Ouest: La cérémonie d’hommage à Ouattara à Man tourne au fiasco total

Le vendredi 23 décembre 2022 a eu lieu à Man une cérémonie dite
d’hommage des populations au chef de l’Etat, Alassane Ouattara pour ce
qu’il a fait pour la région du Tonkpi.

Officiellement, cette cérémonie devrait être faite en présence du
Premier ministre Patrick Achi qui, au-delà de l’inauguration de
l’Hôpital général de Danané et du CHR de Man, devrait être témoin de la
reconnaissance des populations au président Ouattara. Mais les fruits
n’ont pas été à la hauteur des promesses des fleurs. Et pour cause,
l’organisation qui a fauté par un zèle politicien et surtout par
l’aiguisement des palabres de leadership et de positionnement au RHDP a
créé le désintérêt des populations.

En effet, ce qui devrait être une affaire de toutes les populations
s’est avéré une affaire du seul RHDP qui voulait en profiter pour faire
sa précampagne ; et ce qui devrait être une affaire de tous les
militants s’est avéré une affaire d’une poignée d’hommes et de femmes
qui voulaient montrer que seuls eux doivent compter. De fait, deux camps
se sont sournoisement affrontés, laissant de côté ce qui devrait
traduire la volonté des populations. Le camp du ministre de l’Intérieur
Diomandé Vagondo qui pilotait l’organisation sans véritablement associer
aux décisions les autres.

Ainsi après deux ou trois réunions à Abidjan et surtout deux ou trois
reports du voyage du Premier ministre, plus rien n’aura été fait dans le
sens de l’unité d’action sur le terrain. Le camp qui s’est attribué
toute l’organisation pratique réduira graduellement les autres à de
simples suiveurs. Le camp du président du Conseil régional, le ministre
Albert Toikeusse Mabri, sans le dire ouvertement, avait du mal à digérer
ce qu’ils appellent la mise à l’écart de leur leader et de leurs cadres
compétents qui réussissent toujours ce genre d’organisations régionales.
Du coup, la guerre de leadership, dont on percevait les prémisses depuis
le retour de Mabri et l’UDPCI au RHDP, s’est accentuée et s’est invitée
donc dans l’organisation de l’accueil du Premier ministre Patrick Achi
et de la cérémonie d’hommage au président Ouattara.

LA GUERRE DES CLANS FAIT RAGE

D’abord à Danané, il y a eu palabres pour la libation. En effet, quand
le Premier ministre a mis pied à Danané pour l’inauguration de l’Hôpital
général, il fallait une libation des propriétaires terriens avant toute
entame. Mais qui devait faire cette libation ? Le jeune chef Didigbeu du
village de Lapleu, village qui a donné ses terres pour la construction
de l’hôpital général de Danané, et qui avait fait la libation, en 2019,
lors du lancement des travaux en présence du PM feu Amadou Gon
Coulibaly, s’est vu cette fois-ci refuser par les organisateurs au
profit du chef de canton Winleu, Tioh Min qui n’est pas du village.

Et comme il fallait s’y attendre, donc ceux du village de Lapleu,
n’ayant pas apprécié parce qu’il s’agit de leur terre, se sont levés
pour imposer leur chef avec toute sa notabilité pour la libation (la
1ère). Puis viendra celle du chef du canton. Aux cérémonies de Danané
comme de Man, les élus (députés et maires), tous proches de Mabri sont
installés loin de la loge officielle occupée non seulement par le
Premier ministre et ses collaborateurs, mais aussi par des partisans de
l’autre camp.

QUI VOULAIT HUMILIER LE PREMIER MINISTRE ?

Le jour de la cérémonie d’hommage au chef de l’Etat, la mobilisation a
marqué le pas, pour ne pas dire n’a pas été. Au stade Léon Robert de
Man, les tribunes étaient quasiment vides et la pelouse qu’on a demandé
aux commerçants accourus pour leurs affaires d’occuper était clairsemée
au point que les organisateurs ont dû attendre des heures pour débuter
la cérémonie. Surtout que le Premier ministre qui devait passer la nuit
à Man pour y assister, le lendemain, est reparti après les
inaugurations. Il a demandé au ministre Kobenan Kouassi Adjoumani de le
représenter. A-t-il vu venir l’humiliation que les palabres de
positionnement lui réservaient ? Chacun a son opinion.

Même le lieu où le Premier ministre devait passer la nuit à Man (chez
Mabri ou chez Vagondo) était sujet à palabres. Est-ce pour tout cela que
le chef du Gouvernement n’est pas resté ? Chacun a ses opinions.
Toujours est-il qu’à Danané comme à Man, il y eu également palabres
autour de la remise des dons. Qui devrait parler au nom des populations
et faire leurs dons ? Les élus, une fois de plus, ont été tenus loin et
le choix des porte-parole des populations a été boudé.

Dans les discours aussi, il y a eu des flèches à peine voilées. Si le
ministre de l’Intérieur Vagondo chevauche son statut de ministre au
Gouvernement, patron de l’Administration du territoire, se donne le
droit de tout piloter, le président du Conseil régional, chevauche quant
à lui son statut de 2ème vice-président du RHDP. Mieux, comme il le dira
à l’entame de son discours au stade : « Vagondo, il y a des fois aussi
je dois dire, c’est mon aîné. Sinon, c’est mon neveu. Et le neveu est
toujours plus petit que son oncle… »

S’adressant à Adama Bictogo, représentant du RHDP, Mabri dira : «
Monsieur le président de l’Assemblée nationale, je suis inconfortable,
parce qu’on vous donne dos. Alors que nous, notre message à vous. Votre
message s’adresse aux populations, mais notre message s’adresse à nos
parents, mais notre message s’adresse à vous. Et je suis mal à l’aise de
vous donner dos au moment où je dois vous parler… » Non sans dire par la
suite « Nul n’est si fort pour mobiliser, tout seul, le Tonkpi… » Une
grosse pierre dans le jardin des organisateurs qui ont fait preuve
amateurisme dans leur envie de faire cavalier seul. Malgré tout ce qui
aura été fait, dit, la journée d’hommage à Ouattara à Man aura été un
fiasco organisé.

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