Droit de réponse de « Douglas Mountain » suite au désaccord avec la rédaction sur le taux de non-nationaux en Côte-d’Ivoire

Bonjour messieurs.

Le site connectionivoirienne.net publie certains de mes articles depuis un peu plus de deux années, ce dont je m’en félicite. Il serait donc contre productif pour moi d’entretenir une quelconque brouille avec vous.

Seulement je vous ai fait parvenir un texte. Vous avez marqué votre désaccord avec certains chiffres, et m’avez demandé de les retirer avant publication, ce que j’ai fait, et vous ai transmis une nouvelle version de l’article. Vous n’avez pas publié le texte remanié ( ce qui est tout à fait compréhensible ), mais à la place vous avez publié une sorte de réponse à ce texte, dans laquelle j’ai cru percevoir à mon encontre des accusations de xénophobie, ou de partisan de la doctrine d’ivoirité, alors qu’il n’ y en avait nul trace dans mon analyse.

Je ne dis pas que le gouvernement diminue le taux d’étrangers. Je dis simplement que les non-nationaux ont le réflexe de se méfier, de se dérober à toute opération de recensement, ce qui fatalement conduit à une sous-estimation de leur présence sur le territoire. Je suis d’accord avec vous, mes données ne sont pas des données officielles. Mais ce ne sont pas des données imaginaires, c ‘est une compilation des chiffres publiées par les consulats des pays qui ont les plus grosses communautés sur place. Et cela peut se vérifier.

En ce qui concerne les partenaires bilatéraux ( Bad, UE, FMI, Banque Mondiale etc……) , vous pourrez vous renseigner, ils n’utilisent pas toujours nos chiffres. En 2018 par exemple, après ses propres études sur le terrain, la BAD publiait un rapport où elle mentionnait que le taux de chômage et de sous-emploi en Côte d’Ivoire  » était passé de 70% en 2012, à 90% en 2018 « , alors que pour les autorités, qui avaient elles aussi effectué des études sur le terrain, ce taux était passé de  » 23 à 26%  » sur la même période. Une polémique s’en était suivie. C’est un exemple parmi d’autres. Les données produites par les Etats africains ne sont pas toujours prises en compte par les partenaires extérieurs.

Pour terminer, je réaffirme n’avoir aucune raison objective de me brouiller avec votre site.
Je me félicite de ce que certains de mes articles y soient publiés.
J’espère continuer à bénéficier de ce privilège.

Bien de choses à vous.

Douglas Mountain.

……

Bonjour Messieurs

je viens de parcourir l’article sur votre site, intitulé Ouattara demande aux ivoiriens d’être « hospitaliers  »

Avec tout le respect que je porte à votre site, j’estime avoir un droit de réponse sur cette publication, qui de toute évidence est une réponse à l’article que je vous ai fait parvenir.

Concernant les données issus du recensement, cela me rappelle la polémique née autour du taux du chômage en Côte d’ivoire, établi à 5% il y a quelques années. Tout le monde avait crié au scandale. Effectivement en comptabilisant selon les paramètres de l’OIT, on parvenait à ce chiffre. Seulement, il était surréaliste au regard de la situation que vivaient les populations. Le gouvernement avait dû le corriger en tenant compte de la notion de « sous-emploi » , pour finalement aboutir à un taux de 25%.

Il est à craindre qu’en ce qui concerne la population des non nationaux , on soit dans la même configuration. Les chiffres que vous avancez sont certes officiels, mais ne collent pas vraiment à la réalité. Lorsqu’on parcourt le net sur la question, il est clairement dit que la population étrangère en Côte d’Ivoire est « sous-évaluée ».

Lorsque vous approchez les jeunes qui ont participé au recensement, et leur demandez comment les choses se sont passées avec les non-nationaux, tous vous diront qu’ils n’ont pas pu effectuer correctement leur travail. En clair, les non nationaux refusent systématiquement de se faire recenser. Ainsi l’INS ( l’institut national de la statistique ) a recours à des techniques d’extrapolation pour parvenir aux données qui sont communiquées. En revanche, les données issues des consulats sont beaucoup plus actualisées. C’est difficile de l’admettre, mais les choses sont ainsi.

D’autre part, en Côte d’Ivoire, la moindre allusion sur la présence étrangère est taxée « d’ivoirité », ou de xénophobie. Les crises des années 2 000 sont agitées comme des épouvantails. Ainsi le débat est refoulé, « vérouillé « , ce qui conduit à une crispation. Aujourd’hui la population ainsi que les médias s’autocensurent sur la question, cela est contre productif à long terme. Bien sûr la paix doit absolument être protégée en tenant compte de ce qui s’est passé, ce qui veut dire qu’il ne faut laisser personne instrumentaliser cette question. Mais en faire une question « interdite » n’est pas forcément le meilleur moyen d’y parvenir.

Bien de choses à vous.

Douglas mountain.

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