjan. De plus, le pays serait réparti en quelques grandes régions et chacune de ses régions aurait des budgets de développement en conséquence. Ce serait une grande compétition entre les régions pour un développement harmonieux du pays.

Le flux migratoire sur Abidjan serait freiné. Toute personne venant à Abidjan pour chercher un emploi ou un bien être social pourrait s’arrêter à Yamoussoukro ou dans les villes précitées et non plus à Abidjan. Si l’administration politique se trouve à Yamoussoukro, il va s’en dire que la sécurité y serait aussitôt (le 43ème BIMA, les bataillons de l’armée ivoirienne, les forces spéciales), le pouvoir étant corollaire de la sécurité.

Toute personne qui viendrait désormais sur la scène politique ivoirienne ne dira plus, éliminons un tel ou un tel de la course à la présidence, la présidence doit revenir à un tel, pour avoir ceci ou cela il faut être de ce parti politique ou de l’autre, si tu es vieux tu dois être éliminé de la course, si tu es court, si tus es grand de taille, tu es pauvre, si tu es de telle région ou telle religion, etc, etc. Que les Africains quittent dans ce genre de qualitatifs. Ce ne sont pas des arguments rationnels, objectifs, pertinents. Seuls les programmes de développement des candidats et leurs idées doivent compter. Les électeurs apprécieront conséquemment au vu des arguments, des qualifications, et des compétences des candidats qui doivent être tous des citoyens ivoiriens, qu’ils soient nés au pays ou pas.

Tout doit être planifié dans la constitution de telle sorte que le pays soit au rythme d’un système bien organisé, non pas sur les relations personnelles mais les qualifications, les compétences dans le respect des droits et devoirs des uns et des autres. Seuls compteront les programmes de développement, les projets d’actions et non les relations personnelles, sources de corruption et de paresse.

Enfin, Excellence Mr. Le Président de la République, l’histoire retiendra qu’un certain Félix Houphouët Boigny avait amorcé le développement de la Côte d’Ivoire. Puis vint un certain Alassane Ouattara qui a continué l’œuvre entreprise par Houphouët en rendant cette œuvre bien meilleure. Tous les africains viendront s’inspirer de votre modèle pour votre propre gloire avant qu’il ne soit à la gloire de tous les habitants du pays. Toute l’Afrique vous décernera la palme d’or d’excellence de leader de démocratie, du progrès, et du développement sur le continent.

Dans l’espoir que ce plaidoyer rencontrera votre approbation, veuillez accepter Excellence Mr. Le Président de la République, l’assurance de ma considération distinguée.

Un citoyen ivoirien vivant aux USA.

Dr. Charles Koudou, Administrateur de la Santé
Consultant Indépendant en Santé et Développement

Fondateur de la Société Civile Conscience Nationale pour le Développement
koudoucharles@gmail.com facebook@charleskoudou

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